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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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IMPRIMERIE.

IMPRIMERIE.

Inutile «le parler des diverses difficultés prévues parl’inventeur et auxquelles il a parfaitement remédié.C’est ainsi que, par un mouvement alternatif pro-duit par un excentrique, il secoue les colonnes dedistribution pour éviter que de la crasse ne viennegêner la descente do la distribution.

Les types particuliers nécessités par l’emploi de lamachine Sdrenscn exigeant moins de métal pour leurfabrication que les caractères ordinaires d’imprimerie,leur prix de revient ne dépasse pas de beaucoup celuide ces derniers, l'inventeur ayant combiné un moulequi lui permet de fondre ses caractères sur les machinesà fondre allemandes (voir fonderie). L'accroissement«le dépense de cette fabrication, relativement à la fa-brication ordinaire, ne portant que sur le moule, seraitpeu sensible pour une grande fabrication.

La machine Sdrenscn coûte 0,000 francs, et on peut,avec son aide, composer et distribuer 5,000 lettres parheure avec facilité, ce qui équivaut au travail ordi-naire d’environ trois ou quatre ouvriers compositeurs.L’inventeur nous a dit qu'il peut composer jusqu'à'15,000 lettres par heure, mais qu’il ne pourrait tou-tefois le faire que pondant une courte durée de temps.

Si nous continuons les calculs déjà faits dans unprécédent article, évaluant à 20 ou '25 francs la compo-sition produite par jour pour une machine, à G et5 francs les salaires du compositeur à la machine et dujustificateur, à 10 pour cent par an, soit 2 francs parjour, l’intérêt du prix de la machine, et. 2 francs pourréparations et surveillance du contre-maître, nous,arrivons à une dépense de 15 francs.

Il semble donc que le succès devrait être immédiatet certain ; cependant il se fait bien attendre, et ne serajamais, nous le craignons, que partiel. Cela ne secomprendra que des personnes qui connaissent l’étatéconomique de l’imprimerie. La quantité de travauxconsistant en simples réimpressions a beaucoup diminué par l'invention du elichnge, qui éternise en quel-que sorte les compositions; les tableaux et ouvrages deville, dans lesquels entrent une foule de caractèresdifférents et qui ne sauraient être composés utilementà l’aide de machines, forment la majeure partie dutravail de l’atelier de composition du plus grandnombre de maisons. De plus, dans beaucoup de cas,l’économie du prix de composition n’est pas seule àconsidérer; ainsi les compositions sur manuscrits,dans le prix de revient desquelles entrent pour unetorte part les remaniements et corrections diverses,sont faites, pour la convenance des auteurs et àcause de la difficulté du travail, bien plus souventdans les ateliers de grandes villes, où le prix de lacomposition est élevé, que dans des ateliers de petitesvilles, où la composition est faite par des femmes, avecun rabais de 20 ou 25 pour cent. La machine, tra-vaillant à bon marché (dans les cas où la difficile lec-ture du manuscrit n’en rendra pas la production insi-gnifiante et pour les rares travaux où le compositeurproduit tout ce qu’il peut produire), rencontrerait ladouble concurrence de la convenance qui attache laclientèle à certains ateliers organisés eu vue de tra-vaux spéciaux, et du bon marché produit par diminu-tion de salaire. Nous croyons donc, comme nousl’avons déjà dit, que le succès de ees machines, quine seront jamais que des outils venant aider le travailmanuel, dont le seul effet est d’accélérer la prise de lalettre indiquée par la lecture, ne pourra jamais rappe-ler celui des presses mécaniques, où le travail ma-nuel est remplacé entièrement par l'action de la Vapeur,seule cause qui leur permet de produire, avec unegrande rapidité et une économie de 200 à 300 pourcent, les impressions.

Le cas où l'adoption de ces machines semblerait lemieux indiquée est celui de la composition des jour- I

naux, qui exigent chaque jour une quantité de compo-sition importante. Cela ne nous paraît pas douteux, et,à Copenhague , un journal se compose déjà à l’aide deeette machine. La seule objection possible, et qui s'ap-plique surtout aux journaux qui , avec l’immensequantité de matières qu’ils renfeiment, tireraient lemeilleur parti des machines dont nous parlons, c'estqu’elle peut difficilement employer de petits caractères;la nécessité d’une grandeur notable de l’entaille àqueued'aronde, combinée avec celle de ne pas dépasser l’é-paisseur convenable, en arrière de cette entaille, pourque le caractère conserve de la résistance, paraît limi-ter au corps huit le plus petit type qui puisse êtreemployé sans accidents et ruptures fréquentes. Le corpssept serait certainement la dernière limite possible, avecune excellente fabrication de caractères très-résistants-

Il est à observer, conséquence qui parait avoiréchappé à l’inventeur, que la possibilité d’assemblerles caractères sur des baguettes Ébnrnit la solution duproblème de les maintenir sur la surface d’un cvlin-I dre (en encastrant les extrémités des baguettes dansdes rainures cylindriques), et par suite de résoudresimplement, et cm employant des caractères mobiles,le problème inutilement cherché jusqu’ici de l'impres-sion continue fournissant le maximum de rapidité pos-sible, résolu seulement, pour les étroites colonnes desjournaux, parle système dont nous allons parler.

Nous ferons remarquer, en terminant, que les in-venteurs de semblables machines auraient à étudierun système qui, essayé sans succès pour simplifier lacomposition à la main, pourrait leur offrir quelquesressources, do veux parler des logotypes ou lettresdoubles. En fondant, ce qui est aujourd'hui facile etpeu coûteux, à l'aide de la galvanopla>tie et des ma-chines à fondre, des syllabes, comme ce, de, me,ne, etc., on peut presque doubler la vitesse du travail,en levant deux lettres au lieu d’une, dans le mêmeespace de temps. Si la multiplicité des casseaux com-plique le travail du compositeur, de manière à fairedisparaître tout avantage de ce système dans la com-position à la main, on comprend qu’il n'en est pas demême quand il s’agit do toucher des claviers supplé-mentaires convenablement disposés.

IMPRIMERIE (tirage mécanique). La solution del'impression continue que le système Sorensen faitentrevoir, ou au moins des résultats sensiblementéquivalents à ceux qu’elle fournirait ont été obtenuspour un cas important par M. Iloe, habile constructeurde New-York . Le succès de son système, pour de grandsjournaux de New-York et de Londres , le service excel-lent et non interrompu d’une semblable presse pour l'im •pression quotidienne, depuis sept années, à Paris, * dujournal la Patrie, ne laissent plus aucun doute sur sonbon emploi pour l’impression des journaux à colonnesétroites.

La composition est placée dans des fractions de cy-lindres à rebords formant châssis à vis, dans lesquelsse fixe fortement la composition formée de colonnesétroites séparées par des filets aigus du bas, en lame decouteau. Les rouleaux encreurs rencontrent alternative-ment les tables à encre et la composition, de telle sorteque, dans le mouvement continu et sans chocs, l’en-crage et l’impression se succèdent d’une manière con-tinue (fig. 3609). Avec les machines à G cylindres et6 margeurs, la vitesse atteint 8,000 exemplaires àl’heure ; avec 4 cylindres, on est limité par la difficultéde marger assez vite, surtout en retiration, pour dé-passer habituellement 4 ou 5,000 exemplaires. Il estclair que la retiration n'est pas produite avec ces pres-ses, et qu’elles ne donnent qu'un registre approché ac-ceptable seulement pour des journaux.

On remarque aussi, dans ces machines, l'ingénieuseinvention de grilles mues par des cames, servant à