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PLONGEUR.
POLISSAGE.
Le premier bateau que construisit M. Payerne , etqu’il appelle bateau-plongeur ou bateau sous-marin,avait 9 mètres de long et 4 mètres de large ; il étaitconstruit en fer chaudronné à rivets, ayant supportépar voie d’écartement une pression de plus de 8 at-mosphères; sa forme était ovoïde; la partie supérieureportait le trou d’homme pouvant se fermer herméti-quement avec des vis, et des verres lenticulaires très-épais destinés à donner de la lumière. 11 déplaçait37 mètres cubes d’eau, soit 37,000 kilog., et il pou-vait descendre aune grande profondeur; mais ayantéprouvé quelques avaries, il ne fut pas jugé prudentde dépasser habituellement celle de 8 mètres.
En 1847, il fut employé avec succès à l’extractiond’une roche dure, de 58 mètres cubes, qui se trouvaitdans le port de Brest , en avant de la cale où était alorsen construction le vaisseau de premier rang le Valmy-,il fallut pour ce travail descendre jusqu’à 12 mètresde profondeur.
En 1849, le meme bateau-plongeur fut occupé dansla Seine à l’enlèvement de l’ancien Pont-au-Doublc.Enfin, en 1852, il fuf envoyé à Cherbourg , pour tra-vailler à l’approfondissement du port Chantereinc.
En 1853, ce meme bateau, qui ne pouvait contenirque quatre travailleurs, fut coupé en deux pour êtreagrandi par l’intercalation d’une chambre de travailpouvant renfermer douze hommes. 11 eut alors 15 mè-tres de long, et c’est ainsi qu’il enlève à Cherbourg , oùil fonctionne, avec des* contre-maîtres et des ouvrierspeu dressés à ce genre de travail, 1 mètre cube deroche granitique par jour.
Avant l’immersion, on comprime de l'air dans lescompartiments extrêmes, et les plongeurs s’enfermentdans la chambre du milieu. Cela fait, on foule de l’eaudans les compartiments extrêmes, dont l’air se renddans la chambre intermédiaire supérieure, et, par suitede l’augmentation de poids due à cette eau, l’appareils’immerge progressivement. Arrivé sur le fond, onouvre la porte de la cloison horizontale, l’air comprimérefoule l’eau de la chambre inférieure, et les ouvriersy descendent pour travailler. On maintient l’air del’appareilàl’étntrcspirablc.en le faisant passer, à l’aided’un fort soufflet, dans une dissolution alcaline. Latuyère de ce soufflet est munie d’une pomme d'arro-soir, laquelle, divisant l’air en petits filets, le met encontact intime avec la dissolution. C’est le seul sys-tème avec lequel on puisse rester plusieurs heures,sans communication avec l’air extérieur, et cela sansinconvénient.
M le docteur Payerne voulait aller plus loin ; il pré-tendait construire un nouveau bateau plongeur à hélice,mû par la vapeur.
Pans le foyer, hermétiquement clos, il proposaitde faire brûler le combustible dont il voulait faireusage, en le mCdant avec un corps oxygéné, tel quel’azotate de soude ou de potasse, pour suppléer à lasuppression complète du courant d'air. Un entonnoir,garni d’un robinet à dé, transmet au foyer les boulesdu combustible dosé d’azotate, sans donner issue à laflamme. Les gaz de combustion s’échappent en soule-vant par leur propre tension la soupape, qui se refermeaussitôt par la pesanteur de la colonne atmosphérique.La vapeur d’eau engendrée dans une chaudière tubu-laire ainsi chauffée se trouve donc dans les conditionsusuelles. Ce système soulèverait bien des difficultésdans la pratique, mais qui ne paraissent pas absolumentinsurmontables.
Pour le seul cas des constructions où son bateauait été employé, l’expérience semble avoir amenéM. Payerne à reconnaître les avantages d'une formepyramidale ; il se rapproche ainsi beaucoup du nautilusdont nous avons parlé plus haut, et qui doit une grandepartie de ses avantage? à l’emploi de l’air comprimé,
que les curieuses expériences de M. Payerne avaientdéjà amplement constatés.
POUSSAGE DU MARBRE ET DES GLACES. Ledressage des pierres pour les grandes constructionsmonumentales des Romains, dit M. Poncelet, dans sabelle Etude sur l'histoire des machines modernes , publiéeà l’occasion de l'Exposition universelle de Londres ,s'opérait probablement, comme aujourd'hui chez cer-tains de nos marbriers et fabricants de miroirs, en fai-sant osciller, mouvoir en tous sens, rectilignemcnt etcirculairemcnt, avec interposition d’eau et de sable oude poudre usante quelconque, à diversdegrésdc finesse,une pierre, une dalle de même nature, mais de moindreéchantillon, nommée moellon , à la surface supérieure,horizontale de la pièce principale, mise en place oucalée, scellée au besoin avec du plâtre, sur une table,une plate-forme d’appui solide, dont la surface doitêtre elle-même parfaitement dressée, quand on la des-tine à recevoir une ou plusieurs dalles minces et join-tives, telles que des glaces de miroir, par exemple.
Dans la marbrerie ordinaire, comme on sait, maissurtout quand le sciage mécanique ou à bras a été bienexécuté, on se contente aujourd'hui encore de dresser,doucir ainsi, sans beaucoup de frais, la surface supé-rieure des pierres par le frottage d'un petit moellondont la rotation sur lui -même est indispensable pouréviter le creusement mutuel des surfaces qui, dans lesimple glissement rectiligne, amène le milieu plus fré-quemment en contact que les extrémités. Mais, quandil s’agit d'obtenir des surfaces parfaitement planes, cesmoyens deviennent insuffisants, et c’est ce qui a lieunotamment pour le dressage des pierres lithographi-,ques, où l’on se sert d’un petit moellon à châssis enfonte, percé à jour pour recevoir, à la surface supé-rieure, le mélange d'eau et de poudre de grès versé deloin en loin par l’ouvrier, qui en même temps promèneet fait pirouetter le châssis moellon en agissant sur lamanette excentrique dont il est surmonté verticale-ment. Toutefois, le résultat de ce long et pénible tra-vail serait imparfait encore si l’on ne faisait frotterl'une sur l’autre, dans des conditions pareilles et avecdes poudres usantes extra-fines, etc., deux pierres li-thographiques déjà préparées isolément à l’aide do cetingénieux procédé.
Sauf l'état plus avancé du dégrossissement préalabledes surfaces et les moyens de vérification, de repéragopar la coloration et l’application de règles parfaite-ment vérifiées, c'est aussi, si je ne me trompe, le pro-cédé employé aujourd'hui même pour le finissage, lemoirage ou le polissage de surfaces métalliques obte-nues à l’aide des planeuscs à outil fixe et chariot porte-pièce mobile dans le genre de celles exposées à Lon dres par M. Whitworth, notamment quand il s’agit demarbres, de platines à dresser les formes d’imprimerie,etc., dont cet habile ingénieur a mis de remarquablesspécimens sous les yeux du public. Mais les procédés,facilement applicables aux surfaces épaisses et résis-tantes de la fonte, ne sauraient évidemment convenirau dressage de très-grandes plaques minces et fragiles.
Pour les grandes glaces en particulier, le moellonou traîneau adoucir, autrefois composé d’un châssismobile en charpente, convenablement chargé et munien dessous de sa petite glace, etc., ?-c trouvait lié à unelarge jante circulaire par des rais en bois léger, consti-tuant la table à roue , que deux hommes vigoureuxpromenaient et faisaient tourner sur elle-même le longde la grande table-support ou banc fixe, dont les re-bords, parfaitement dressés dans un même plan, ser-vaient à diriger par glissement les rais et les jantesde la roue. Cette manœuvre, en apparence grossièrequand elle n’est point accompagnée, lors du retourne-ment de la glace, de moyens de vérification et de re-pérage indispensables pour assurer le parallélisme, le