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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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LIQUEFACTION' DKS GAZ.

375

Km.

Gaz défiant. 5«X,88

Acide carbonique. 57,33

Protoxyde d’azote.55,83

Acide chlorhydrique. 53,33

Gaz sulfliydrique. 41,00

Hydrogène arseniqué. 42,73

Ammoniaque. 37,15

Acide sulfureux.33,78

Nous donnons plus loin les chiffres déterminés expé-V p

rimcntalement des valeurs — 1 ou — correspondant aux

' l »

points de liquéfaction des divers gaz qui ont servi àobtenir les nombres ci-dessus.

Compression et refroidissement par procédé chimique —On doit à M. Faraday un procédé de liquéfaction dugaz, différent de celui entièrement mécanique décritplus haut.

11 consiste à renfermer dans un tube de verre épais,fermé à la lampe, des substances qui, par leurs réac-tions chimiques dégagent abondamment le gaz surlequel on veut expérimenter. C’est le gaz qui se com-prime lui-même à mesure qu’il se dégage, et l’onpeut aisément produire ainsi des pressions de 40 à 50atmosphères (sauf les cas où la réaction chimiques’arrête sous une pression moindre ; ainsi on sait quele dégagement de l’hydrogène préparé par le zinc etl’acide sulfurique s’arrête sous une pression de 25 à30 atmosphères). De plus, on peut refroidir l’extrémitédu tube en la plongeant dans un mélange réfrigérant.

M. Faraday a obtenu ainsi, dans une première séried’expériences déjà anciennes,les chiffres suivants, quine peuvent être considérés que comme de premièresapproximations.

Tableau de liquéfaction du gaz.

Gaz liquéfies.

TVmiLcr.ilu rc

Tensionsdes liquides

un

degrés eentigr.

un

atmosphères.

Acide sulfureux. . . .

. • • + 7

2

(’vnnogène.

. . . + 7

3,6

4

Chlore..

. . . + 15,5

Ammoniaque.

. . 0

5

Idem.

. . . +10

6,5

Hydrogène sulfuré . .

. . . — 16

14

Idem.

. . . +10

17

Acide muriatique. . .

. . . — Ifi

20

Idem.

25

Idem.

. . . +10

40

Acide carbonique. . . ,

. . . — 11

20

Idem. ..

36

Oxyde nitreux.

0

41

Idem.

. . . + 7

ol

Le procédé Faraday frappa vivement un ingénieuxinventeur, M. Thilorier, qui avait, sans grands résul-tats pratiques, presque épuisé les combinaisons possi-bles des pompes de compression. Disposer l’appareil demanière à pouvoir agir sur des quantités de gaz unpeu considérables et accumuler le liquide obtenu pardes opérations successives, tel est le but qu’il s’étaitproposé d’atteindre. Les résultats obtenus ont dépassétoutes ses espérances, et, appliqué à l’acide carbonique,son appareil fournit si facilement de grandes quantitésd’acide liquide et même solide, qu’on peut aujourd’huiconsidérer ce puissaut agent comme acquis pour denouveaux progrès de la science et de l’industrie.

«remprunterai la description de son appareil et de lamanière de conduire l’expérience à l’excellent Traitéde chimie de M. Régnault.

L’appareil se compose de deux parties :

1° Le générateur t dans lequel on produit l’acide car-bonique liquide ;

LIQUÉFACTION DES GAZ.

2° Le récipient, dans lequel on fait passer J’acidocarbonique par voie de distillation, de manière à leséparer des autres produits de la réaction, et dansleq’tiel on accumule ainsi les produits de plusieurs opé •rations successives.

L’acide carbonique liquide s’obtient en décomposantle bicarbonate de soude par l’acide sulfurique dans legénérateur, qui est un vase hermétiquement fermé.Les premières parties d’acide carbonique dégagées pren-nent l’état gazeux, mais bientôt la pression devientassez considérable pour que l’acide carbonique se li-quéfie.

Le générateur de Thilorier consistait en un cylindrede fonte de fer très-épais. Mais la fonte est un métaldangereux à employer pour les pièces qui ont besoind’une grande résistance : un accident terrible, produitpar l’explosion d’un de ces cylindres, en a fait pro-scrire l’emploi.

Le générateur, tel qu’on le construit actuellement,est une chaudière cylindrique en plomb (fig. 3040), rc-

LBtv^rrrrrrT-rTpçrTEBi^g

SSBilSa

3640.

couverte de cuivre rouge et renforcée par des cercleset par des barres de fer forgé. La capacité de cettechaudière est de 6 à 7 litres. Le cylindre de cuivrequi enveloppe le vase en plomb lui est exactement ap-pliqué dans tontes ses parties. Les deux fonds sontrenforcés par des plaques de fer reliées entre elles pardes barres de ce métal.

Le générateur est suspendu entre les deux pointe9d’un support en fonte.

La construction du récipient est semblable à celledu générateur.

L’ouverture du générateur A est fermée par un bou-chon à vis, percé suivant son axe et muni d’un ro-binet r. On manœuvre ce bouchon à l’aide d’un doublemanche. Un anneau de plomb se trouve comprimédans une double gorge qui existe sur le générateur etsur le bouchon, et rend la fermeture hermétique.

Le récipient B porte de même une ouverture surson arête supérieure ; on engage dans cette ouvertureun tube do cuivre qui descend presque jusqu’au fonddu récipient, et qui porte au dehors un robinet r’.

On peut établir la communication entre le récipientet le générateur au moyen d’un tube de cuivre st quise fixe à l’aide de deux brides et d’un joint au miniumsous les tubulures s et x.

Pour faire une préparation d’acide carbonique li-quide, on enlève le bouchon et l’on introduit dans legénérateur 1800 grammes de bicarbonate de soude,