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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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non combiné. La teinte aurore est produite parle ro-cou seul; pour les nuances orange et ronge orangé, ilfaut ou virer, ou rougir par une addition de principe co-lorant rouge.

On vire au rouge les soies teintes en aurore aumoyen d'une passe dans une eau chargée de vinaigre,d’alun ou de jus de citron. L’acide détruit la combinai-son de la matière colorante avec l’alcali qui facilitait ladissolution. Le rocou reprend la couleur rouge qui luiest propre. Pour les nuances très-foncées, les soiesteintes au rocou, virées au rouge par un bain d’alun,sont encore montées par un nouveau passage ou dans lebain de brésil , ou dans un bain de carthamc. On se serta cet effet des vieux bains de saframmi. On doit sécherà l'ubri du contact de la lumière les soies teintes avecle rocou.

Teinture des cotons. — Lorsqu’on veut teindre le co-ton au moyen du rocou, le bain se prépare en broyantcette matière avec le double de son poids de carbonatedépotasse; on laisse déposer le liquide après l'avoirpallié convenablement. On transporte dans un bainchauffé pour y entrer le coton. On ajoute du tartrepour que le bain devienne légèrement acide: on lisse lecoton; on le tourne, s’il esten pièces. La couleur devientainsi très-vive et très-unie. On termine par un légerlavage; on sèche dans une étuve.

6. Tkintttbe en nuances COMPOSEES.

Nous avons pu voir, d'après les nombreuses subs-tances énumérées ci-dessus, la richesse des ressourcesque la science moderne a mises à 1* disposition desteinturiers. On se ferait une idée bien fausse de la va-riété des nuances que le consommateur peut demander,si l’on perdait de vue que toutes «les matières coloran-tes dont les propriétés chimiques sont voisines peuventse mélanger en quelque sorte en proportions indélinics,et que la transparence de la plupart de ces couleurspermet de les placer les unes sur les autres, et de pré-parer ainsi par voie de superposition des tons mélangéstrès-variables, et tout aussi brillants que ceux quipeuvent provenir de mélanges solubles. Comme le pre-mier pied ne sature pas la fibre, on peut faire prendrek l’étoffe de nouvelles couleurs dans des bains chargésde matières colorantes différentes.

Le cortège des couleurs composées vives et brillantesque l'industrie produit est tellement varié, qu’on estforcé pour les nommer d’aller chercher des noms prisdans toute sorte de langues et de notions, dans tout or-dre d'idées, etc.; on peut les ramener, ainsi que nousl’avons dit, à quatre classes distinctes.

Cequenous avons indiqué sur la teinture en rouge, enjaune, en bleu nous dispense de plus grands détails;nous nous bornerons à l’énoncé de quelques principesgénéraux.

Nous distinguons:

1° Les nuances formées de jaune St de bleu, formantle rerf et ses dégradations ;

2° Les nuances formées de rouge et de bleu, formantle violet et ses dégradations ;

3° Les nuances de jaune et de rouge, formantl'orange, l’orangé et scs dégradations.

\° Nous rangerons dans la quatrième classe toutesles nuances qui participent à la fois du bleu, dujaune et du rouge. Elles se subdivisent en trois sériessuivant que l’une d’elles domine par rapport auxautres.

Dans les marrons et les nuances qui l’environnent,le rouge domine ; dans les verts olive et les nuancesdérivées, c’est le jaune qui se trouve en excès. La3* série contient les couleurs dites tète de nègre et lestons qui s’y rapporteut dans lesquels le bleu sembledominer. *

Les noirs et les gris appartiennent à la série neutredans laquelle ni le bleu, ni le rougn, ni le jaune nesont en excès, chacune de ces nuances étant en propor-tion convenable pour se neutraliser complètement. Lesgris sont formés par du noir auquel se mCde plus oumoins de fibre blanche non colorée. Nous avons vuqu’on devrait, pour obtenir chacune de ces nuancesdouées d’une grande solidité, qu’elles soient pures ou seclassent dans la l ,r , 2 e ou 3 e série, former le fil dehunes blanches et de laines colorées dans la nuance laplus foncée.

Teinture en jaune et bleu.

( Verts , verts bleus et verts jayncs. )

Pour teindre en vert, on commence par teindre enbleu; on rince, on teint en jaune. Lorsqu’on teint dela laine, il faut choisir comme teintures celles qui nesont pas altérées au foulonnage, c’est-à-dire par lecontact avec les alcalis. Nous avons vu que certainsmélanges qui peuvent s’employer exactement dans lesmêmes conditions teignent immédiatement en vert ;mais en général, à l’exception du vert de Chine , ccsnuances n’ont pas un grand éclat à la lumière artifi-cielle. Pour qu’un vert soit brillant à la lumière d’unelampe, par exemple, il faut que le bleu et le jaune quile composent le soient aussi pris isolément. Or on aremarqué que beaucoup de bleus se dénaturent le soiren tournant nu violet et même nu pourpre, en mémotemps que les jaunes ou faiblissent ou tournent à l’o-rangé. Il est évident que l’harmonie du vert sera détruitele'soir et que l’impression sur l’œil sera celle d’un mé-lange de bleu, de rouge et do jaune, c’est-à-dire d’unton plus ou moins rabattu.

La graine de Perse fournit un jaune brillant mêmeà la lumière artiticieîle, bien qu’il vire légèrement àl’orangé; mais en supposant qu’on ne puisse en faireusage, on trouverait dans les analogues du hoaï-hoa etdu hoang-tohi un jaune satisfaisant à toutes les con-ditions.

Quant au bleu, l’indigo, soit dans le bleu de cuve,soit dans le carmin d’indigo, le fournirait dans l’étatconvenable, si l’on avait le soin d’éloigner dn bainle pourpre d’indigo et la phénicinc qui modifient lanuance des'blcus en altérant leur pureté. Lorsqu’on apréparé le bleu convenablement purifié, lorsqu’on &saturé d'oxyde d’étain une lessive faible, on saturecette dernière d’indigo ou do sulfate d’indigo. Onplonge alors dans cette cuve montée par Pétain les tissus à teindre pour obtenir un bleu de ciel purau ton voulu ; on donne sur ce premier pied de bleu lejaune en rapport avec la nuance verte qu’on veut pré-parer. M. Pcrsoz a composé de cette manière des vertsbrillants à la lumière, qui se rapprochaient beaucoupde celui que fournit le lo-kao des Chinois.

Teinture en violet , rouge et bleu.

(Violet, pourpre, amarante et cramoisi.)

Lorsqu’on forme le violet par la superposition durouge et de l’indigo, les deux nuances doivent avoir lamême intensité. Il faut fixer d’abord la nuance bleuepar la cuve d’inde , ou toute autre cuve d’indigo, termi-ner par la rougie. Telle est kl méthode dont on ne s’é-carte pas. Si l’on commençait par appliquer la coche-nille, le rouge serait en partie détruit par la réactionde l’alcali nécessité par la cuve d’indigo. Il faudrait•exagérer la dose de cochenille, c’est-à-dire augmenterla dépense.

La couleur pourpre, dans laquelle le rouge esten plusforte proportion que dans le violet, se prépare au moy mdu cnmpêchc, de l’alun, du tartre et du sel d’éta:ncomme bouillon; on bleuit avec le eampêchc; danscette préparation, le rouge est fourni par la réactiondu bouillon acide sur le campèchc.