XXXII
INTRODUCTION.
culcs de la matière a des dislances infinimentpetites, est rendue sensible par la ténacité descorps solides, par la résistance qu’ils opposentà la rupture.
I.a mesure de la ténacité est fort importantepour les arts industriels, et constitue la part Utplus importante de l’étude d’un corps solide aupoint de vue de l’usage qu’on en peut faire.
Elasticité — Lorsque la force mécanique ap-pliquée à exercer une traction sur un corps estinsuffisante pour produire aucune rupture entreles molécules, le corps reprend son étal primitiflorsque la force cesse d’agir. C'est ce qu’on ap-pelle l’élasticité des corps, propriété si fréquem-ment employée dans les arts et qui varie avec lemode de constitution moléculaire des corps.
Ductilité — Malléabilité. — Lorsque la forcequi agit sur le corps agit par compression, tantôtle corps est réduit en poussière, tantôt les molé-cules, lorsqu’il est duclibleou malléable; dépla-cées par un tllbrl de traction, restent adhérentesentre elles, et le corps peut s’étirer en lils à lafilière, ou s’étendre en plaques sous l’action dulaminoir.
Dureté. — Un corps est plus dur qu’un autrelorsqu’élant frottés l’un sur l’autre, le premierraye ou entame le second sans en être lui-mêmeaussi profondément attaqué. En faisant agir ainsitous les corps l’un sur l'autre, on parviendraità les ranger suivant l’ordre leur dureté; ruaiscet ordre ne convienrdait qu’aux corps placésdans les conditions de l’examen, la constitutiond’un corps et sa dureté pouvant être modifiéespar la chaleur, la trempe
Cristallisabilité. — C’est la propriété des mo-lécules des corps de s’orienter, de se disposer demanière a fournir des formes déterminées pourles corps placés dans des conditions convenables.
Les résultats de la cristallographie nous con-duisent à des notions intéressantes sur la consti-tution intime des corps.
Si l’on divise un cristal en parties aussi ténuesque possible, par les moyens mécaniques, on re-connaît, a l’aide du microscope, que ces partiessont de petits cristaux semblables au gros cristalprimitif, ce qui conduit à admettre la seule ma-nière dont nous puissions concevoir un peu clai-rement la formation d’un cristal : que les molé-cules premières qui s’orientent dans le liquide,sous l'influence de forces qui s’exercent par leurspôles, sont de même forme que le cristal.
C’est celte molécule primitive, inaltérable tantque la nature du corps ne change pas, qui exerceles actions dites forces d’attraction, de cohésion,qui se meut, s’écarte des molécules voisinessous l’influence de la force répulsive dont nousreconnaîtrons la cause dans la chaleur.
Nous verrons bientôt comment les résultats dela chimie conduisent à modifier cette conceptionou plutôt la complètent, en forçant à considérer
celte molécule comme un groupe d’atomes chi-miques, disposés suivant une forme géométriquedéterminée, qui varie même quelquefois pourun même corps dans les cas d’isomérisme.
Liquides.
Ce qui constitue les liquides, c’est l’absencede cohésion entre les molécules qui les compo-sent. Le liquide parfait serait celui dont les mo-lécules n’opposeraient au mouvement d’autrerésistance que celle de leur propre inertie. Ledéfaut de mobilité complète, qui persiste en gé-néral dans les liquides, s’appelle la viscosité.
Par les divers degrés de développement que laviscosité lient atteindre elle fait apparaître, entrel’état solide et l’état liquide, tous les degrés in-termédiaires possibles.
L’étude des lois du mouvement des liquides etde celles qui président il leur équilibre se rat-tache théoriquement à la mécanique rationnelleet a reçu le nom d’hydrostatique et d’hydro-dy-namique. Ce sont surtout des résultats d’expé-riences qui remplacent dans la pratique cettepartie, peu avancée de la théorie.
Egalité de pression. — La loi fondamentale del’équilibre des liquides est celle de l’égalité depression en tous sens, c’est-h-dire qu’un liquidetransmet sans altération à toutes ses parties iinepression exercée sur une portion quelconque desa surface.
Compressibilité des liquides. — La compressi-bilité des liquides est extrêmement minime, eton peut, sans inconvénient, les considérer dansles applications comme incompressibles. Dansles expériences les plus précises on a trouvé eufraction du volume primitif, pour une pressiond’une atmosphère, 0,00001!) pour l’eau, 0,000003pour le mercure, 0,000001 pour l’alcool, 0,000126pour l’éllier.
Capillarité. — Lorsqu’un corps solide est ré-duit en un tube d’un diamètre moindre qu’unmillimètre, et qu’on en plonge l’extrémité dansun liquide, on observe que le niveau intérieur semaintient au-dessus ou au-dessous du niveauextérieur, selon que le liquide mouille ou nemouille pas la substance du tube.
Ces phénomènes s’expliquent par la compa-raison des attractions que le corps solide exercesur le liquide, et celles que les molécules li-quides exercent les unes sur les autres. Ilsjouent un rôle extrêmement important dans lesarts et surtout dans la biologie. Ce sont eux quifavorisent l’absorption et la circulation dans lesplantes. On le comprendra facilement d’après laloi démontrée par l'expérience, que les éléva-tions du liquide dans un tube capillaire sont enraison inverse des diamètres, et en observantcombien sont petits les diamètres des canauxcellulaires dus plantes, des pores des tissus ani-maux.