•230
AHT INDUSTRIEL.
blesse un peu guindée, couleurs éclatantes, etc., telles sont les tendances de toutes sesœuvres, qui étaient bien plus estimées à la cour que celles du Poussin, ouvrages pro-fonds par leur haute philosophie, mais sévères de style et de ton ; d'ailleurs Poussinvécut presque constamment à Home. Les autres peintres, leurs contemporains, sansmême en excepter Lesueur, 11e paraissent pas avoir eu d'influence sérieuse sur lemouvement industriel de l'époque.
Louis XA’. — Sous Louis XV , la peinture change tout à fait de caractère et se modifieaussi profondément que les mœurs. Yanloo, Bouclier, Watteau , etc., avec leurs petitesscènes familières ou imaginaires et leurs bergeries, furent les complices d’une époquequi 11e connaissait plus ni l’idéal, ni le grandiose, mais concevait seulement la grâceet la volupté. A leur suite se fit jour un commencement de réaction favorable au côtémoral de la peinture. Chardin et Greuze préparèrent le développement du genreintime dans sa plus saine acception.
XIX e siècle. — Au commencement du siècle, David, avec une grande force de volontéet un talent supérieur, mit à néant les restes de la tradition de l’époque de Louis XX 7et Louis XA'I, et remit en honneur la pureté classique en soumettant l’étude du mo-dèle vivant aux exigences de formes et de style de la plastique antique. Il est constantaujourd’hui qu’il outra un mouvement heureux en soi. Dominé exclusivement parl’absolutisme de ses principes révolutionnaires (qu’il avait conservés seulement enpeinture), laissant de côté toute tradition nationale, il exagéra l’étude du nu jusqu’àvouloir faire de la sculpture avec le pinceau, sans laisser une part sullisante au charmedu coloris.
Enfin parmi les grands peintres vivants, ou dont le souvenir est encore trop présentà toutes les mémoires pour que nous nous permettions de les juger dans ce travail,tels que Proud’hon, Géricault , Gros, etc., 011 doit citer :
En France. — MM. Ingres , le maître illustre qui rappelle dans ses œuvres la beauté',la précision raphaëlesques ; — Ary Schelfer,le peintre de l’idée, de l’aspiration rêveuseet doucement mélancolique;—Yernet, Delaroche, etc., dont les œuvres sont tou-jours accueillies avec bonheur par un public qui sait les apprécier à des titres biendifférents: le premier pour sa verve toujours jeune et l’élan de son pinceau, le secondpour un goût exquis d’arrangement; — Delacroix , coloriste puissant, qui semble né-gliger systématiquement le dessin ;—Decamps, dont la palette est si étonnante d’accen tet de vigueur ; — Meissonnier, l’intelligent traducteur de la peinture hollandaise, etc...
En Allemagne . —Overbeek, le restaurateur de la peinture catholique, qui rappelleles pieux arehaïstes de la renaissance par la pureté naïve des contours et la pensée;religieuse à laquelle tout est sacrifié dans ses mystiques compositions; l’école de Mu-nich et celle de Dusseldorf, représentées par MM. Cornélius et Kaulbach , etc., écolesqui 11e sacrifient pas autant à l’effet des couleurs que les maîtres italiens, et peut-être'pas assez en ce qu’elles semblent mettre trop de recherche de pensée dans leurs œuvres..
En Angleterre. — Depuis Reynolds et Lawrence, deux admirables peintres de por-traits qui rappelaient Yan Dyck et son éclatant coloris, les œuvres les plus remar-quables chez cette nation sont celles des peintres réalistes, qui donnent une place très-grande aux représentations des détails de la nature. Il y a parmi eux assez de talents;pour constituer une école qui, quoi qu’on en dise, pourra amener les productions;peintes de l’industrie anglaise à un liant degré de perfection.