483 PRODUCTION DE LA CHALEUR
PRODUCTION DE LA CHALEUR.
c’est-à-dire qu’oij aura une valeur approchée des équi-valents mécaniques des différents sels en multipliantles nombres ci-dessus par 140, ce qui donnera pour lessulfates de potasse et de soude 225l lt ' n et 2213 km , etpour les acétates des mêmes bases 1956 km et 18i4 kni ,et en prenant comme à l'ordinaire pour unité d’équiva-lent lo d’oxygène 281,4 et 277 pour les premiers, 234et 230 pour les seconds.
Ces chiffres sont bien conformes à ce qu’on sait : quela potasse est une base plus énergique que la soude, etl’acide sulfurique un acide plus énergique que l’acideacétique.
Par des observations analogues sur la formation desels ayant pour base les divers oxydes métalliques,MM. Favre et Silbermann ont déterminé les quantitésde chaleur dégagées dans la formation de sels solubles.J1 n’est plus admissible de considérer ces quantitéscomme fournissant des valeurs bien exactes des équi-valents mécaniques ; les différences entre ces chiffreset les chiffres réels sont toutefois probablement assezfaibles pour qu’on puisse penser que les rapports de cesnombres sont semblables à ceux des équivalents méca-niques. Voici ce tableau que nous complétons par ladernière colonne.
RASE
A LX EQUIVALENT D'OXYGENE
Equiva-lentsde cesRases;il„l S r.)
l'nitês deilialeurdragéesavec
l'équivalento'aeulesiifuriqucO» gr.)
Équivalentsmécaniquesrapportesà l'oxygène= 1 pr.
I
Potasse .
(U*
47
■10,083
km.
281
Soude .
3I
15,810
277
Oxyde d’ammonium.
26
14,690
257,75
Magnésie.
20
14,440
252,7
Oxyde de manganèse
35
12,075
211,3
— de nickel. . .
38
11,932
208,8
— de cobalt . . .
38
11,780
200,23
— de fer.
30
10,872
190,25
— de zinc ....
41
10,455
182,93
— de cadmium. .
64
10,240
179,20
— de cuivre . . .
40
7,720
133,10
Ces valeurs, qui se rapportent aux composés binairesrésultant de la combinaison de l’acide et de la base,sans décomposition de leurs éléments, sont assez con-formes à ce que l’on sait des affinités chimiques pourmontrer qu’elles ne doivent pas être éloignées des va-leurs réelles. Ce que l’on connaît des chaleurs latentesde corps semblables à ceux dont il s’agit ici, montreque les quantités négligées*ne doivent pas pouvoirbeaucoup modifier les chiffres de la dernière colonne.
Nous ne parlerons pas ici d’une partie très-considéra-ble des mémoires de MM. Favre et Silbermann dans la*quelle ils ont cherché à déduire des chaleurs dégagéesdans des réactions produites par voie humide, ce qu’ilsappellent les équivalents calorifiques des corps. Eneffet, pour tirer parti de ces observations, il faut tenircompte de la décomposition de l’eau, ce qu’ils font enla considérant comme causant l’absorption d’une quan-tité de chaleur égale à celle dégagée lors de la forma-tion de l’eau, c’est à-dire, avec la notation adoptée plushaut, ils prennent T au lieu de
AQ _ tO _2(11
140 140 140’
Il n’est pas étonnant d’après cela qu’ils n’aient paspu obtenir les résultats importants auxquels ils espé-raient parvenir.
Ces expériences ne pourraient être utilisées que sion connaissait le travail qui peut produire la liquéfac-
tion de l’oxygène, puisque dans les oxydations par voiehumide l’oxygène seul ne se dégage pas, reste à l’étatliquide, tandis que l’hydrogène se dégage, en absorbantune grande quantité de chaleur, et que par suite la cha-leur absorbée par la décomposition de l’eau, dans ces
, , ,ÀQ 2/Il ^ tOexpériences, est égalé a--- + — =T — valeur
bien différente de celle de T.
Expériences à faire. — Il me reste à établir que lasolution du problème dans toute sa généralité est plusabordable qu’il ne parait à première vue, et que l’onpourra trouver plusieurs moyens d’obtenir des résul-tats approchés, puis de les vérifier, et d’arriver parsuite, de proche en proche, à la précision que réclamela science.
Comme on ne connaît ni les chaleurs latentes de fu-sion de beaucoup de solides difficilement fusibles, ni letravail nécessaire pour produire la liquéfaction de plu-sieurs gaz, qu’on ignore très-souvent la valeur de ceséléments physiques, le problème delà détermination deséquivalents mécaniques d’un grand nombre de corpsparaît insoluble. En effet, l’équation qui représentealors le phénomènechimiquene permet pas de l’obtenir,puisqu’elle renferme deux inconnues au moins, l’équi-valent mécanique du composé plus l’élément physiqueinconnu; chaque équation renferme donc nécessaire-ment au moins une inconnue nouvelle.
Mais si la détermination directe des inconnues duressort de la physique échappe à l’état actuel de lascience (et les moyens d’action seront toujours néces-sairement insuffisants pour la solution complète). Un’en est pas de même des moyens indirects, c’est-à-dire qui peuvent fournir le moyen de mesurer des effetsdépendant de la quantité inconnue et par suite de cal-culer celle-ci: problème difficile sans doute, mais par-faitement soluble.
Nous avons déjà vu que, dans beaucoup de cas, leschaleurs latentes pouvaient se déduire de l’élasticitédes solides par une voie indirecte, bien précieuse, etqui fournit une solution satisfaisante dans le cas descorps fondus. Je chercherai maintenant à indiquer lavoie indirecte à suivre pour l’autre cas, plus impor-tant encore, dans lequel les données physiques font dé-faut. Il me semble que l’étude de l’absorption des gazpar les corps poreux pourrait conduire à une premièreapproximation du travail de liquéfaction des gaz quenous ne savons pas liquéfier, ce qui conduirait à calcu-ler les éléments de- la relation capitale qui représentela composition de l’eau, qui comprend les quantités detravail inconnues qui sont nécessaires pour liquéfierl’oxygène et l’hydrogène. Voyons comment on devrait
opérer.
Soit S la surface par laquelle un corps poreux agitpar attraction sur un gaz dans lequel il est plongé, il estévident que le nombre V de volumes condensés à sasurface sera directement proportionnel à l’étendue decette surface, et inverse de la résistance R, d’autant plusgrand que cette résistance à la liquéfaction sera moin-dre. Comme d’ailleurs l’action de cette surface est en rai-
son de la masse des molécules sur laquelle elle agit, ellesera proportionnelle à la densité du gaz (Henry a trouvépar expérience que l’absorption était proportionnelle ala pression, ce qui revient au même); si nous appelonsK un coefficient constant, on pourra poser l’équation
y ~ 0ll X? = KS. Pour un autre gaz —= KS,R d
d onc : ^ ^ , équation qui permettra, au moyen
d d’
du travail connu pour la liquéfaction de quelques gaz,de déterminer les autres par de simples comparaisonsentre les quantités absorbées par un même corps solide.On peut bien contester que la relation admise ici