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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

nus comme provenant du gardénia grandiflora, plantede la famille des rubiacées. Nous transcrirons ici lesrenseignements que renferme à ce sujet la notice surle vert de Chine publiée par M. Rondot sous les aus-pices de la Chambre de commerce de Lyon .

On connaît sous le nom de tchi trois espèces dis-tinctes qu’on rapporte aux variétés radicans , jlorida et(jrandijlora. Elles possèdent des qualités différentesau point de vue du teinturier. L’une est représentéepar des fruits allongés tchi-tse , l’autre par des fruitsovoïdes moins gros que le précédent chan-tchi , la troi-sième beaucoup plus petite sans désignation. Le fruitallongé est le plus répandu; le plus ovoïde est le plusestimé, mais le moins riche en principe colorant.jKong-tching a teint à Canton de la soie, devant M. Rondot,en une couleur jaune très-estimée par les Chinois, etTchu-Yune a coloré du coton par la meme substaucetinctoriale. Cette matière sert à donner un -pied dejaune pour beaucoup de verts sur coton et sur tissusde soie, quelquefois pour des étoffes qu’on veut teindreen écarlate, en cerise, en cramoisi, par l’addition ducarthame.

Le hoang-tchi, que la Chambre de commerce deLyon tenait du docteur Martin d’Erlangen , appartientà la variété tchi-tse; les fruits donnés par M. RemiSmith et C e appartiennent à l’espèce chan-tchi.

M. Persoz a fait sur le hoang-tchi des expériencesintéressantes qui peuvent être, quoique incomplètes,ré-sumées dans les termes suivants :

« On épuise les graines et les capsules par le sulfurede carbone qui enlève la totalité du corps gras sans secharger d’une quantité sensible de matière colorante.Le corps gras une fois parfaitement enlevé, on fait agirl’esprit de bois rectifié qui dissout très-bien la matièrecolorante; mais comme elle est logée dans les cellules,il faut des traitements réitérés pour l’enlever en tota-lité. On soumet à la distillation la dissolution ; il restepour résidu dans la cornue une substance jaune rou-geâtre, d’apparence cristalline, soluble dans l’eau qu’ellecolore comme le ferait l’acide picrique.

« Cette matière colorante, qui se comporte à la ma-nière des acides faibles, puisqu’elle s’unit aux diversoxydes, notamment aux oxydes d’alumine, de fer, d’é- ;tain, avec lesquels elle forme des laques, présente jcette particularité, qu’elle donne directement sur soie !et sans le secours d’aucun auxiliaire un jaune pur jbrillant à la lumière artificielle, inaltérable par les jacides et les alcalis, excepté l’acide nitrique, qui la dé- 'truit. |

« Son mode de fixation sur la soie est des plus sim- jpies; il suffit de faire avec l’eau pure une décoction de jfruits, ou mieux encore de la graine seulement lors- jqu’on veut avoir des nuances plus pures. Quand on jfait usage d’eau ordinaire, il faut ajouter au bain j2 gram. d’alun et 1 gram. d’acide oxalique par litred’eau. Le bain ainsi monté, on y plonge la soie à latempérature de 40 à 50 degrés ; elle s’y teint très-promptement.

« Pour teindre la laine, il faut faire intervenir dansle bain une assez forte proportion de composition d’é-tain ou bien aluner préalablement la fibre.

« Quant à la teinture du coton, elle se fait toujourstrès-bien, si l’on a mordancé à l’avance cette fibre parles acétates d’alumine ou de fer. »

Bois jaune.

Le bois jaune donne une teinture solide sur laine,soit qu’on l’empêoie directement, soit qu’il se fixeavec un intermédiaire.. Le grand défaut de cette ma-tière, bien que très-résistante à l'air, résulte de l’alté-ration qu'elle subit au contact des alcalis ; elle ne peutservir de base à toute fabrication dans laquelle la tein-ture doit être suivie du foulonnage. Le bois jaune ne

peut donc être réservé que pour certaines colorationsen jaune ou en nuances qui en dérivent sur tissus delaine; on ne saurait s’en passer dans toutes les nuan-ces qui tiennent du vert de Saxe et dans lesquelles lebleu de Saxe joue un rôle plus ou moins important.

Les opérations pratiques auxquelles nous avons vuqu'on soumettait la gaude se confondent avec cellesauxquelles on soumet le bois jaune. On remarque ce-pendant plus de fraîcheur dans la première ; aussi ré-serve-t-on la dernière pour les couleurs composées etles tons rabattus.

Le bois jaune appliqué sur la laine communique àl’étotfe une certaine roideur qui donne de la rudesseau toucher. Il est présumable que le tanin que lebois contient est la cause de ce phénomène, qu’on évitepar l’addition de rognures de peau; la gélatine préci-pite le tanin : il serait intéressant de voir par desexpériences directes si cette opération altérerait lesqualités du bois jaune, considéré sous le rapport de sarésistance à la lumière.

Pour teindre de la laine avec le bois jaune, on donnenn bouillon avec 240 ou 260gr. d’alun et 240 à 260gr.de tartre pour 1 kil. de laine ; on ne rince pas, on faitbouillir ensuite dans un bain qui contient pour lamême quantité de laine I kilo de bois jaune auquel onajoute un peu de composition d'étain pour l’écarlate;l’ébullition dure un quart d’heure, puis on échantil-lonne.

On teint la soie lorsqu’on l’a préparée par le baind’alun, on rince et on teint dans la décoction tièdesans addition.

On ne fait la teinture du coton qu’en associant lagaude et le bois jaune. La décoction contient à la foisles parties solubles abandonnées à l'ébullition par lesdeux matières tinctoriales. La préparation es.t celle dola teinture en jaune par la gaude seule.

Quercitron.

Lorsqu’on plonge la laine dans une décoction faitede quercitron et d’alun à poids égaux, on obtient unecoloration jaune très-vive; l’ébullition du quercitronpendantdeux minutes suffit pour enlever toute la matièrecolorante que le quercitron renferme; on immergel’étoffe en donnant la nuance la plus foncée, on passeles nuances claires dans des bains appauvris, mais nonencore épuisés. Par ce moyen, les parties fauves sontenlevées et les nuances claires restent plus pures. Ausortir du bain, on avive en donnant une passe dans uneeau blanchie par un peu de craie ; dans ces circonstances,la couleur ne semble pas offrirla mêmesoliditéque lors-qu’on soumet l’étoffe au bouillon avant de la teindre.On commence par préparer la laine en la faisant bouillirpendant une heure dansunedissolution d’alun contonantpour 1 2 kilos de laine 2 kilos d’alun ; on n’ajoute pasde tartre. On passe dans un bain qui a reçu à l'ébul-lition 2 kilos de quercitron; on manœuvre jusqu’à ceque la couleur soit suffisamment montée ; on lève, onavive avec de la craie qu’on jette dans le bain, on pallie,puis on abat, on mène encore huit à dix minutes.

On obtient une nuance plus foncée si l'on fait usagede composition d’étain. On prépare une nuance tirantsur le vert en ajoutant du tartre ; 10 parties de quer-citron. 5 d’alun,7 de composition d’étain produisent unjaune très-brillant, doré, sans tourner à l’orange.

Teinture de la soie. — On peut remplacer clans lateinture de la soie la gaude par le quercitron. Onpasse la fibre en alun, puis on teint. A cet effet, lebain contient pour 1 2 kilog. de soie 2 kilog. de quer-citron ; on manœuvre dans le bain à 30 ou 40 degrés;on avive par une addition de craie ou de potasse. Onpeut encore ajouter à la dissolution d’alun un peu decomposition d’étain.

Teinture des tissus de coton. — On foulardo clans l’a-