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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INTRODUCTION.

la consommation de chaleur dans la machineà vapeur, en proportion du travail produit,aussi bien que la production de la chaleurdans tous les cas demploi de travail méca-nique, et cela en proportion de ce qui disparaîtcomme travail ; ce qui démontre incontesta-blement une certaine similitude de nature,une homogénéité entre des causes qui pro-duisent des effets semblables et permet de con-clure la généralité de la loi déquivalence,dont la probabilité résulte si complètementde lensemble des faits mécaniques et lorsquela loi de Carnot démontre la constance néces-saire du rapport des deux éléments.

En effet, établir que la conversion de tra-vail en chaleur et réciproquement est soumiseà la loi constante déquivalence, est surtoutaffaire de logique. Cest ainsi quon ne peutpas démontrer expérimentalement l'impossi-bilité du mouvement perpétuel, et quil fautque lesprit tire de létude dun nombre limitéde mouvements la certitude quil ne pourrajamais être réalisé, que toutes les résistancesne pourront jamais être annulées. La dé-monstration de S. Carnot que lon arrive di-rectement au mouvement perpétuel, si onadmet que le travail engendré par une quan-tité de chaleur déterminée nest pas unequantité constante, peut varier avec le corpsauquel elle serait communiquée, est du seulgenre possible; car comme on ne peut faire surtous les corps de la nature lexpérience quiprouverait la vérité de cette proposition, etque laction de la chaleur nest pas toujoursaisément mesurable, il faut se contenter dunedémonstration par labsurde que lexpérienceconfirme et quaucun fait suffisamment étudiéne vient infirmer. A quoi il faut ajouter lesvérifications défont genre qui doivent résulterde lexactitude des conséquences tirées de lanouvelle théorie.

La proposition de Carnot, établie en raison-nant sur un gaz parfait, quune quantité dé-terminée de chaleur produit au maximumune quantité également déterminée de travailméranique utilisable, conduisait à admettre,en présence de tous les cas ce travail uti-lisable était inférieur à ce maximum, quilrépondait à la totalité des actions tant exté-rieures quintérieures, cest-à-dire non-seule-ment à celles qui surmontent les résistancesextérieures, mais encore à celles employéesà modifier létat des molécules. Cette dernièrepartie est dans les solides une partie impor-tante de travail produit ; elle est même latotalité à la température le corps se fond, toute cohésion entre les molécules quiconstituent le corps solide disparaît. On saitqualors il faut consommer pour le fondre unequantité considérable de chaleur qui est dite

chaleur latente; cas anciennement connu ettrès-remarquable de la conversion dune quan-tité considérable de chaleur en travail.

Dans ce qui précède, nous avons eu surtouten vue la production du travail par la chaleur,la proposition inverse, ou la constance du rap-port du travail à la chaleur produite, lerenversement de la proposition ci-dessus nepeut être davantage contesté; cest au fond lamême proposition.

Ce nest que dans ces dernières années quela valeur du rapport entre la chaleur et le tra-vail produit, de ce quon nomme léquivalentmécanique de la chaleur, a été déterminée parle calcul et par lexpérimentation. Do la dis-cussion complète à laquelle je me suis livré,comprenant les résultats obtenus par diversexpérimentateurs en cherchant à apprécier lescauses derreur, et surtout dune expérience,parfaitement probante faite par lobservationde la chaleur dégagée lors de lécrasementd'un métal malléable, seul cas dans lequelil ne se produit sûrement que de la cha-leur (sans mouvements intérieurs ou dévelop-pement délectricité comme dans beaucoupdexpériences tentées dans le même but), jaidéduit comme valeur très-approchée 140 kilogr.mètres. En d'autres termes, la quantité de cha-leur qui peut élever dun degré la températuredun kilogramme deau peut engendrer un tra-vail mécanique mesuré par un poids de 140 ki-logrammes tombant d'un mètre.

On peut dire de même que ^ est léquiva-lent calorifique du travail, cest-à-dire quunkilogranunètre peut produire une quantité dechaleur égale à de calorie.

La métamorphose de la chaleur en travail etréciproquement exige pour seffectuer des con-ditions déterminées. Elles peuvent en principese résumer en disant quil faut que le travail soitemployéàmettreenjeu les forces qui sexercentsur les molécules dun corps, pour produirede la chaleur. Dune autre part, pour quunequantité de chaleur se transforme en travail,il faut qu'elle produise une dilatation, cest-à-dire que la chaleur soit dirigée dun corps pluschaud sur un corps moins chaud; d cetterègle capitale pour la théorie de la machineà vapeur, formulée par S. Carnot, que lutilisa-tion pratique de la totalité de la chaleur exigequil ne se fasse, dans les corps employés pourcommuniquer le travail, aucun changementde température qui ne corresponde à un chan-gement utilisé de volume. 11 faut encore quecette dilatation rencontre une résistance, desobstacles mobiles, afin quil y ait travail pro-duit; autrement il ny a pas de métamor-phose. Cest ce qui explique pourquoi une masse