ÉCLAIRAGE.
de becs ordinaires, percés de trous extrêmement fins,et qui n'ont de particulier qu’une mèche de platinequi les surmonte. Cette mèche est un cylindre tantsoit peu moins grand que la circonférence formée partrous du bec; il a ‘1 centimètres de haut, il est tissé enfil extrêmement ténu, enfin il se tient a 't ou 3 milli-mètres au-dessus du bec, au moyen d’un anneau au-quel sont liés trois bouts du fil de platine dont il estformé. Une de ces mèches a environ 160 mailles.
Dès que l’on approche une allumette du bec, l’hy-drogène s’enflamme et la mèche passe au blanc éblouis-sant. Cependant comme la lumière qui provient de jcotte masse solide est uniforme et immobile, l'œiln’est nullement fatigué de son éclat, relativement à |ce que fait éprouver la flamme vacillante, irrégulière jdans sa forme, et avant différents tons, des autres 'modes d’éclairage. j
Le gaz à l'eau est exempt de fumée, en même temps (qu’il se prête admirablement aux combinaisons lesplus élégantes d’appareils.
Voilà scs avantages ; passons à ses inconvénients.Sa ténuité, sa légèreté occasionneraient pour son par-cours dans un long périmètre des pertes énormes.Le*gaz de houille, quatre à cinq fois plus dense quel’hydrogène, donne déjà naissance à bien des fuitesdans les canalisations, et ces fuites se déclarent sur-tout aux jonctions des tuyaux.
Outre cette chance si grande de fuites et de pertes,il faut ajouter le danger d’explosion; le gaz à l’eauétant inodore, les fuites ne se feront pas sentir, tandisque l’odeur sui ycnerls du gaz de houille fait aperce-voir une fuite presqu’à l’instant même où elle se dé-clare dans une habitation; il y aurait donc à redouterque le gaz ne se répandît en assez grande quantitépour pouvoir donner naissance avec l’air à un mé-lange explosible.
Nous ne parlerions pas des inconvénients auxquels }peut donner lieu la présence de l’oxyde de carbone dans ile gaz d’eau si ce gaz n’était pas inodore, car le gaz Ide houille n’est pas exempt non plus tant s’en faut ide cet agent délétère Cependant il est à remarquerque d’après l’analyse rapportée ci-dessus la propor-tion est considérable.
Ainsi donc: il serait indispensable d’abord qu’onrendît odoraut le gaz pour empêcher les accidents. Simaintenant on envisage la question à son point de vueéconomique, on voit que le gaz de houille a encore ungrand avantage sur le gaz à l’eau.
Nous devons faire remarquer, à l’occasion du gaz àl’eau, que les inventeurs de nouveaux systèmes de gazne doivent pas tant s’occuper du prix de la houille quedu produit à retirer du coke : on peut très bien payerla houille cher si le coke se vend à proportion. On s’i-magine avoir tout gagné en indiquant pour le gaz unematière première qui ne coûte rien, et très souvent onse trompe.
Tout récemment on a cherché en Angleterre à appli-quer un système mixte : il consiste a introduire dansles cornues où distille la houille du gaz provenant dela décomposition de l’eau, qu’on fait arriver en petitfilet dans une ou plusieurs cornues garnies de coke,chauffées convenablement, ces dernières cornues étantd’ailleurs semblables f. celles où on distille la houille.Comme ou le voit, c’est une simple modification duprocédé Jobard et Selligue ; l’hydrogène va prendreau gaz de houille, et surtout au goudron, le carbonequi lui manque, en augmentant singulièrement devolume. Comme c’est surtout au commencement de ladistillation de la houille que se dégage le goudron etles huiles carbonées, on conçoit que l’émission de l’eauest réglée de manière que la production d’hydrogènesoit très rapide au commencement de la distillation,et diminue graduellement jusqu’à la fin. ,
Plus la houille est riche en hydrocarbures, et pinson peut introduire d’hydrogène dans la cornue qui ladistille. Ainsi pour deux cornues chargées de wujan~tunnel , on avait monté dans le même fourneau unecornue pour la production de l'hydrogène ; tandis qu’euopérant sur le boghead-cunnel , on ne se servit qued’une cornue pour la houille, ci les deux autres furentconverties en cornues à gaz à l’euu.
Au lieu de gaz hydrogène on peut plus avan-tageusement diriger dans les cornues du gaz peucarburé, provenant de la distillation de substancesorganiques laissant un résidu utilisable, comme latourbe.
I Nous devons dire que l’application de ce systèmei mixte préoccupe beaucoup tous les fabricants de gaz' eu Angleterre, où généralement le coke se vend mal,j et où le goudron a très peu d’écoulement. Ce système| a des partisan', enthousiastes et des contradicteurs nonmoins chaleureux : le temps et la pratique pronon-ceront.
J1 est évident qu’on pourrait très bien, dans les usi-nes à gaz où le coke se vend mal, et où le goudron estsouvent un embarras, faire avec le goudron ce que Sel-ligue faisait avec de 1’huile de résine. Nous ne parle-rons pas des nombreux estais tentés pour transformerdirectement par la chaleur le goudron en gaz, car ilsn’ont pas abouti.
Comme on le voit, il y a encore bien à faire dansla fabrication du gaz, et tout ce que nous venons dedire sur les divers moyens d’obtenir ce fluide éclairantmontre la nécessité qu’il y aura bientôt de constaternon seulement le volume et la pureté du gaz, mais! aussi son pouvoir éclairant, car c’est là un élémentexcessivement important. Cette nécessité existera d’au-tant plus, que bientôt le prix du gaz baissant forcé-ment. on en fera usage pour le chauffage sinon desj appartements, du moins de certains appareils de l’in-t dustrie et des fourneaux à faire la cuisine, ce qui ren-I dru aux petits ménages de très grands services et fera! singulièrement croître la consommation du gaz. C’istsurtout sur du chauffage que les partisans du gaz àl’eau ont basé leurs espérances, et il y a dans cettevoie bien des progrès à réaliser.
ECLAIRAGE PAU LES CARBURES l/lIÏDROGÈXE LI-QUIDES.
Dans le siècle d’inventions et de perfectionnementsdans lequel nous vivons, on cherche, non seulement àaméliorer en qualité les produits d'un usage assez im-portant, mais encore à les remplacer par d’autres jouis-sant à peu près des mêmes propriétés, conduisant dansl’emploi aux mêmes résultats et procurant une éco-nomie plus ou moins sensible.
Il n’est pas étonnant qu’avec cette tendance généraledes esprits, on ait, depuis plusieurs années, songé àremplacer l’huile et même le gaz par des liquides de-vant ou pouvant donner un éclairage plus économique.Depuis longtemps la théorie avait indiqué pour cetemploi des substances fluides composées comme le gazet l’huile, de carbone et d’hydrogène, mais eu propor-tions différentes, et se vendant à bas prix , tellesque : l’essence de térébenthine, les huiles de naphte etde pétrole, et plus récemment les huiles essentiellesextraites des schistes, des goudrons du gaz, des ré-sines, etc. Mais il ne suffisait pas d’avoir à sa dispositiondes carbures d’hydrogène liquides à bas prix, la diffi-culté était de pouvoir les appliquer à l’éclairage sansinconvénients sérieux pour les consommateurs. Or, iiest impossible de faire usage pour cette applicationdes appareils servant pour l’éclairage à l’huile, et cetteimpossibilité sera évidente lorsque nous aurons rappeléquelques points de la théorie de la flamme lumineuse,i La flamme est, d’après Bcrzêlius, un gaz qui brûle;