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La peinture alpestre / par William Reymond
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mais depuis que l’art, en cessant d’être un besoin général, a laisséà chacun son individualité et sa fantaisie, un grand nombre d’artis-tes ont cru pouvoir abandonner la tradition et l’école, pour deman-der à la nature ce qu’ils croient être leur inspiration originale. H sn’ont pas songé qu’ils se mettaient ainsi dans la nécessité de recon-struire à grands frais un sentier parallèle aux routes déjà ouvertes,au risque de passer un an à découvrir ce qu’ils auraient pu appren-dre en un jour.

Sans doute, l’imagination doit rester libre et innover si possible,mais toujours en renouant le présent au passé et l’inspiration dujour avec la science de la veille. Seul, l’artiste qui saura se placerdans ces conditions, prendra place au premier rang. Les fantaisis-tes, au contraire, risqueront fort de voir leur intelligence dégénéreren instinct et de faire reconnaître pour des banalités leurs compo-sitions les plus osées.

Il serait injuste cependant d’accuser les artistes seuls de la dé-cadence de l’art. Quelques-uns, ceux qui sont restés fidèles à 1®science, doivent souffrir amèrement de l’inutilité de leurs efforts-Un des élèves de Lugardon , M. Hébert, semble s’être assimilé 1®plupart des qualités de son maître. Mais malheureusement, en vou-lant traiter des sujets analogues, il oublie que le moment est passépour lui et pour le public, et que ses compositions se glacent dumême froid qui rend la foule indifférente aux grandes émotions dol’histoire. M. Menn semble avoir compris cette triste vérité. Après \avoir donné de fort belles toiles, entre autres les sirènes , délicieusecomposition pleine de voluptueuse fantaisie, et fort appréciée à l’expo-sition de Paris de 1842, il paraît avoir renoncé à l’histoire pour seréfugier dans le paysage, où nous le retrouverons. Dessinateur habile,élève d’Ingres et de Lugardon , M. Menn eût à coup sûr fourni unebelle carrière dans la grande peinture de style. Mais il a su se ré-signer et attendre.

Les élèves de M. Hornung, MM. D’Albert-Durade, Favas,