EAUX GAZEUSES.
caniqucs : l’une est à engrenage semblable à celui ducric, et avec lequel on chasse le bouchon clans la bou-teille ; l’autre est celle qu’on voit représentée dans laîig. 685. Le levier est chassé à l’aide d’un parallélo-gramme. Ce système a pour avantage de moins casserles bouteilles que le mouvement saccadé et brusque del’engrenage.
C’est M. Vicleazal qui, le premier, a fait l’applica-tion de ce système.
On comprendra que l’embouteillage des eaux ga-zeuses n’est pas Fans danger à cause de la casse desbouteilles dont les fragments de verre sont divisés enlames aiguës et tranchantes, et pourraient blesser sion ne prenait les précautions nécessaires pour s’en ga-rantir; aussi les machines à boucher sont-elles muniesd’un masque en métal.
C’est dans le but de remédier à ces inconvénients,et aussi pour rendre l’embouteillage plus facile queM. Savarcsse a imaginé l’usage de ses vases syphoïdes,dont nous ferons dès à présent la description, puis-qu’ils se rattachent à la fabrication des eaux gazeuses.
Il est inutile de s’étendre sur les inconvénients quirésultent de l’usage des bouteilles de verre pour le dé-bit des liquides gazeux, car chacun a appris, par sapropre expérience, qu’au moment où l’on débouche unebouteille d’eau de Seltz, une partie en est rejetée parl’expansion du gaz, et le reste du liquide a bientôt perdutoute sa force; les vases syphoïdes, comme nous l’a-vons dit, ont remédié à ces inconvénients; mais, il fautle dire, ils sont d’un prix assez élevé, et demandent dusoin pour leur entretien.
Le mécanisme de ces vases est du reste facile à com-prendre.
Un cruchon en grès, très résistant, verni en dedanset en dehors, se trouve muni d’une tubulure à sa partiesupérieure, à laquelle on adapte un appareil de ferme-ture permanente, en étain, qui porte un tube plon-geur, qui descend jusqu’au fond du vase, un levier ouune clef à vis sert d'obturateur pour maintenir le li-quide; ce vase se remplit en le présentant à un robinetdisposé à cet effet et communiquant au cylindre satu-rateur; une issue a été ménagée pour laisser échapperl’air contenu dans le vase au fur et à mesure qu’il seremplit, et
lorsqu’onveut en ob-tenir du li-quideil suffit
d’appuyersur le levierou de tour-ner un peula vis ; le li-quide s’é-chappe, o-blige de fuirpar la pres-sion qu’exer-ce le gaz à sasurface, levase étantfermé le res-tant du li-quide con-serve sa for-ce. L’emploi
des bou-chons et desficelles satrouve remplacé à per-pétuité par l’appareil de fermeture permanente.
Ces vases restent toujours la propriété de l'établisse-
ment qui les reprend vides pour les remplir de nou-veau; on peut faire dans ces vases comme dans lesbouteilles de verre, des limonades gazeuses ou toutautres boissons édulcorées ; il sufîit pour cela d’y intro-duire le sirop préparé à l’avance comme cela se fait al’égard des limonades ou orangeades, etc., etc.
Ces vases sont représentés dans les figures 686 et687.
Nous indiquerons ici la manière de faire le siroppour les limonades, comme étant indispensable à la fa-brication des liquides gazeux.
Les limonades gazeuses se préparent avec l’eau sa-turée d’acide carbonique.
On prépare le sirop en faisant fondre ensemble deuxparties de sucre et une partie d’eau en poids qu’on faitbouillir, environ un quart d’heure, en ayant soin d'écu-mer et de filtrer à chaud, puis on fait fondre séparé-ment de l’acide citrique ou tartrique dans quatre foisson poids d’eau chaude ; lorsque la solution est com-plète on la verse dans le sirop qu’on agite, afin d’enopérer le mélange ; la quantité d’acide citrique qu’onemploie pour chaque livre de sucre est de 5 grammes;lorsqu’on opère avec de l’aeide tartrique il en fautS grammes. Ce dernier est d’un prix moins élevé et aaussi pour avantage que les limonades se conserventplus longtemps sans se moisir.
Le parfum du citron est donné avec l’essence duzeste de citron, dans la proportion d’environ une gouttepar livre de sucre, et lorsqu’on veut faire des oran-geades il suffit d’y mettre de l’essence d’orange au lieude citron.
Le sirop étant préparé d’avance, placé au Irais, nes’altère nullement, et lorsqu’on veut faire des limo-nades gazeuses on introduit dans chaque bouteilletrois onces de sirop, et l’on tire de l’eau gazeuse pardessus, lorsque la bouteille est bouchée et ficelée, onl’agite, afin d’opérer le mélange. La limonade est alorsprête à être livrée au consommateur.
Les eaux médicinales se préparent de la même ma-nière, c’est-à-dire qu’on fait d’abord fondre les sels ;on filtre les solutions et on les introduit dans la bouteillepour la remplir d’eau gazeuse ; nous ne donnerons icique la formule des eaux de Sedlitz, attendu que ce sontles seules qui s’obtiennent de meilleure qualité que leseaux naturelles ; pour les autres eaux minérales,nous l’avons déjà dit, nous croyons qu’il est préféra-ble de ne faire usage que de celles naturelles et prisesaux sources ; néanmoins ceux qui voudraient se livrerà cette fabrication, devront consulter la pharmacopiede M. Soubeiran, dans laquelle on trouve l’analyse etla préparation de toutes les eaux minérales.
L’eau de Sedlitz se prépare avec le sulfate de magné-sie, suivant la force ordonnée par le médecin, qui estordinairement de 20 à 48 grammes par bouteille.
Le sel est d’abord dissous dans une quantité d’eau,environ trois fois son poids, puis filtré et introduitdans la bouteille qu’on remplit d’eau gazeuse. Chaquebouteille doit porter une étiquette indiquant le poidsdu sel contenu dans le liquide. u***.
EAU MINERALE . On appelle eaux minérales, cellesqui contienneutdes substances étrangères en assez grandequantité pour avoir une action marquée sur l’économieanimale. Les unes sont chaudes et portent le nomd’eau-r thermales, les autres sont dites eaux minéralesfroides. Sous le rapport de leur composition, on les di-vise en quatre groupes, savoir
1° Eaux alcalines;
2° Eaux ferrugineuses ;
3° Eaux salines;
4"’ Eaux sulfureuses.
Eaux alcalines .s eaux renferment des sels alca-lins et ordinairement de l’acide carbonique libre. Le»principales sont : à l’étranger, celles de Seltz; ei en