DE L’AMBIGU-COMIQUE. I 33
théâtreFavart, du même peintre. Une immensedraperie bleue en partie soulevée par des cor-dons et des glands d’or, laisse apercevoir unemagnifique galerie gothique. L’effet de lumièreest admirable, mais on regrette le faux emploid’un pareil tableau; un rideau doit être un ri-deau, et on ne peut, sans que cela révolte lebon sens, voir se rouler un édifice, d’ailleurs lepli du rideau marque bientôt, et coupe d’unemanière désagréable toute cette architecture.
Le théâtre a trente-sept pieds de profondeursur cinquante-quatre de large; malgré ce j>eud’étendue, on y exécute des scènes à grandspectacle. Beaucoup de machines, des décora-tions riches et fraîches, de nombreux figurantset de bons danseurs permettent d’y donner dela pompe au mélodrame. La salle peut contenir,à cause de ses grands amphithéâtres, quinze àseize cents personnes.
Comme il n’y a pas de retranchement dansle parterre, derrière l’orchestre, comme dansles autres théâtres, les femmes sont admises auparterre; c’est cet usage qui autrefois distin-guait les petits des grands théâtres.
Dans les bâtiments attenants sont les atelierset les logements nécessaires au service duthéâtre.