138 DECORATION CERAMIQUE. DECORATION CERAMIQUE.
comparés avec les couleurs dont les Chinois se serventpour décorer leurs porcelaines ; on trouve que ces com-posés sont semblables. 11 n’y a de différence entre euxque sous le rapport de la fusibilité, qui est un peu plusgrande pour les émaux chinois.
Ferte au feu. . . . . .
Fondants pour
0,30 0,10 0,10
Silice.
48,10
53,60
44,82
Oxyde de plomb. . . .
, 38,25
31,16
41,59
Oxyde de cuivre. . . .
0,32
traces.
traces.
Oxyde de fer.
0,25
0,40
0,31
Oxvde de manganèse. .
0,00
0,60
0,15
Alumine.
0,14
0,54
0,26
0,46
('baux.
0,00
0,82
Magnésie.
. traces.
traces.
0,05
Alcalis..
. 12,04
42,31
11,70
100,00
100,00
100,00
Nous avons complété ccs recherches en faisant l’es-sai des assortiments que nous avons examinés, M. Ebcl-men et moi, sur des porcelaines de Chine et sur desporcelaines d’Europe. Sur porcelaine de Chine , les cou-leurs se sont développées à une température inférieureà la température du feu de retouche des peintures defleurs à la manufacture de Sèvres ; elles n’ont pasécaillé. Mais, sur la porcelaine de Sèvres , bien qu’ellesfussent développées, elles se sont toutes détachées parécailles. On savait depuis longtemps, par suite d’expé-riences directes, que les émaux ne pouvaient servir quedifficilement à la décoration des porcelaines d’Europe ,précisément à cause du grave défaut que je viens designaler. Quelle que soit la cause qui détermine sur lesporcelaines européennes le défaut d’adhérence desémaux, nous pensons qu’elle réside dans la différencede nature de la couverte des deux porcelaines.
Nous avons vu plus haut que la pâte plus fusible desporcelaines de Chine devait être recouverte d’une gla-çure plus fusible que celle dont on se sert en Europe ,et c’est l’introduction de la chaux dans la couverte qui,diminuant l’infusibilité de cette glaçure, modifiantpeut-être sa dilatabilité, en rapproche les propriétésphysiques des propriétés des émaux. Si l’aspect desporcelaines des Chinois est différent de celui de nosproductions, si l’harmonie des décorations de ces peu-ples paraît plus complète, c’est, suivant nous, le ré-sultat forcé de leurs méthodes. Toutes les couleurs dontils se servent sont peu colorées ; elles n’ont de valeurque sous une certaine épaisseur qui donne à leurs pein-tures un relief impossible à obtenir par d’autres moyens;l'harmonie de leurs peintures est la conséquence de lanature et de la composition de leurs émaux.
COULEURS.
Nous avons donné le nom de couleurs aux matièresvîtrifiables, employées dans la décoration céramiquelorsqu’elles sont composées de telle sorte qu’elles por-tent en mélange la quantité de matière fondante ca-pable de faire adhérer la peinture à la glaçure (vernis,émail ou couverte), et capable en même temps de luicommuniquer apres la cuisson un glacé semblable aumoins à celui de la peinture à l’huile passée sous le ver-nis. Ce que nous avons dit déjà des oxydes, des engobeset des émaux s’applique parfaitement aux qualités queposséderont les couleurs pour être de bonne qualité.Nous n’aurons donc ici qu’à rappeler brièvement laplupart de ces qualités.
Toutes les couleurs doivent réunir plusieurs condi-tions indispensables à leur usage :
1° Fondre toujours à des températures déterminées**t ne pas s’altérer à oes températures; l’emploi do
toute couleur volatile ou d’origine organique est doncexclu d’une manière absolue ;
2° Adhérer fortement au corps sur lequel on les ap-plique; il faut en connaître la nature chimique pourapprécier son influence sur la couleur;
3° Conserver en général un aspect vitreux après lacuisson; je dis en général, car on a fait à diverses épo-ques des peintures mates, mais c’est l’exception ;
4° Être inattaquables par l’eau, par l’air humide ousec et par les gaz répandus dans l’atmosphère ;
5° Enfin, être en rapport de dilatabilité avec les sur-faces qu’elles recouvrent.
Les couleurs doivent en outre, pour être d’un bonusage, posséder plusieurs qualités spéciales, comme unefusibilité toujours plus grande que celle de l’excipientsur lequel on les applique. Quelquefois la différenceentre la fusibilité de la glaçure et celle de la couleurest considérable, comme pour la porcelaine dure ; dansd’autres cas, cette différence est presque nulle; c’est cequi arrive pour les couleurs de porcelaine tendre et defaïence. C’est un avantage réel, car la couleur pénètrela glaçure et s’identifie pour ainsi dire avec elle sanscourir aucun risque de sc détacher en écailles.
La dureté des couleurs varie avec leur composition.On doit toujours leur donner le degré de dureté néces-saire pour qu’elles résistent suffisamment au frottementdes corps durs avec lesquels elles peuvent être en con-tact. Quant à leur résistance à l’action chimique descorps, elles ne doivent éprouver aucune altération de lapart des substances auxquelles elles sont exposées dansles conditions ordinaires, telles que les acides végé-taux, les graisses chaudes et le gaz sulfhydrique quedégagent les œufs en cuisant ou qui peut être répandudans l’atmosphère.
La dilatabilité des couleurs comparée à celle du corpsqui les reçoit paraît être l’une des conditions les plusimportantes auxquelles les couleurs soient assujetties.
Un peut grouper les couleurs sous différents points devue. Celui qui fera remarquer entre elles les différencesles plus réelles nous semble le meilleur. Or ce sont lestempératures auxquelles elles sc développent bien sanss’altérer, c’est-à-dire les températures qu’elles doiventou peuvent éprouver pour être cuites, qui nous parais-sent offrir ce point de vue capital. Nous les diviseronsdonc en couleurs de moufle ordinaire ou couleurs ten-dres, en couleurs de demi-grand feu ou couleurs dures,enfin en couleurs de grand feu. Les deux premiersgroupes s’appliquent sur les glaçures; le troisièmegroupe cuit avec la glaçure et doit donc être soumis aumême degré de chaleur que celle-ci sans être altéré.
La plupart des décorations au grand feu sont desémaux ; il n’y a que très-peu de couleurs proprementdites. Les couleurs des deux premiers groupes diffe-rent peu dans leur composition ; celles du troisièmegroupe en exigent une plus spéciale.
Avant d’entrer dans la description des couleurs doccs trois groupes et de leur application aux diversespoteries, il faut faire connaître la préparation des élé-ments qui entrent dans leur composition : ce sont lesoxydes métalliques et les fondants. Le succès qu’onpeut obtenir constamment dans la préparation des cou-leurs dépend de la pureté des oxydes et de l’identité desfondants.
Il faut arriver au point d’être sfir qu’en prenant dansles bocaux les oxydes et les fondants préparés dans descirconstances convenables, on prend un corps qui esttoujours le même, non-seulement dans sa compositionchimique, mais dans son état moléculaire, ce dernieravant une grande influence sur la nuance de la matièrecolorante après la cuisson.
Une étude attentive et raisonnée des matières em-ployées à la décoration des poteries, considérées sousle double point de vue des oxydes et des fondants, est