MACHINES A VAPEUH.
MACHINES A VAPEUR.
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même temps que ees deux conditions sont satisfaites,l’espace est oçcupé par le fluide travailleur en long,en large et en travers; il n’v a pas un centimètre deperdu; c’est, en un mot, qu’on nous passe l’expres-sion, c’est une heureuse exploitation de la troisièmedimension.
« La roue-hélice ne donne toute sa puissance quelorsqu'elle plonge entièrement sous l’eau et que lachute conserve une hauteur convenable, car alorstoutes ses aubes travaillent à la fois. Quand elleémerge, ce qui est le cas ordinaire, la partie active seréduit d’autant; mais comme on général la hauteurde chute augmente à mesure que le niveau baisse, ilen résulte dans l’énergie du moteur une sorte de com-pensation qui, sans être rigoureusement exacte, estcependant fort avantageuse dans la pratique. Depuisque M. Menier est en possession du nouveau moteur,le niveau a d*à varié maintes et maintes fois, la ge-lée même a sévi rigoureusement sans que jamais l’u-sine ait suspendu ni ralenti ses travaux.
« Le nouveau principe d’évacuation des fluides parévasement transversal des aubes présente, quand onl’applique aux moteurs hydrauliques, lin grand nom-bre d’avantages qui seront de plus en plus appréciésdans les applications qu’on en fera par la suite. Lesturbines, débarrassées de leurs directrices, deviennentplus simples et plus faciles à construire; elles sontpour ainsi dire à l’abri des désordres occasionnés parl’introduction des corps étrangers, elles débitent beau-coup d’eau, elles sont susceptibles de tourner très-vite,et par suite elles constituent, sous un volume donné,de très-puissants moteurs ; enfin elles sont construitespour marcher noyées, ce qui les fait échapper auxembarras résultant de la crue des eaux.
« Mais quand il s’agit d’utiliserla vitesse d’écoulementd’un gaz, la possibilité de supprimer les directricesouvre aussitôt une bien plus vaste carrière. Tous lesessais qu’on avait faits jusqu’à présent pour réaliserla turbine à air ou à vapeur avaient échoué devantl’impossibilité de faire tourner ces machines assez vitepour récolter une proportion avantageuse de l’effetutile. La machine tournant toujours trop lentement,par rapport à la vitesse d’écoulement d’un fluide très-léger, il arrivait que celui-ci se réfléchissait sur lesaubes presque instantanément, en conservant la plusgrande partie de sa vitesse, et s’échappait, emportantavec lui presque toute sa force vive. 11 en résultaitune perte évidente qui a suggéré; la pensée de faireagir le fluide par cascades. Au sortir d’une premièrecouronne d’aubes, le fluide était repris par une se-conde rangée de directrices qui le faisait agir sur denouvelles aubes; il traversait ainsi successivement dix,vingt, trente systèmes, et il finissait par s’échapperavec une vitesse expirante, après avoir cédé en détailla majeure partie de sa force motrice.
v Théoriquement, cette disposition paraissait très-sa-tisfaisante, mais à l’exécution une pareille machine aprésenté des difficultés qu’on n'a jamais pu surmonter.Les parties fixes et les parties mobiles, alternant lesunes avec les autres, formaient un ensemble compli-qué difficile à construire, et qui laissait échapper lefluide moteur par autant de points qu’il y avait de cas-cades. M. Girard, en supprimant les directrices, rendle tout solidaire, il fait disparaître tous les joints, ilbénéficie du principe des cascades sans en subir les in-convénients. Dans la machine qu’il a imaginée, lefluide moteur, gaz ou vapeur, arrivant par le cen-tre, agit sur une première couronne d’aubes courtes,évasées suivant le nouveau système; de là le fluide serépand dans une rigole circulaire sans aubes ; plusloin se trouve une nouvelle couronne d’aubes, puisune nouvelle rigole, et ainsi de suite autant qu’il enfaut pour épuiser la totalité de la force vive. Tous cesC.
espaces, alternativement pourvus et dépourvus d’au-bes, sont disposés concentriquement les uns aux au-tres, et leurs hauteurs, considérées dans le sens où lefluide progresse, varient périodiquement de manière àcroître dans les zones garnies d’aubes et à décroîtredans celles qui en sont dépourvues. Leur ensemble estcompris entre deux plateaux qui tournent tout d’unepièce avec les couronnes d'aubes sous l'impulsion dufluide moteur. La machine, agissant par cascades,n’est pas obligée, pour fonctionner utilement, doprendre des vitesses impossibles; néanmoins elletourne avec une grande rapidité; mais dès que cettevitesse cesse d’être menaçante, dès qu’elle rentre dansles limites accessibles à la pratique, elle devient pré-cieuse et elle assure au moteur une puissance extraor-dinaire. M. Girard a calculé qu’une turbine à vapeurde cinquante centimètres de diamètre, marchant sousune pression de quatre ou cinq atmosphères à raisonde cent tours par seconde, ne rendra pas moins dedeux cents chevaux de force.
« L’emploi de ce nouveau moteur n’exeîut pas l’ad-jonction du condenseur, complément ordinaire desmachines à vapeur ; mais si le service s’en fait commede coutume, par la pompe à air, on trouve que l’acces-soire l’emporte de beaucoup sur le principal en poidsou en dimension; aussi M. Girard a-t-il songé à opé-rer l’épuisement des eaux de condensation au moyend’un appareil analogue, pour les proportions et pour lamanière d’agir, au moteur lui-même. Appliquant leprincipe des cascades au ventilateur à force centrifuge,il arrive à former un aspirateur qui, mis en mouve-ment par la turbine, épuise le condenseur d’une ma-nière continue. L’agencement des parties forme alorsun système tellement réduit, que la machine de vingtchevaux est représentée en grandeur naturelle sur unefeuille de papier à écolier. L’exécution en revient dedroit au constructeur d’instruments de précision, etl’inventeur prétend l’emporter sous son bras. Il va sansdire que la réduction de prix sera du même ordre quela réduction de volume. »
Malgré les espérances de succès contenues dansl’intéressant article que nous venons de citer, la roue-hélice de M. Girard, qui avait si bien réussi commemoteur hydraulique, n’a pas donné encore de résultatspublics comme appareil à vapeur. II y a sur la ma-nière d’agir de la vapeur dans cet appareil une obser-vation importante à faire. L’accroissement de volumequi se produit en passant d’une série de palettes à lasérie suivante produit une diminution subite de pres-sion de la vapeur, qui n’est.pas utilisée, et par suiteune perte notable si le nombre des turbines n’est pastrès-grand, ce qui n’est pas possible pratiquement,puisque leur dimension allant en croissant, il faudraitdonner aux plus grandes une vitesse bien moindreque celle que l'on peut donner aux plus petites. Or,c’est dans la possibilité de donner une énorme vitessepar un parfait équilibrement des poids, une excellentelubrification du pivot que réside la chance de succès decet appareil toujours un peu délicat pour la pratiqueindustrielle, presque autant que de la bonne circulationde la vapeur.
De ce qui précède, nous concluons que l’on peut ad-mettre avec quelque probabilité que, sans faire con-currence aux puissantes machines à vapeur pour pro-duire de très-grandes quantités de travail, les turbinesà vapeur pourront donner des résultats dynamiquesassez passables pour que leur emploi puisse prochai-nement se faire place dans l’industrie, dans quelquescas exceptionnels où les opérateurs doivent être animésde vitesses extrêmement considérables.
MACHINE A VAPEUR (TIIEOR1E).
Nous avons cherché, dans un premier travail, a m*
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