Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
619
JPEG-Download
 

TEINTURE.

TEINTURE.

610

plusieurs pièces réunies bout à bout, si le tissu n’estni trop lourd ni trop épais. On le tourne ensuite à con-tre-sens pour que la partie plongée la première le soitla dernière à la seconde immersion, et que par là lateinture soit aussi régulière qu’il est possiblo. Il arrivesouvent que pour des pièces qui absorbent facilementla couleur et qui sont teintes en foncé, on se borne'àpasser l'étoffe en boyau sur le tour qui n’est plus cylin-drique mais à section polygonale, et qu’on fait agircomme lissoir. Le mouvement que reçoit le tour outrinquet fait plonger alternativement dans le baintoutes les parties de la pièce ou des pièces qui sontréunies.

L’art de la teinture comme la plupart des industriespossède son langage d'atelier qu’il faut connaître etsur lequel il faut s’entendre; nous donnerons actuelle-ment . pour abréger les descriptions qui vont suivre,l’explication de la plupart des termes employés dans leplus grand nombre des teintureries des villes. Nous lesclasserons par ordre alphabétique.

A ces termes nous en ajouterons d’autres qui repré-sentent chacune des phases diverses par lesquelles lamatière à teindre doit passer.

Abattre ta mise , c’est faire descendre la fibre, tissu,fil ou ilocou dans le bain; cette meme expression sertencore pour indiquer l’opération pendant laquelle onretire la fibre du bain de teinture, avant de l’éventer.

Apprêter, c’est communiquer aux articles à teindreplus d’aflinité pour les substances colorantes au moyeudes mordants; co sont des intermédiaires tendant à lesunir, à les combiner chimiquement en plus grandequantité avec plus do solidité; c’est, en un mot, cher-cher par des intermédiaires spéciaux à rendre lescouleurs plus belles, plus intenses et surtout plus fixes.

Nous ne saurions encore parler actuellement d’uneautre sorte d’apprêts qui ne s’appliquent que lorsquele tissu est confectionné ; ils ont pour but de lui don-ner une fermeté, un brillant, un coup d’œil favorablesùla vente, comme de le disposer et de le plier afin de leconserver et transporter plus facilement.

Les apprêts qui procèdent du mordançage, et dontnous avons déjà fait connaître l’utilité sous le nom demordants organiques , sont de plusieurs sortes : on distin-gue depuis longtemps, selon les termes de l’atelier,des apprêts gras et des apprêts maigres.

On range parmi les premiers : les bains animalisês(bains bis, bains de fiente), les bains huileux; (blancsou jaunes), et les 51 'cktous on classe dans les seconds :les bains alcalins et les bains ashingents (de galle,sumac, cachou, noua, dividivi, etc.).

Il serait plus convenable, dans l'état actuel de l’artde la teinture, d’étendre cette division et de distinguercomme nous l’avons proposé les apprêts gras : 1° bainsanimalisês; 2° bains sickious; 3° bains blancs ; i ü bainsjaunes, qui ne se donnent qu’après des bains astrin-gents et des mordants, et les apprêts maigres ; 5° lesastringents, comme les bains de galle, etc., qui engénéral dans les ateliers sont connus sous le nomd 'cngallage, quoiqu’ils no soient que très-rarement pré-parés avec la noix de galle seule ; 6° les apprêts rési-neux, nouvellement introduits et utilement appliquésavant plusieurs teintures métalliques ; chacun de cesapprêts sera conséquemment indiqué à l'article teinturede chaque différente couleur, puisque en effet ils varientde nature, de propriétés, de force et de nombre, selonle genre et l’espèce, le ton et la qualité des couleurs.,soit grand teint, bon teint et petit teint. Il est bienentendu que ces trois grandes divisions de la qualitédu teint ont des intermédiaires qui résulteront de lasuperposition de nuances de teints différents ; on don-nera, par exemple, un pied de bon teint dans quelquesprocédés de bon marché, pour finir en petit teint.

Aviver, c'est soumettre à certaines opérations les

étoiles quand elles ont subi l’action des bains colorants ;il est extrêmement rare qu’une teinture n’ait pas besoinau moins d’une opération ultérieure pour être belle,pour acquérir toute sa pureté, ou pour être échantillon-née rigoureusement ; tantôt il faut la débarrasser, indépendamment de ce que les mordants peuvent avoir ap-porté, du dissolvant même de la substance colorantefixée; tantôt il faut'viviiicr cette substance même, alliéenaturellement à d’autres principes, et souvent il faut leconcours de plusieurs opérations instantanées ou suc -cessives pour arriver à ce résultat; l'ensemble de cesopérations se nomme avivage. Les lavages et rinçagesne font qu’enlever les parties les plus grossières nonfixées et les résidus insolubles qui salissent l’étoffeteinte.

Pour choisir un exemple que nous emprunteronsà l’industrie du garançage (teinture en rouge de ga-rance), il reste toujours aux teints do garance unenuance fauve qui absorbe en partie, qui cache, couvreet ternit la couleur rouge principale ; et lorsqu’on faitusage de certains mordants, la séparation de ces deuxcouleurs est un problème hérissé de difficultés.

La partie fauve de la garance ne peut pas s’enleverpar l’action seule des alcalis, de l’avivage ; il faut yjoindre et y faire concourir aussi l’action des acides, etle rosage est nécessaire pour en débarrascr et purgerpour ainsi dire complètement la couleur; cette opéra-tion est le complément de l’avivage ; ccs deux opéra-tions, dans ce cas, sont inséparables, et ellesconcourcntmutuellement à la perfection de la couleur que la pre-mière prépare, prédispose, et que la seconde finit.L’avivage se termine par le rosage ; il comprend l’inter-vention d’un acide ou d’un sel acide, agissant sur lescouleurs grand teint du moins, par une action spécialeau sel d’étain ou d’un acide sur la couleur débarras-sée des principes fugaces que contient la racine de ga-rance ; comme ce mot l’indique, on a donné plus d’ex-tension à cette expression technique.

Cheviller , c’est tordre à la cheville, c’est-à-diroexprimer par torsion autour de Yesjmrl la partie duliquide qui n'a pris que par capillarité l’adhérence avecla fibre textile.

On sait aussi que le travail des soies exige une opé-ration particulière à laquelle on donne le nom de che-village. Le chevillage consiste dans une sorte de tractionàlaquelle on soumet les écheveaux après la teinture pourEs rendre lisses; on opère généralement sur des mat-teaux pesant de -i à oOO gr.; avec plus on risqueraitd’altérer la soie par suite des efforts qu’il faudraitexercer sur un diamètre trop considérable.

Pour cheviller à la main, l’écheveau passé dans lacheville est enroulé sur lui-même tordu, détordu ettordu de nouveau, quand on a déplacé les points encontact avec la cheville. C’est un travail excessivementpénible, qu’on n’avait fait que de main d’homme jus-qu’à ces dernières années, et qui s’exécute maintenantmécaniquement, au moyen d’uu appareil ingénieux quej’ai vu fonctionner à Lyon dans plusieurs teintureriesimportantes. Je dois à l’obligeance de M. Guinon dopouvoir donner un aperçu du mécanisme au moyenduquel on remplace le travail de 10 hommes. Le travaildure de 2 à 6 minutes; pour les soies cuites, il n’estque de 2 à 3 minutes ; pour les soies simplement assou-plies, il dure de 5 à 6 minutes.

On doit à M. Guinon de Lyon la disposition quipermet d’dviter à l'ouvrier une manœuvre excessive-ment fatigante, quand il faut enlever ou retirer lessoies chevillées, ou quand il faut soulever le poids do100 kil. pour rapprocher les chevilles et passer unenouvelle série de matteaux.

Le dessin d’autre part représente (fig. 3730) l’ensembledu mécanisme; les organes qui concourent à son fonc-tbnnement peuvent être essentiellement variables. A