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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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lieu, lorsqu’on passe une étoffe aluuée ou colorée dansmie eau légèrement alcaline. On obtient donc cons-tamment une bonne préparation, en partant de l’alun,lorsqu'on sature, par une quantité convenable d’acétatede plomb, de chaux, de baryte, do strontiane, unepartie de la base : on obtient de la sorte, par unedouble décomposition, des sulfates plus ou moins in-solubles et de l’acétate d’alumine en quantité propor-tionnelle. On peut faire usage encore d’acétate de po-tasse, d’ammoniaque, de soude, qui ne font naîtreaucun trouble dans la liqueur, ou des carbonates d’am-moniaque, de potasse et de soude, à la condition de neles ajouter qu’en proportion convenable, pour opérerla transformation de l’alun octaédrique en aluu cu-bique.

Nous pouvons réduire à trois les principaux composésdont on se sert pour aluminer les tissus. Les voici :

Alun.40 k ,00 — 27 k ,00 — 20 k ,25

Cristauxde soude. -4,00 — 2,70 — 2,28Acétate de plomb. 40 ,00 — 20, 20 — 13 ,50

On commence par introduire dans un baquet l’alunfinement pulvérisé ; on y verse la quantité d’eau chaudenécessaire pour opérer la dissolution ; on ajoute à laliqueur le carbonate de soude, puis enfin on versel’acétate de plomb. L’effet se produit instantanément ;on obtient du sulfate de plomb qui se précipite immé-diatement; on agite, puis on attend le refroidissement.Il n’est pas indifférent d’ajouter le carbonate de soudeavant ou après la précipitation ; dans le premier cas, ilsature l’alun, en formant de l’alun cubique; dans lesecond cas, il se porte sur l’acide acétique et forme desacétates de potasse et de soude. Une telle préparationest basique, et plus ou moins déliquescente.

Lorsque le dépôt s’est effectué lentement, on décantela partie claire qu’on conserve séparément dans desvases de verre ou de grès. Les eaux de lavage desdépôts servent à faire des mordants faibles ou d’autrespréparations des memes mordants.

On n’est pas obligé de séparor les dépôts de sulfate,lorsqu’on doit épaissir lu préparation. Comme le sul-fate de plomb ne prend d’adhérence avec la fibre textileque lorsque les tissus qui l’ont reçu sont plongés dansune eau de chaux, sa présence n’a pas d’inconvénient ;il devient alors un puissant élément d’économie, puis-qu’il jermet de réduire la proportion de l’épaississant(gomme, fécule ou amidon).

On pourrait avoir une seule préparation qui serviraitde base aux compositions faibles ou fortes, dont onpeut avoir besoin dans des circonstances données. Jus-qu’à présent, les fabricants préfèrent en avoir plusieursqui diffèrent par leur densité, c’est-à-dire par les pro-portions d'alun et d’acétate de plomb employés pourles obtenir. L’usage n’est pas d’ailleurs ici basé seule-ment sur la routine. Dans le cas de9 impressions, il n’ya que peu de cas où l’on ait besoin d’une préparationplus forte que les préparations d’une densité moyenne,et d’autre part, les sels chargés d’acétate d’aluminese décomposent spontanément à la longue, en aban-donnant du sous-acétate d’alumine en proportions va-riables, ce qui jette la perturbation dans les dosagesprimitifs.

On commence-à faire usage aujourd’hui, d’une ma-nière à peu près générale, du sulfate d’alumine pourles compositions propres à l’aluminage des tissus, etsurtout pour préparer les mordants rouges. Ce seLseprépare en grand pour les besoins de l’industrie.La composition moyenne des bonnes livraisons deM. Pommier, de Paris , quai de Jemmapes, contient :

Eau. 52 — théoriquement.

Alumine. 14 100 100

Acide sulfurique. . 34 236 234,4

Pour préparer le mordant rouge, en partant do cosel, on prend 110 parties d’une dissolution de sulfated’alumine marquant 30° Baume, si l'on opère à chaud,33*> si l’on opère à froid ; on y ajoute 100 parties d’a-cétate de plomb dissous dans 30 parties d’eau ; onobtient alors une dissolution très-concentrée d'acétated’alumine, marquant 15 a 10° Baume*

Dans quelques fabriques, on remplace l’acétate doplomb par le pyrolignite de meme métal. Mais on peutsubstituer à ces deux sels les acétates de baryte, dochaux et de strontiane, de soude, de potasse et d’am-moniaque; jusqu'à ce jour, on n’a tiré parti que dol’acétate de chaux ; la réaction qui donne naissance àl’acétate d’alumine est la même dans les deux cas, etcette dernière méthode est éminemment économique.L’oxyde de plomb qui entre dans la composition du selemployé représente plus des 2/3 de la valeur du produit. Il esta peu près complètement perdu, puisqu’onse sert actuellement du sulfate de plomb, seulementcomme produit accessoire, pour frelater les chromâtesde plomb et la ccruse. L’emploi des acétates de chauxoffrirait encore cet avantage dans l'impression surétoffe, qu'il laisserait un résidu de sulfate de chaux,qu’on n’éloignerait pas, et qui pourrait permettre unépaississage économique.

M. Kœchlin a proposé depuis longtemps un mordantqu’il est regrettable de ne pas voir employer plus gé-néralement. On neutrali-e une dissolution d’alun parle carbonate de potasse, jusqu’à ce que les flocons re-fusent de se dissoudre par une nouvelle agitation ; onporte à l’ébullition là dissolution saturée, pour formerle sulfate alumineux basique qu’on recueille et qu’ontraite par l’acide acétique, qui le dissout très-bien. Onobtient de la sorte une composition alumineuse desplus simples et des plus fidèles. Si, dans la fabricationde ce mordant sur une petite échelle, on perd le sulfatede potasse et une partie.de l’alun qui s’échappe avecles eaux mères, cet inconvénient n’existe pas dans "unepréparation en grand, puisqu’on retrouverait dans lafabrication de l’alun tous les éléments qui ont unecertaine valeur.

Lorsque le commerce pourra fournir de l’hydrate.d’alumine d’une composition constante et facilementsoluble dans l’ucide acétique, on l’utilisera pour pro-duire directement l’acétate d’alumine, que l'expérienceclasse tous les jours parmi les meilleurs mordants. Lesqualités spéciales de l’acide acétique rendent très-pro-pres .aux préparations des tissus les acétates métalli-ques. Mais quand on fait usage d’acétate d’aluminedans le mordançage, il est convenable de bien faireobserver que ce sel demande à ne pas être conservé.Si l'on dissout de l’alumine gélatineuse dans de l’acideacétique, de manière à obtenir une liqueur qui marque8 à 9° à l’aréomètre de Baume, et qu’on conserve cettedissolution dans des flacons bien bouchés, on s’aperçoit,au bout de plusieurs jours, qu’il s’est fait un précipitéblanc, plus ou moins cristallin, renfermant tonte l’alu-mine, tandis que la liqueur est devenue fortement,acide ; Gay-Lussac avait déjà remarqué que les disso-lutions d’acétate d’alumine, qui renferment du sulfatede soude ou de potasse, se troublent par la chaleur,mais reprennent leur limpidité en refroidissant. M. Tis-sier a vu que, même dans le cas de sel d’alumine par-faitement pur, il y a dépôt, et que ce dépôt est formépar un sous-acétate d’alumine, qui ne contient quedeux équivalents d’acide acétique.

La décomposition toute spontanée, qui fait quel’alumine dissoute dans l’acide acétique passe lente-ment à l’état de combinaison soluble, sans qu’il soitnécessaire pour cela de la moindre élévation de tempé-rature, conduit à l’explication de bien des accidentsqui so produisent avec ce composé, dans le mordançagedes tissus, lorsqu’on a conservé ce sel pendant plus