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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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238 ÉPONGES MÉTALLIQUES.

un plan bien fixe, en tournant autour d’un axe et aux-quels on donne facilement la pression voulue en fai-sant glisser le poids régulateur sur le levier qui leporte, qui devrait être recourbé pour la roue supé-rieure, droit comme un fléau de balance pour la roueintermédiaire placée à la partie inférieure. Or il im-porte beaucoup, dans cette nouvelle disposition, d’em-ployer les pressions les moindres qu’il est possible; au-trement les engrenages à coin perdraient leur avantagede fonctionner, eu quelque sorte, comme des cônes defriction, de limiter les efforts à transmettre, et le glis-sement n’aurait plus lieu lorsqu’il se produirait acci-dentellement des actions trop considérables.

EPONGES MÉTALLIQUES. Les éponges métalli-que^ imitation de l’éponge de platine qui joue un grandrôle dans l’élaboration de ce métal, ont été créées in-dustriellement par M. Chenot. On ne peut dire qu’ilsoit arrivé à un succès complet, car l’adoption de sesprocédés eût complètement révolutionné l’industrie mé-tallurgique, mais il est parvenu à des résultats extrê-mement importants.

Étudions le cas le plus complexe auquel s’appliquecette méthode, celui de la fabrication de l’acier fondu.Le traitement comprend quatre opérations princi-pales : la réduction du minerai à l’état d'éponge, la cé-mentation de l’éponge, sa compression et sa fusion.

‘1° La réduction s’opère sur le minerai grillé et con-venablement concassé, dans un fourneau prismatiquede 13 mètres de hauteur muni de chauffes extérieuresplacées à. 7 mètres du gueulard ; sur cette hauteur de7 mètres, le minerai soumis à une chaleur graduelle-ment croissante subit une réduction exactement dansles mêmes conditions que dans la cuve d’un haut four-neau. Arrivé devant les chauffes, il est à peine au rougecerise; le fer est entièrement réduit, mais la chaleurest insuffisante pour le fondre, ou même pour le fritter.Il forme une masse poreuse ou éponge métallique assezsemblable à. l’éponge de platine.

En continuant de descendre, l’éponge se refroiditlentement, et au défournement, elle doit être à peuprès à la température ordinaire, sans quoi elle se réoxy-derait immédiatement, à cause de sa nature éminem-ment pyrophorique. Le défournement se fait à certainsintervalles, au moyen de dispositions ingénieusesayant pour but d’empêcher l’établissement d’un cou-rant d’air à travers le fourneau.

2° L’éponge obtenue passe à la cémentation. A ceteffet, on la plonge dans un bain de résine, de goudron,ou d’une matière grasse quelconque, en opérant àchaud, si cela est nécessaire, pour obtenir un bainfluide, qui imbibe bien complètement l’éponge. On cal-cine à la chaleur seulement suffisante pour chasserl’excès de matière carburante introduite ; on recueilleaccessoirement les produits liquides enlevés par cettecalcination, et on a une masse, dans laquelle il s’estfixé et répandu très-uniformément une certaine quan-tité de carbone. On fait une seconde cémentation, s’il ya lieu, pour arriver à la dose convenable, ce qui offrequelque difficulté pour obtenir des produits réguliers.

3° L’éponge est alors broyée, puis comprimée très-fortement dans des moules sous diverses formes. Cettecompression est indispensable pour no pas avoir àepérer sur une matière trop encombrante et trop oxy-dable.

•i° Enfin la matière comprimée, concassée par petitsfragments, est mise dans des creusets et traitée commeà l’ordinaire. La seule différence est qu’à la coulée ona une certaine quantité de scories provenant des ma-tières terreuses associées au fer dans le minerai, et queles opérations antérieures n’ont pas chassées. Ce laitiertrès-fluide surnage sur le bain, on le coagule en le re-froidissant par l’addition d’un peu de sable graveleuxet d’argile, et on l’enlève aisément avec la cuiller.

ÉQUIVALENTS CHIMIQUES.

Si l’on compare le procédé nouveau à la méthode or-dinaire, on y reconnaît les différences caractéristiquessuivantes, qui constituent, selon nous, autant d’avan-tages.

Le fer réduit dans l’étage supérieur du fourneau n’estpoint amené à l’état de fonte, comme il l’est en des-cendant du ventre au creuset d’un haut fourneau, trans-formation qui entraîne une grande dépense de com-bustible, des frais de machine soufflante, et surtoutcharge le fer de matières nuisibles. Ces matières doi-vent ensuite être séparées dans l’affinage, lequel con-somme encore beaucoup de combustible, et, procédantpar oxydation, entraîne nécessairement un déchet con-sidérable sur le fer lui-même. Enfin le fer en barresdoit d’abord subir la cémentation, puis la fusion, opéra-tions longues et dispendieuses et qui ne peuvent se fairedans les mêmes conditions d’homogénéité que lors-qu’on opère sur l’éponge.

Revenant à cette éponge , à la sortie du fourneau deréduction nous ferons remarquer qu’elle peut être as-similée à la loupe que l’on forme dans l’affinage ordi-naire, ou, plus exactement, à celle que l’on forme dansles foyers à la catalane : c’est du fer avec la ganguedu minerai interposée; qu’après l’avoir comprimée sansla cémenter, on la chauffe et on la martelle, on auradu fer métallique; qu’après l’avoir cémentée et compri-mée, on la chauffe et on la martelle, on aura de l’acierordinaire, qui correspondra à l’acicr poule, mais avecplus d’homogénéité. Ce sera pour ainsi dire de l’acierpoule plusieurs fois raffiné.

Tels sont les traits principaux des procédés métal-lurgiques de M. Chenot. Ils se pratiquent, sinon surune très-grande échelle jusqu’à présent, du moinsd’une manière courante et manufacturière.

Les produits obtenus sont très-bons.

Nous devons encore citer les dispositions ingénieusesà l’aide desquelles M. Chenot parvient : 1° à recueillirpar son/rieur électro-magnétique toutes les parties d’é-ponge métallique qui se mêlent au menu charbon à lasortie des charges par le bas du fourneau ;

2° A opérer la compression de ses éponges, et aubesoin de toute espèce de copeaux métalliques pré-parés pour le traitement ou pour des alliages;

3° A réaliser un avantage considérable dans beau-coup de cas, notamment pour la fusion de l'acier, endonnant à la cendre des cokes employés uu degré defusibilité tel, que les grilles soient toujours propres etdégagées de ces mâchefers visqueux qui, trop souvent,les encrassent, les corrodent et obstruent le tirage.

ÉQUIVALENTS CHIMIQUES. Équivalents des corpssimples. — M. Dumas a repris, avec des soins toutparticuliers, la détermination des équivalents chimi-ques des corps simples, en partie pour vérifier l’hypo-thèse de Proust, qu’ils devaient être des multiplesexacts de l’hydrogène.

Parmi les corps qu’il a étudiés, vingt-deux ont deséquivalents qui sont des multiples de l’hydrogène parun nombre entier :

Oxygène . .

. . 8

Iode.

. 127

Soufre . . .

. . 16

Carbone. . . .

6

Sélénium. .

. . 40

Silicium. . . .

. 14

Tellure. . .

. . 64

Molybdène .

. 48

Azote. . . .

. . 14

Tungstène .

. 92

Phosphore .

. . 31

Lithium. . . .

. 7

Arsenic . .

. . 75

Sodium. . .

. 23

Antimoine. .

. . 122

Calcium. . .

20

Bismuth . .

. . 214

Fer.

. 28

Fluor . . . .

. . 19

Cadmium. .

. 56

Brome . . .

. . 80

Étain. . . .

. 59

sept ont îles équivalents qui sont des multiples de lamoitié de l'équivalent de l'hydrogène :