DORURE.
DORURE.
paru les ouvriers doreurs, qui respirant ce métal partous les pores ne tardent pas à eu éprouver les terribleseffets, quand on ne prend pas des précautions ««Mi-santes pour les soustraire à l’action pernicieuse de cepoison. L’influence du mercure sur les ouvriers doreurscompromet gravement leur santé, et expose quelque-fois leur vie; elle se manifeste, soit par un tremble-ment nerveux qui va jusqu'à les empêcher de porteriesaliments à la bouche, soit par la perte de la mémoire,une difficulté extrême de s’exprimer, et la paralysie dela langue.
Un art aussi insalubre a attiré depuis longtemps l’at-tention des hommes qui ont à cœur l’amélioration dusort des ouvriers. L’Académie des sciences de Paris acouronné, en 1783, un mémoire de 11.-A. Gosse, deGenève , qui s’était appliqué à augmenter le tirant descheminées pourentraîner plus vite et plus complètementles émanations mercurielles. En 1818, un prix de3,000 francs, fondé par un ancien fabricant de bronze,M. Ravrio , a été décerné par la même Académie àM. D’Arcet, qui a fait un travail complet sur l’art de ladorure, et lui a appliqué un système de ventilationdont tout le monde s’accorde à vanter les heureuxeffets.
Nous allons donner la description du fourneau d’ap-pel que M. D’Arcet a fait construire dans un grandnombre d’ateliers, mais que tous les maîtres doreursn’ont pas l'humanité de faire établir, tant il est encorevrai que, dans notre société, la santé de l’ouvrier n’estpoint mise en balance avec le faible revenu d’un petitcapital enfoui dans un appareil préservatif.
Les fig. 674 et 675 représentent l’élévation et le pland’une forge complète à dorer.
C, cheminée de communication entre la forge à re-cuire B et l’espace 1) placé au-dessous de cette forge, oùl’on pratique le décapage et le dérochage, dont les va-peurs acides sont ainsi entraînées.
U, baquet de décapage.
A, forge à passer l’amalgame sur les pièces.
R, tablette à brosser.
E, E, charbonnier.
O, forge à passer au mat.
G, fourneau pour la même opération.
M, ouverture pratiquée au bas de la cheminée d’ap-pel, ordinairement fermée par un tampon, mais par la-quelle, en ôtant le tampon, on fait partir les vapeursacides données par la dissolution mercuriclie en y pla-çant le col du matras où cette dissolution se prépare,ainsi que les vapeurs mercurielles de la préparation del’amalgame en plaçant au-dessous de l’ouverture lecreuset où elle se fait.
I, tonneau dans lequel on plonge les pièces doréesmises au mat ; les v-upeurs qui s’en dégagent s'échappentpar la cheminée générale.
J, J, châssis garnis de vitres, et à coulisses verti-cales, rétrécissant l’ouverture des atres, permettant à1 ouvrier de voir facilement sous le foyer, et le mettantà l’abri des émanations nuisibles.
II, II, rideaux de cotonnade qui peuvent se fermerà volonté, eu tout ou en partie, pour une ou plusieursdes forges, et qui servent a augmenter le tirage.
Q, ouverture pratiquée dans le fourneau d’appel, etqui sert à chauffer le poêlon à mater.
Il n’est pas besoin d’ajouter que les différentes forgesindiquées sont alimentées par des souffleries conve-nables.
P, fourneau d’appel, servant en même temps à chauf-fer le poêlon à mater.
F, cendrier de ce fourneau
N, T, cheminée du même fourneau, construite enbriques jusqu’au rétrécissement de la grande cheminéeS de la forge, et terminée par un tuyau de tôle s’éle-vant de 2 ou 3 mètres au-dessus de. ce rétrécissement.
B, forge à recuire les bronzes, à sécher les pièces do-rées, et a pratiquer les diverses opérations qu’il peutêtre nuisible de faire à l’air libre.
4" Mise on roulour. Nous comprenons sous cetitre les opérations variées qui s’effectuent aprèsla dorure proprement dite, pour donner aux piè-ces les divers aspects réclamés par le commerce.
Quand on veut que la surface dorée soit parfai-tement lisse et ait l’éclat et le brillant métalli-ques, on la brunit, c’est-à-dire qu’on la frottefortement avec le brunissoir, instrument qui estordinairement une dent de loun ou de chien, etplus souvent de l’hématite, appelée vulgairementsanguine, emmanchée dans du bois. La brunis-seuse trempe l’instrument dans de l’eau vinai-grée, et frotte jusqu’à ce que l’éclat convenablesoit atteint. On lave alors dans l'eau froide, onessuie avec un linge fin, et on sèche lentementsur un feu très doux.
On obtient des effets très heureux en mélan-geant le brillant au mat ; on orne ainsi les bron-zes de dessins fort recherchés. Pour mater l’orappliqué sur les bronzes, il faut simplement lecouscrver avec les nombreuses aspérités que leprocédé de dorure a créées. Le mercure en suvolatilisant a laissé sur le bronze non pas unecouche continue, mais une espèce de crible dontle brunissoir bouche les trous en les comblantpar les aspérités. L’épargne étendue sur les par -ties réservées a donc résolu le problème. 11s’agit seulement d’enlever Pépargne sans em-ployer le grattoir qui brunirait. Pour cela, onchauffe la pièce au point de carboniser l’épar-gne, puis on recouvre les parties épargnées, ayantalors une belle couleur d’or, avec un mélange de10 parties de sel marin, 25 parties de nitrate de po-tasse, et 35 parties d’alun, fondu dans Peau de cristal-lisation do ce dernier sel. La pièce est remise aufeu, et chauffée jusqu’à ce que la couche saline qui lacouvre devienne homogène, transparente, et se fonde.Elle est alors retirée du feu et plongée subitement dansPeau froide, qui détache la couche saline et l’épargne.La pièce est entin passée dans de l’acide nitrique faible,