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ARTS ET MANUFACTURES.

A

ABATTOIR. Etablissement dans lequel on force lesbouchers à venir tuer et préparer les animaux destinésà la vente. Avant la création des abattoirs à Paris ,chaque boucher avait sa tuerie particulière, ce qui étaitune cause permanente daccidents, par suite du fréquentpassage des animaux, et dinfection pour les alentours,par la rapide putréfaction des débris. Créé surtout dansdes vues de police municipale, ce genre détablissements,qui sest répandu dans la plupart des grandes villes deFrance , a encore présenté de très grands avantages aupoint de vue industriel, surtout en permettant de tirerun parti très avantageux de résidus autrefois perdus.Ainsi le sang quon laissait autrefois couler dans lesruisseaux est aujourdhui recueilli avec soin pour la cla-rification des sucres, dans les raffineries. Les fondoirs desuifs ont pu être munis des appareils les plus économi-ques. Aussi, tandis que ladministration pouvait sap-plaudir davoir débarrassé la ville de Paris de foyersdinfection, et de les avoir remplacés par de grands etvastes ateliers bien aérés, une distribution abon-dante deau entretient une grande propreté; de pouvoirsurveiller, dans lintérêt de lhygiène publique, la qua-lité des viandes livrées au commerce, et faire rejetercelles provenant danimaux malades; lindustrie sestfélicitée de cette grande association réalisée sous linÜucnce du gouvernement. Elle y a trouvé tous les avan-tages résultant de la mise en valeur de% résidus, et enmême temps tous ceux provenant dune bonne divisiondu travail. Au lieu dêtre forcé de faire par lui-mêmetoute la préparation de ses viandes, chaque bouclier apu, pour un droit modique, Taire exécuter telle partiede son travail à son choix, par des hommes expéri-mentés , ne faisant habituellement quune même opé-ration.

Les abattoirs de Paris offrent dexcellents modèlesaux ingénieurs qui peuvent être chargés de la création |détablissements de ce genre. On y a disposé avec soinles diverses parties dont se compose labattoir, étables,échaudoirs, fonderies, etc., dans lordre le plus conve-nable au travail. Ce quon peut faire de mieux est deuimiter les dispositions, en y faisant quelques légèresaméliorations dont Lexpérience a démontré la nécessité.

M. Bruyère, ingénieur des ponts et chaussées, auquelrevient pour la majeure partie lhonneur de ces con-structions, en a publié des plans très détaillés dans sesEtudes relatives à lart des constructions, Paris , 1823,ouvrage à consulter par les personnes chargées de con-structions dun intérêt général, comme halles, mar-chés, etc., etc.

Aii.vTTOin de chevaux. Si les établissements dontnous venons de parler présentent de grands avantagespour labattage des animaux destinés à lalimentationdes villes, ils sont peut-être encore plus nécessaires

quand il sagit des chevaux morts ou impropres nu service, dont les dépouilles ont bien moins de valeur. Aussion doit considérer comme une innovation très impor-tante la construction dun abattoir de chevaux établidepuis très peu dannées près de Paris .

Lécarrissage des chevaux sest fait pendant plusieurssiècles dans lintérieur de la capitale ; plus tard le3 éma-nations putrides, bien autrement incommodes que cellesdes boucheries, que développaient ces établissements,les firent rejeter hors de la ville. Jusquà ces dernièresannées, lécarrisscur ne tirait que très peu de chose deschevaux abattus; la peau destinée au tannage, la graisse,les crins, quelques boyaux, et une partie de la chairservant à la nourriture des chiens et même secrètementà celle des habitués de quelques gargotes des barrières,étaient les seules parties utilisées ; tous les autres débrisdes animaux morts, entassés pêle-mêle, soumis à uneputréfaction incessante, devenaient des foyers dinfec-tion pour les environs et même pour les quartiers lesplus riches de la capitale. On peut se faire une idée detous les abus et de tous les inconvénients qui résultaientdun semblable état- de choses, lorsquon saura quannéecommune, Paris et les environs envoient à labattoir 12à 13,000 chevaux.

Au point de vue de la police municipale et de la sa-lubrité publique, létablissement dun abattoir de che-vaux a donc réalisé une amélioration dune haute im-portance ; mais au point de vue industriel les avantagesobtenus sont bien autrement considérables; la réuniondes écarrissagcs a permis de tirer un grand parti detous les débris des chevaux, et une fabrique sest élevéeà coté do labattoir pour transformer ces détritus enproduits dune assez grande valeur. Le sang recueilliavec soin dans des rigoles cimentées est transformé enun engrais énergique; la chair musculaire, desséchée etréduite en poudre , trouve son application dans les fa-briques de produits chimiques; sous cette forme elleconstitue également un puissant engrais facile à trans-porter au loin ; une porcherie adjointe à létablissementtrouve une nourriture abondante dans la chair cuite.Les os que lon brûlait autrefois sont recherchés au-jourd'hui par les fabricants de colle-forte et de noiranimal; la peau, la graisse, les crins, etc., etc., re-cueillis et préparés avec plus de soin, ont augmenté dovaleur ; enfin les intestins et quelques autres débris peu-vent être transformés en peu de temps et sans incom-modité pour le voisinage en un ongrais excellent. Enrésumé, léearrissage, qui était autrefois un sujet con-tinuel de réclamations et dinconvénients, est devenuune source de richesse pour lindustrie et surtout pourlagriculture.

Nous ne parlerons pas ici des opérations qui sc succè-dent dans labattage des chevaux, ces détails trouveront

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