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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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VIDANGES.

VIDANGES.

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vidantes en engrais, est traitée dune manière complètedans le Guide de la fabrication économique des entjrais,de M. ltohart ; nous ne pouvons que renvoyer à cet ex-cellent livre le lecteur qui voudra étudier complète-ment la question. Nous lui ferons seulement un em-prunt pour bien faire comprendre limportance écono-mique du problème quil sagit de résoudre et la certi-tude des principes sur lesquels reposent les diversesméthodes qui constituent sa solution complète.

MM. Boussingaultet Liebig ont constaté que chaqueindividu produit par an 275 k ,50 dexcréments, renfer-mant 8 k ,250 dazote, suffisants pour la fumure de 50ares de terre et la production de 400 kilog. de froment;et 228 k , 1 25 durine correspondant à la fumure dui?hectare. Eu étendant ces calculs aux 35 millions dha-bitants de la France , on trouve :

Solides. 9,625,000,000 kilog.

Liquides.... 7,980,000.000

17,605,000,000 kilog.

représentant la fumure de 4 7,850,000 hectares, soit63 p. 100 de superficie actuellement en culture de laFrance , sélevant à 28,421,174 hectares. On voit quily a des ressources assez considérables pour quonsen occupe sériousement, et quon ne perde pas parune exploitation absurde une semblable somme de ri-chesses.

M. Kohart indique la nécessité de mélanger les vi-danges avec de la tourbe, des balayures des grandesvilles pour fournir le carbone nécessaire à un engraiscomplet; à des plairas pour fixer les sels dammoniaquevolatils et faire disparaître linfection ; h des coprolitlics,aux produits des ateliers déquarrissage pour accroîtrela richesse en phosphates et en azote, et enfin à fairefermenter le tout, condition essentielle, et trop peucomprise généralement, de l'assimilation des détrituspar la végétation.

Stephens, lune des plus puissantes autorités an-glaises en matière dagriculture, dit: « Tout fumierdoit fermenter avant dêtre employé. » En effet, autrechose est de faire de simples mélanges, comme cela sepratique trop souvent, meme en employant les propor-tions les mieux raisonnées, ou de placer ces engraisdans des conditions telles quune fermentation naturellepuisse à son gré former des combinaisons et des arran-gements particuliers dont elle seule tient encore le se-cret dans un très-grand nombre de cas. Autre chose,répétons-le encore, est de préparer un mélange deau,dalcool, de matière colorante et do tanin, pour enfabriquer un liquide décoré du nom de vin, ou de laisserà la nature le soin de transformer le sucre en alcool, etde combiner celui-ci avec l'eau de manière à produireune véritable boissonbienfaisante. Or, il eu est de mêmeà légard des engrais.

Il faut donc conclure de tout ceci que Vétat descorps, considéré au point do vue de lalimentation vé-gétale, ne saurait être indifférent, quil a, au contraire,la plus grande influence sur laction que ceux-ci exer-cent à légard des récoltes, et que les décompositionset les combinaisons infinies qui sopèrent, ainsi que leschangements détat qui saccomplissent au sein dunemasse dengrais en fermentation, sont indispensables àla qualité de ces derniers.

Un grand nombre dengrais néchouent ou no don-nent des résultats incomplets que par lune des deuxcauses suivantes: ou bien il est des éléments indis-pensables qui font défaut, ou qui ont été employéssans discernement, ou la masse na pas passé par toutesles phases dune fermentation naturelle, dont leffetprincipal est de déterminer un arrangement particulierque nous sommes impuissants à produire artificielle-ment comme à légard de la fabrication du vin.

Dès quun lot dengrais préparé avec les matièrespremières convenables, et contenant en outre des dé-pouilles animales dissoutes par linfluence naturelle dola décomposition, est mis en contact avec lair, pourêtre ensuite abandonné à lui-même, sa températureintérieure sélève rapidement, et jusquau point de fairemonter le thermomètre à 70 degrés centigrades. 11 seproduit une véritable combustion lente, analogue,quant aux résultats, à celle qui sopère dans nos foyerspar lclTet de la combustion vive du charbon ; car il ya non-seulement production de chaleur, mais déga-gement abondant dacide carbonique gazeux, dont lamasse totale est entièrement imprégnée, et qui exercesur celle-ci la plus salutaire influence. Cest alors ques- pèrent à linfini les décompositions, les combinai-sons nouvelles, les arrangements nouveaux et leschangements détat dont nous venons de parler, et quisont indispensablesf répétons-le encore, à la qualité desengrais.

Les matières animales, dissoutes par leffet dunepourriture lente, continuent à se décomposer suivantla loi naturelle à laquelle elles sont toutes soumises,et se convertissent nécessairement en composés am-moniacaux gazeux qui se répandraient en pure pertedans l'atmosphère, si la porosité des corps avec les-quels ils sont en contact, et notamment lhumus et lecharbon, no sy opposaient, et si le plâtre, ajouté auxmatières premières, ne venait fixer le carbonate dam-moniaque en le transformant en sulfate de la mêmebase. Aussi, dès que cette fermentation a cessé, aper-çoit-on, dans toute la masse, de nombreux et brillantscristaux de sulfate et de chlorhydrate dammoniaquequi scintillent à la lumière et projettent au soleil lescouleurs les plus vives.

Le premier de ces $eU résulte non seulement delaction du sulfate de chaux ( plâtre ) dont nous ve-nons de parler, mais aussi do faction du sulfate defer employé à la désinfection. Quant au second sel, ilest le résultat de la transformation opérée par les chlo-rures ou les liquides acidulés des fabriques de gélatinedont on a pu faire usage pour la saturation.il y a avan-tage à faire prédominer le chlorhydrate dammoniaquepar lemploi des chlorures, plutôt que le sulfate, par laraison que le premier jouit, en outre, de la propriété dedissoudre le phosphate de chaux, et que cette circons-tance est toujours favorable à la qualité des produits.

La chaleur et lhumidité jouent, à légard de cestransformations nécessaires, un rôle bien important.Toutes deux se prêtent un mutuel appui. La premièrea dabord pour effet de détruire les graines dherbesparasites que contiennent presque toujours les déchetsde laine comme nous lavons dit précédemment, ouqui se trouvent bien souvent dans les débris végétauxque lon peut utiliser à la fabrication des engrais; or,après une fermentation de plusieurs mois, et linfluencedune température aussi élevée, toutes les graines pa-rasites sont entièrement détruites. Lhumidité ramollitles matières dures, les pénètre, les gonfle, ouvre leurspores et les prédispose à une décomposition ultérieure,sans laquelle leur action sur les terres ne se ferai*sentir quavec une extrême lenteur.

Cest principalement sous la double influence de lachaleur et de lhumidité que sopèrent bien la décom-position totale de toutes les matières végétales et leurtransformation en humus soluble, de même que cestsous cette double influence que les matières animalesfacilement décomposables se transforment dabord encarbonate dammoniaque, puis en sulfate de la mêmebase, au contact du plâtre employé.

Au milieu de ces transformations sans nombre* etgrâce surtout à la production abondante et continuedacide carbonique à laquelle donne lieu la combustionlente des matières végétales, le pho s phate de chau.x