HUILE DE SCHISTE
HUILE DE SCHISTE.
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lampiste, sont aussi dans l’éclairage ordinaire des in- :convénients qui ont bien leur prix. ;
Sans doute la lumière d’une bonne lampe méca-nique, d’une lampe Carcel, est extrêmement intense etfort agréable, mais cette lumière est d’un prix élevé,et combien la lumière de l’huile de schiste est plus viveet plus pure î
Des expériences directes qui nous sont propres nouspermettent d’établir l’économie qui résulte de l’emploide l’huile de schiste h égalité de lumière produite.
D’après les expériences de M. Téclet, sur la con-sommation des différentes lampes qu’il a examinées aunombre de douze, une seule, la lampe Thilorier n° 4,a donné un résultat plus favorable sous le rapport de laconsommation que la lampe Carcel, et pour cette rai-son, il nous a paru convenable de prendre la lampeCarcel pour point de comparaison; c’est, du reste, lalumière fournie par cette lampe qui sert de base danstous les contrats d’éclairage. Nous avons toutefoiscomparé la lumière produite par le bec à huile deschiste de 11 millimètres de diamètre à celle d’unelampe Carcel alimentée avec de l’huile de colza dont lebec était un peu plus grand, -13 millimètres.
La lampe Carcel, dans ces circonstances, éclairaitdavantage dans la proportion de 100 à 105; les con-sommations respectives ont été par heure de 33 et 20grammes,' en telle sorte que, pour la même quantitéde lumière, les consommations respectives seraient4 57 grammes d’huile de colza pour 4 00 grammes d’huilede schiste.
Ce chiffre ayant été le plus favorable à la lampeCarcel parmi les différents chiffres que nous avonsobtenus, nous pouvons, en toute conscience, nous enservir pour calculer l’économie relative du nouveaumode d’éclairage.
Un kilogramme d’huile de colza dans la vente endétail ne vaut guère moins de 1 fr. 50 e., pour peuque l’on prétende qu’elle est pure; le kilogrammed’huile de schiste vaut encore 2 fr. 20 c., et il seraitpossible de la vendre à un prix beaucoup moindre. Lesprix respectifs de -100 grammes d’huile de schiste etde 157 grammes d’huile de colza sont donc 22 et24 c., ce qui établit un avantage d’un douzième en la-veur de lTiuilc de schiste : cet avantage serait bienautrement grand avec des appareils moins parfaits quela lampe Carcel, et il ne peut manquer de s’accroîtrepar la diminution du prix du nouveau liquide.
Mais il est un fait très-remarquable dont l'apprécia-tion précédente ne saurait tenir compte. Tout le mondesait que les nuances vertes et bleues ne peuvent sedistinguer l’une de l'autre lorsqu’on les examine le soirsous l’action d’une lumière artificielle : le bleu paraîtvert; il serait de même impossible de distinguer lerose du jaune, mémo avec la lumière si brillante dugaz. Ces impossibilités disparaissent complètementavec la plus petite lampe à huile de schiste ; la lumièreest si blanche et si pure, que les couleurs de tous lesobjets extérieurs n’en sont nullement affectées, le bleuse distingue du vert, et le rose du jaune, absolumentcomme en plein jour, à la clarté du soleil.
Une comparaison semblable a été faite par nousentre un bec de gaz de houille alimenté par les con-duits de la compagnie Manby Wilson et C‘ e , et deuxlampes à huile de schiste différentes.
Le bec de gaz était un bec rond, à double courantd’air, percé de vingt trous du diamètre d’un tiers demillimètre, disposés sur une circonférence de 9 milli-mètres de rayon ; la consommation du gaz, estimée di-rectement sur un compteur, après un temps considé-rable, était de 125 litres par heure.
La première des deux lampes, d’un diamètre de15 millimètres, consommant 40 grammes à l’heure,éclairait plus que le gaz dans la proportion de 100 à 88 ;
la deuxième, d’un diamètre de 1! millimètres seule-ment, consommant 24 grammes à l’heure, éclairaitmoins que le gaz dans la proportion de 100 à 138, d’oùil résulte que, pour produire une lumière égale à cellede notre bec de gaz brûlant 125 litres par heure, lapremière lampe consommerait 35 grammes, la deuxième33 grammes, soit en moyenne 34 grammes, en obser-vant toutefois que l'avantage de l’huile de schiste estplus considérable avec les petits becs qu’avec les gros ;ce qui peut encore s’exprimer en disant qu’une con-sommation d'un mètre cube (le gaz équivaut à uneconsommation de 272 grammes d’huile de schiste.
Le bec de .gaz ordinaire brillant 120 litres par heurecoûte en moyenne à l’éclairage privé 0 centimes parheure et par bec, soit 50 centimes par mètre cube {leprix actuel à Taris est de 49 centimes par mètre cubepour l'éclairage au compteur *). Le mètre cube équi-vaut à 272 grammes d’huile do schiste, ce qui porteraitla valeur du kilogramme d’huile de schiste à 1 fr. 80 c.environ, pour produire la même quantité de lumièreau même prix que le gaz ordinaire; ce serait à peuprès le prix auquel la vente en gros pourrait s’effec-tuer à Paris , et l’huile de schiste ne nécessiterait pasces dispositions nombreuses que le gaz exige.
On le voit donc, l’huile de schiste est appelée àjouer dans l’éclairage un rôle important. Les lieuxvoisins de la production la préfèrent à tout autre li-quide, et l'éclairage public de la ville de Beaunes’effectue de cette façon; nous passerons cependantsous silence, dans celte notice, la comparaison quenous avions également établie au point de vue del’éclairage public, et nous nous bornerons à indiquerque tout ce qui arrive à Paris se vend avec une facilitéqui serait bien plus grande encore si l’irrégularité dela production n’avait dégoûté un grand nombre deconsommateurs. Mais les entrepreneurs d’éclairage,<pii s’occupent plus particulièiemcnt de ce système,n’ont pour ainsi dire en vue que l’éclairage des salons ;ils suivent là une route fâcheuse. Tant que l’odeurn’aura pas été évitée, et nous croyons difficilement àce progrès, l’huile de schiste ne sera employée qu’ex-ccptionnellement dans les salons. Sa place est dans cesmodestes ateliers où l’éclairage est pour l’ouvrier unelourde charge, et où cependant la routine maintientl’usage de la chandelle, le plus cher et le plus insup-portable des éclairages. Sa place est au grand air, dansles magasins où le gaz ne peut arriver facilement etoù quelquefois il serait dangereux par les dégâts qu’ilpeut causer, dans les gares de chemins de fer, etc.;c’est dans tous ces cas que la connsommation doit êtreimmense.
C’est bien déjà quelque chose que d’avoir utilisé unematière minérale, improductive jusqu’ici, et d’en avoirtiré un produit nouveau qui remplace une productioncorrespondante en colza, et par conséquent ramène àla culture des céréales une partie du sol consacré à laculture de cette plante oléagineuse.
A l’intéressante étude sur l’extraction de l’huile deschiste qui précédé et que nous empruntons à une pu-blication industricllequ’a fait paraître trop peu de tempsM. Trcsca, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers , nous ajouterons quelques mots :
Le procédé de distillation à feu uni a le défaut,comme il a été expliqué, de fournir plus d’huiles lour-des que n’en donnerait un chauffage qui ne pourraitdépasser la limite de température qui est celle de lavaporisation des produits les plus convenables, à la-
1 La réduction du prix du gaz à Paris , à 30 centimes lemètre cube, rend la consommation de l’huile de schiste désa-vantageuse, aux prix indiqués, dans le cas où celle du gazpeut lui être substituée et si le prix de l’huile de schiste ne pontêtre abaissé.