DECORATION DES ARMES.
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sur métal, qui ne diffère de la sculpture ordinaire que par les procédés techniques,dont nous n’avons pas à parler ici. Il faut tout le talent d’artistes fort distingués pourdonner du charme à de petites compositions n’ayant qu'un-faillie relief, et qui sontd’une extrême importance, tant parce qu’elles sont destinées à rappeler à la postéritéde grands événements sous forme de médailles, qu’à assurer, sous formes de mon-naies, la loyauté dans les transactions.
Gravures en creux et en relief. —Nous devons dire ici quelques mots des moyensde décoration qui se rapportent à l’orfèvrerie et à la bijouterie, et se rapprochent desprocédés sur lesquels nous aurons à revenir plus loin.
La gravure est le moyen de décoration le plus général pour les métaux et lesmatières qui se travaillent avec les outils tranchants. Nous allons donner bientôtun curieux exemple de ce- travail fait sur l’acier; le guillochage et la gravure pour lesmétaux précieux, les incrustations pour les métaux comme pour le bois, c’est-à-direl’insertion dans des entailles convenables de substance différente de celle qui formele fond, forment des moyens de décoration importants obtenus par des procédésqui consistent essentiellement en des gravures creusées dans la surface à décorer, enraison des dessins à obtenir. La question d’art, celle des lignes formées par ces gra-vures diverses, rentre dans les question de dessin dont nous allons bientôt traiter endétail. Nous ne nous y arrêterons donc pas ici. Il en est de même de la plupart desmoyens de décoration dont il nous reste à parler.
Les nielles, formées par une incrustation de matière noire qui remplit une gravureen creux, donnent par suite des dessins noirs bien apparents; l’incrustation s'étendantpar l’action chimique des substances incrustantes, produisent des effets très-lieureuxsur l’argent. Les nielles ayant plus de charme comme moyen de coloration que commegravure, nous en traiterons en parlant des colorations et des émaux qui jouent unsi grand rôle dans la bijouterie.
Décoration des armes. — Les hommes de tous les pays et de tous les temps, ditAI. de Luynes, ont aimé le.s armes richement ornées ; ce goût a été poussé plus loin enOrient que partout ailleurs. Les garnitures d’or et d’argent, les émaux, les pierresprécieuses et de second ordre, les nielles et les filigranes, le repoussé, la ciselure, ladorure et l’argenture eu feuilles, ont été prodigués sur les armes de luxe, et dans cettebelle industrie, les Indiens, les Birmans, les Alalais, les Persans, les Japonais, lesChinois, même les Géorgiens et les habitants de la Boukharie, héritiers du faste del’antiquité asiatique , ont ôté et sont restés nos maîtres.
Plusieurs de ces moyens de décoration qui emploient d’une manière particulière lagravure et la ciselure comme procédés, sont restés spéciaux à la décoration des armes,ce sont : la damasquine, l’incrustation rasée et l'incrustation en relief. Nous parleronsici des effets obtenus par ces mélanges de l’or et de l’acier.
Damasquine.— Le métal à damasquiner est haché finement dans les parties à décorer,et l’or refoulé sur ces parties chauffées y adhère très-fortement. C'est de Damas etsurtout de l’Inde que nous viennent les pièces les plus remarquables. Cet art a étéimporté en Europe vers le xvi c siècle.
Incrustation rasée. —L’incrustation rasée est analogue à celle pratiquée dansl’ébénisterie. Le dessin gravé en creux profondément est rempli d’un fil d’or, qu’on ycomprime fortement, puis la surface est polie. L’incrustation des métaux précieux