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DORURE.

DORURE.

régale, et on précipite la dissolution par le sel ammo-niac. 11 se précipite un sel jaune composé de sel ammo-niac 24,1, bi-chlorure de platine 75,9 et qui contient44,32 de platine pour 10U. On met le précipité dansun creuset de terre et on lexpose à une températureincandescente. 11 se dégage de lazote, de lacide hydro-chlorique et du sel ammoniac, et il reste du platine enéponge très pur. Quand toutes lc3 vapeurs ont cessé dese dégager, on arrête le feu, et on retire du creuset lamasse spongieuse, quon broie très facilement.

2° Leplatine eu coquilles se prépare exactementcomme lor; il offre un brillant métallique assez vif etinaltérable.

3° Le lustre de platine se compose simplement dunedissolution concentrée de chlorure de platine mêlée avecde lessence de lavande.

II. A pplication des métaux. Lor et le platine, mis enornements ou en fond sur les poteries doivent y êtrefixés par laction du feu, mais cette action ne suivraitpas pour les faire adhérer sur les poteries dont les gla-çures sont terreuses, comme la porcelaine dure, quel-ques grès, etc., parce que ces glaçures ne se ramollis-sent pas à la température convenable à la cuisson desmétaux. On ajoute un fondant qui sert de lien entre lemétal et la poterie.

Le fondant le plus convenable est loxyde de bismuthprécipité par leau de sa dissolution dans lacide nitri-que. Il ne faut pas employer pour cette précipitation lecarbonate de potasse, comme on le fait quelquefois :les oxydes de nickel et de cuivre que contient souventle bismuth métallique se précipitent alors aussi ; la pré-sence de quelques millièmes de cuivre empêche lor dedonner un beau mat. On ajoute à loxyde de bismuth1/12 de borax fondu. On se sert de 4/10 à t /1 o de cefondant pour 1 dor; on y ajoute un peu de borax poul-ie platine et 4/10 pour largent.

A Paris , on se sert aussi pour fondant dun simplemélange de carbonate de plomb et de borax, ou dacideborique ; quelques doreurs nemploient même que ducarbonate de plomb.

Lémail ou le vernis des poteries à couvertes plom-bifères, telles que les faïences grossières, les faïencesfines, les porcelaines tendres, etc., est un fondant suffi-sant pour les métaux quon y place.

On nemploie pas de fondant pour les lustres.

Pour que les métaux puissent être employés au pin-ceau, il faut quils soient, après laddition du fondant,délayés et broyés dans un véhicule visqueux, qui est,suivant les circonstances, ou de lessence de térében-thine mêlée dessence grasse, ou de leau fortementgommée. Le broyage se fait sur une glace. On doit avoirbien soin de ne pas agréger les molécules, et de ne pasrégénérer de paillettes dor sous la molette.

Pour rendre lor plus coulant, on y ajoute un peu denoir de fumée. Cette addition est indispensable quandon dore sur le vert de chrome au grand feu, pourquon puisse voir, avec moins de difficulté, les traitsque lon fait.

Les peintres doreurs se servent de pinceaux de blai-reau ou de martre à poils fins et longs, quon peut ma-nier sans une grande habileté pour faire des contoursfins et déliés.

Lorsque la dorure est terminée, on cuit la pièce à lamoufle ; il faut une température un peu supérieure àcelle qui est nécessaire pour la cuisson des couleursordinaires les plus dures. Aussi on doit, dans une bonnefabrication, cuirela dorure avant même lébauche dau-cune peinture.

Linconvénient des dorures est dêtre chères lors-quelles sont assez solides, à cause du combustible né-cessaire pour la cuisson. Quand on cuit faiblement, etquen outre à cette première économie on ajoute cellede l'or, quon réduit en y mêlant de largent ou en le

mettant très mince, ce qui se fait par Remploi de lorau mercure et par laddition du noir de fumée, on ob-tient des dorures brillantes au sortir de latelier, maisqui nont presque pas de durée à lusage. M. Rousseauvient de trouver un procédé qui permet de mettre trèspeu dor sur le bord des assiettes, des tasses, etc., etcependant de lui donner une très longue durée.M. Rousseau a garanti sa propriété par un brevet din-vention.

Au lieu dappliquer lor au pinceau, on lappliqueaussi par impression. On grave de préférence sur desplanches dacier. On emploie une huile dimpressionquon prépare avec de lhuile de lin chauffée jusqu'àsenflammer, puis refroidie et chauffée de nouveau, detelle sorte quelle absorbe du noir de fumée. On broiesur une glace cette huile avec de lor dissous, portantson quinzième de fondant, et mélangé dun tiers denoir de fumée. On charge la planche avec lcncre ainsiobtenue, et ensuite on tire.

On effectue le tirage de trois manières, sur papier etglaçure, sur papier et biscuit, sur gélatine.

Le premier tirage a pour but dimprimer sur lapoterie déjà revêtue de sa couverte ; on tire sur papierjoseph humecté convenablement; on enduit la glaçureavec une mixture composée dessence de térébenthineet dun douzième de vernis de copal, et on fait sécherà létuve; on prend alors le papier qui porte lépreuvede la planche, et dont on a enlevé leau en excès, enle faisant égoutter sur une plaque de porcelaine dé-gourdie, et on lapplique sur la pièce, de manière quele dessin soit à la place qui lui convient; on décalquela gravure, en appuyant sur le papier avec un tamponde feutre ou un petit rouleau ; le papier senlève avecfacilité. Il faut ensuite ajouter de l'or aux empreintesqui, après le passage au feu de moufle, ne donneraientque des traits ou surfaces maigres et grenus. On metdans un petit caisson de papier à lettre, de lor en pou-dre très fine et très sèche, contenant seulement 3 pour100 de fondant et broyée à leau seulement; pendantque limpression est encore visqueuse , on prend dansce petit caisson, avec un pinceau fin, un peu de lapoudre dor, et on passe ce pinceau sur toutes lesimpressions qui, par leur viscosité, retiennent lorAvec un blaireau fin, on repasse ensuite pour enleverlor non adhérent : on cuit enfin à la moufle et ondonne le bruni.

Limpression sur papier et biscuit se fait en tirant,comme précédemment, mais sur du papier ayant unetelle ténacité quon puisse difficilement le déchirer, etqui, tordu comme une corde, en acquiert la force. Onne sait bien le faire quen Angleterre. On décalque surle biscuit des faïences fines et de la porcelaine tendre,sans aucune préparation, en appliquant la gravure ; lepapier ne senlève que pur un long séjour dans leau.On saupoudre dor et on cuit, afin de chasser toutela matière grasse avant de mettre en émail ou envernis.

Limpression à la gélatine se fait en tirant sur papier etdécalquant sur une feuille de gélatine, ou en tirant di-rectement sur gélatine. Ensuite, on applique la feuillede gélatine sur la poterie, le dessin qui est à lhuilese fixe complètement et très nettement. On enlève laplaque de gélatine, et on saupoudre dor.

III. Brunissage. Lor posé au pinceau à létat métal-lique est mat après la cuisson. Quand on veut quele mat entre dans lornementation, on le polit seu-lement par partie, ce quon appelle brunir à leffet. Sil'or doit être brillant, on le brunit à plat, en le frot-tant fortement et régulièrement, dabord pour dégros-sir avec des brunissoirs en agate, et pour termineravec des brunissoirs en sanguine.

Quand le brunissage est effectué, on pettoie Loi