DÉPILATOIRE.
DEPLACEMENT.
parations arsenicales. La plus employée de ces prépa-rations est connue sous le nom de rusma oriental , etpossède une action dépilatoire très efticace. Cadet-Gassicourt a donné, dans le Dictionnaire des sciencesmédicales, la recette suivante pour la préparer:
On môle quatre parties de chaux vive avec une par-tie d'orpiment ou de réalgar , et on fait bouillir le mé-lange dans deux parties d’une dissolution concentréede potasse. La préparation est terminée lorsqu’en ytrempant une plume la barbe s’en détache aussitôt.
Lorsque l’on veut se servir du rusma, on l’appliqueavec précaution sur la peau par friction, et on laveimmédiatement après la place avec de l’eau chaude. Ilne faut employer ce caustique si puissant qu’avec unegrande circonspection, et même l’étendre d’eau, pourqu’il n’ait qu’au plus juste la force nécessaire.
On fait quelquefois un savon, en chauffant ensembledu rusma et du suif ou de la graisse fondue; on obtientainsi une pommade qui a une grande vertu dépilatoire.Au lieu des proportions indiquées plus haut, on peutse servir d’autres rapports, tels que : 1 partie d’or-piment avec 8 p. de chaux vive ; 2 p. avec 12 p. ; 3 p.avec 15 p.; le dernier mélange est le plus actif, et ontempère son action en y ajoutant 1/8 p. d’amidon oude farine de riz. On forme ainsi une pâte molle, qui,étendue quelques minutes sur une partie chevelue, em-porte ensuite les cheveux avec elle.
Il ne faut employer le rusma que pour épiler unefaible partie de la peau à la fois, car non seulementsou actiou détruit la racine des cheveux, mais, tropprolongée, elle pourrait encore ronger la peau.
Bœttger a découvert dernièrement que le sulfure decalcium était une substance dépilatoire très active etpeu dangereuse, dont l’emploi peut devenir très utiledans le tannage des peaux. On sature de gaz hydro-gène sulfuré un lait de chaux, et on verse le liquidesur la peau. En moins de 2 heures, une peau de veautraitée ainsi est complètement dépilée, sans que l’épi-derme ait été le moins du mondo attaqué.
DÉPLACEMENT (Méthode de). La dissolution descorps solides dans les liquides, et principalement dansl’eau, est un des procédés les plus fréquemment em-ployés pour la séparation des substances différemmentsolubles ou insolubles ; et le principe fondamental del’épuration de ces premières substances. Mais commeen résultat définitif le but est toujours d’obtenir le corpssoluble lui-même, généralement par une cristallisation(voyez ce mot), il faudra évaporer l’eau qui a servi à ladissolution. On voit donc que les conditions à remplirpar le système qui sera suivi pour opérer la dissolutionseront :
1“ D’obtenir la dissolution la plus concentrée qu’ilsoit possible d’obtenir;
2° D’épuiser parfaitement les matériaux renfermantle corps soluble;
3 U D’opérer, sans frais accessoires de chauffage,pression, etc. Toutes ces conditions sont parfaitementremplies par la méthode dite de déplacement, dont lapremière application raisonnée a été faite au procédéd’extraction à peu de frais du salpêtre des matériaux dedémolition, qui en renferment des quantités minimes.
1° Obtenir la dissolution la plus concentrée qu’ilsoit possible d’obtenir.
Soit 1 la quantitéd’eaud’imbibition,cclleque retien-dront les matériaux inertes que l’on rejetera, ou dijàcontenue dans ceux-ci comme dans le cas de la bette-rave. Supposons cette quantité suffisante pour dissoudretoute la substance soluble (tout ce que nous allons direest vrai indépendamment de la proportion d’eau néces-saireàcet effet, que nousdéterminonsici poursimpliffer.)Si on met en contact les matières avec une autre quantité1 d’eau, celle-ci qui peut s’écouler devra contenir endissolution 0,5 des matières solubles. Mise en contact
avec de nouveaux matériaux, non encore lavés, elledevra contenir 0,75 ou 3/4. Les matériaux contenant1 plus 0,5, l’eau emportant toujours moitié, et ainsisuccessivement 0,5, 0,75, 0,875, 0,9375. Par quatreopérations seulement, on obtiendra ainsi un liquideaussi chargé, à 1/16 près, de la substance soluble queles matériaux renferment.
Il est clair qu’en opérant de la sorte les quantités desubstances solubles abandonnées dans les matériauxlessivés croissent en proportion inverse de la quantitéqu’on eulève à chaque opération, c’est-à-dire 1/2, 3/4,7/8,15/16, et que, par suite, on ne satisfait nullementà la seconde condition.
2° Epuiser complètement les matériaux renfermantla substance soluble.
Si, au lieu d’opérer comme nous l’avons fait précé-demment, on traite successivement la même quantitéde matériaux par des volumes égaux d’eau pure, laproportion de substances solubles qu’ils renferment dé-croîtra seulement en proportion géométrique assez ra-pide qui sera 1/2, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32, etc. On voitqu’on arrivera facilement à épuiser ainsi les matériaux,mais en rendant très considérables les quantités d’eauà évaporer. C’est la combinaison de ces deux méthodesqui constitue la méthode de déplacement, et qui per-met d’éviter les inconvénients des deux procédés en enréunissant les avantages.
Elle consiste à ajouter une nouvelle quantité d’eau àchaque opération, mais en faisant agir celle-ci sur desmatériaux presque épuisés, à la reprendre pour la faireagir sur des matériaux plus riches, et de proche enproche, à ne mettre jamais en contact que des solutionsdéjà chargées avec des matériaux riches, et des solu-tions peu concentrées avec des matériaux presque épui-sés. Il est clair qu’on obtient ainsi les avantages desdeux méthodes que nous avons décrit plus haut en évi-tant leurs inconvénients.
C’est ainsi, par exemple, qu’on opère pour le salpêtre.Les platras étant déposés dans des tonneaux, on versede l’eau pure dans celui contenant des platras déjà la-vés 2 fois ; de là l’eau repasse sur des platras lavés unefois, puis enfin sur des platras non lavés.
Soient 200 décimètres cubes déplâtras renfermant4/100 ou 8 kilogr. de salpêtre; lavés avec 100 kilogr.d’eau, ils laisseront écouler 50 kilogr. d’eau (50 kilogr.étant retenus par imbibition), la première eau renfer-merai kilogr.de nitre; parun second lavage de5ü kilogr.d'eau, on en retirera50 kilogr. d’eau renfermant2 kilogr.de nitre.
Si on repasse ces 100 kilogr. sur une égale quan-tité de platras neufs, le tout renfermera 8 -f- 4 -f- 214 kilogr de salpêtre; la moitiéde l’eau s’écoulant en-traînera donc 7 kilogr. de nitre, qui pourra être obtenuavec de bien moindres frais d'évaporation.
Le tableau placé àla fin de cet article (voir cbaprès),et extrait de l'instruction publiée par le comité con-sultatif des poudres et salpêtres', fera bien saisir lamarche d’une semblable opération, qu’il indique suf-fisamment, et fera parfaitement sentir comment onparvient en même temps à charger beaucoup les li-queurs, pour diminuer autant que possible les dépense»d’évaporation, et a épuiser parfaitement les matériaux,en les mettant en contact à rtesure qu’ils s’appauvris-sent avec des eaux de moins en moins chargées.
Par 4 lavages on obtiendra ainsi successivement l’a-vantage
I 6 De n’évaporer que des liquides marquant anmoins 14°.
2° De ne jamais rejeter des matériaux que quand ilsne font plus guère marquer a l’eau que 1 /2 degré, c'est-à-dire ne retiennent que 1/200* de matières solubles, etmême moins, en augmentant le nombre des lavages.
M. Dombasle a appliqué cette méthode à l’cxtrao-