Il K I.A PERMANENCE DES PUISSANCES NATURELLES.
vu
d’air se refroidit quand elle s’étend en surmon-tant une pression, tandis que sa température neehange pas, quand l’extension a lieu sans ob-stacle, si la masse d’air se répand dans un vasefermé.
Les importants principes que nous venonsd’établir ont eu une réaclion naturelle sur lamanière de concevoir la nature de la chaleur,l ue ancienne expérience de Davv, qui étaitparvenu à fondre deux morceaux de glace en lesfrottant l'un sur l’autre, avait bien ébranlé laconfiance en un fluide spécial qu’on appelaitle calorique, et avait tourné les esprits vers lavibration des molécules des corps pour expli-quer les effets de la chaleur.
Bien qu’on tende à exagérer peut-être au-jourd’hui celte conception, et que l’on veuillepar trop assimiler les effets de la chaleur à uneaction purement mécanique, que les propriétésdu calorique rayonnant tout à fait semblablesà celles de la lumière qu’il fait souvent appa-raître , ne puissent s’expliquer que par lesvibrations de l’éther, doivent faire toujoursconsidérer la chaleur comme appartenant à unordre en partie spécial de phénomènes ; iln’en est pas moins certain que la majeurepartie des effets de la chaleur : engendrant desmouvements moléculaires des molécules desliquides en les dilatant, accroissant la répul-sion mutuelle des molécules gazeuses (ou plu-tôt le mouvement permanent des moléculesgazeuses, suivant l’ingénieuse conception deM. Krônig, qui fait disparaître l’idée de répul-sion , qui est peu satisfaisante, et permet decomprendre comment une dilatation de gazqui ne produit pas de travail n’est pas accom-pagnée de refroidissement), s’explique d’unemanière satisfaisante en admettant des mouve-ments moléculaires.
On en revient ainsi il la définition de Newtonqui pensait que la chaleur consiste en un petitmouvement vibratoire des molécules des corps,susceptible d’être communiqué par les ondu-lations de l’éther.
La différence entre la chaleur et le travailmécanique serait donc surtout celle qui existeentre le mouvement de molécules et le mou-vement d’une masse; et la métamorphose del’un dans l’aulre une communication, d’aprèsles lois de la mécanique, pendant laquelle lemouvement passe de la masse dans les molé-cules, ou inversement.
Nous voyons s’accomplir sous nos yeux desmétamorphoses analogues du mouvement. Lessons du violon et du piano sont le résultat dumouvement vibratoire particulier des cordesproduit en agissant sur la masse de la corde aumoyen d’un archet ou d’un marteau. Par unchangement inverse, quand, après un coup decanon, les oscillations de l’air cassent nos vi-
tres, c’est que le mouvement a passé des molé-cules de la poudre à la masse de l'air.
Le travail mécanique (dont on trouve lasource _ ' '_ ' 3 dans la pesanteur, dans l’at-
traction terrestre qui produit les chutes d’eaupar exemple) et la chaleur ne sont pas, on lesait, les seules puissances qui jouent un grandrôle dans la nature. La lumière, l’électricité,le magnétisme, les forces chimiques, les cohé-sions moléculaires, 11e leur cèdent pas en im-portance. Chacun de ces agents produit deseffets particuliers qui le caractérisent, et quiont précisément amené le physicien à recon-naître l’existence de tant de forces diverses;mais à côté de ces effets caractéristiques, il s’enmanifeste d’autres, qui appartiennent à desagents différents, comme de la chaleur et dela lumière dans les actions chimiques et dansles phénomènes électriques et magnétiques, etréciproquement des phénomènes électriquesavec de la chaleur et la lumière, ou des combi-naisons et des décompositions chimiques avec de.la lumière et de l’électricité. Dans l’état actueldes sciences naturelles, nous ne pouvons plusconsidérer de. tels effets comme hétérogènesou secondaires; nous devons, au contraire, lesconsidérer comme le résultat d’une corrélationqui existe entre ces forces, d’une métamor-phose possible, d’après une loi d’équivalence.Nous allons même voir qu’elles se ramènent ài’équivalence du travail mécanique et de lachaleur, autour de laquelle roule toute la ques-tion de permanence des autres forces natu-relles.
La lumière et la chaleur rayonnante sont demême nature : toutes deux se propagent parles vibrations de l’éther. Les vibrations liuni-m^iscs, même celles qui sont trop faibles pourimpressionner notre organe visuel, propagentaussi de la chaleur, et les vibrations calorifi-ques deviennent lumineuses quand elles ontune intensité suffisante. La lumière n’est doncqu’une seconde perception, à l’aide du sensde la vue, du phénomène calorifique, quand ilse produit d’une certaine manière , et il n’y apas à établir une loi nouvelle d’équivalence.
L’électricité peut produire à volonté du tra-vail mécanique, ou de, la chaleur, ou des dé-compositions chimiques. Elle-même est pro-duite par une action chimique, par l’oxydationdu zinc le plus souvent.
Le progrès des sciences a conduit récemmentà établir d'une manière très-satisfaisante l'équi-valence de la chaleur et de, l’électricité, et parsuite du travail mécanique qui 11e, peut évi-demment différer de celui qui correspond à lachaleur équivalente à l’électricité. L’expérienco