Buch 
La peinture alpestre / par William Reymond
Entstehung
Seite
47
JPEG-Download
 

47

Straub, Mmes Guillebaud et Richard ont en général mieux réussidans le portrait que dans la peinture historique. Le portrait? c’estPeut-être la seule grande peinture possible à notre époque. Nen ous resterait-il que le portrait pour toute peinture d’histoire, c’estencore beaucoup. Il y a encore là une haute recherche psycholo-gique, une âme à fixer sur la toile, à amener de gré ou de force enPlein soleil. Les innombrables portraits que nous léguerons à nosdescendants leur apprendront que, du moins, au milieu de toutesnos illusions perdues, la vanité nous était restée.

Les jeunes paysagistes, élèves de Diday et de Calame, ont pen-dant quelque temps suivi les traditions de leurs maîtres et abordéaprès eux la grande peinture alpestre. Mais, soit qu’ils aient fini parcomprendre, comme les peintres d’histoire, que la mode se lassaitde leurs productions, soit que le courage et la persévérance leuraient manqué, peu à peu ils ont quitté les cimes neigeuses, les gla-ciers étincelants, les sapins brisés et les torrents écumants pourredescendre de zone en zone jusque dans la plaine.

Depuis longtemps M. Menn scandalisait les fanatiques de l’écolepar des compositions d’un réalisme inusité et d’une simplicité d’exé-cution qui n’avait pas de précédent à Genève . On ne lui épargna niles conseils, ni les plus amères critiques. Mais il avait pour luiQuelques journaux de Paris qui soutenaient alors toute une tendancenaissante, et son sentiment intime qui lui traçait une voie originaleet sincère dont il ne se départait pas. Le fantaisisme de M. Mennavait cela de bon, c’est qu’il était soutenu par une instruction solide,Par un goût exquis, et surtout par un dessin élégant et correct, quecet artiste avait conservé de ses éludes antérieures. Insensiblement11 parvint à habituer le public à ce qu’on avait pris jusque-là pourdes négligences ou pour des exagérations. Ses fouillis à la manièrede Diaz, ses eaux mates et profondes, ses lointains adorablementfuyants et vaporeux lui firent des admirateurs jusque dans les rangsde l’école. Les jeunes gens finirent par comprendre cette nouvelle