EMERAUDE.
ENCAUSTIQUE.
glisse à frottement dans le tube L) qui amène l'air dusoufflet, et peut ainsi être élevé ou abaissé à volonté ;la lampe A est placée dans une cuvette B destinée àrecevoir l'huile qui pourrait s’échapper par dessus scsbords et à l’empêcher de se répandre sur la table. L’ou-vrier place ordinairement au-devant de la table un petitécran pour que la lumière de la lampe ne lui fatiguepas les yeux.
Il nous est impossible d’entrer ici dans les détails del’art de Témaillcur à la lampe, art où tout dépend dugoût de l’ouvrier et de son habileté à manier le verre etl’émail ramollis par l’action de la chaleur. La plupartdes instruments et appareils de physique et de chimie,les thermomètres, les baromètres, les aréomètres, etc.,se font à la lampe d’éinailleur avec des tubes de verre,et nul ne peut se livrer à l’étude de ces deux sciences,s'il ne possède, du moins à uu certain degré, l’art desouffler Je verre. Nous traiterons à l’article souf-fler le verre des principes fondamentaux de cetart.
EMBAUMEMENT. Le procédé d’embaumement leplus généralement suni, consiste dans l’injection, parla veine carotide, d une dissolution concentrée de sul-fate d’alumine (procédé Gannal ); nous en avons déjàparlé à l’article conservation des substances ani-males et végétales, ce qui nous dispense d’y reve-nir ici. Nous ajouterons seulement que Ton a aussiemployé avec succès l’immersion dans le chlorure dezinc.
EMERAUDE (angl. emerald, ail. smaragd ). Pierreprécieuse très estimée, composée de silice, d’alumine etde glueine qui cristallise en prismes réguliers à 6 faces,et se divise en deux variétés principales :
4° Émeraude verte. Pierre d’un beau vert dont la du-reté = 8, et la densité zr: 2,73 à 2,77, et qui tient lepremier rang après le diamant, le rubis et le saphir. Elleest colorée en vert par une faible quantité d’oxyde dechrome. La plus belle vient du Pérou , où elle se trouvedans les terrains primitifs. Les émeraudes sans défautset d’une belle eau valent, lorsqu’elles pèsent I carat,400 à 150 fr. — 2 carats, 300 fr. — 4 carats, 1,700 à2,000 fr. — et G carats, 3,000 fr.
2“ Aigue-marine ou béril. Dureté = 7,5, densité =2,67 à 2,74 ; incolore ou faiblement colorée, ordinaire-ment en bleu de ciel pale ou en vert-d’eau. On trouveprincipalement cette pierre au Brésil et en Sibérie ; elleest beaucoup moins rare que la variété précédente etmoins estimée. Une aigue-marine tailléede 4 carat, coûtede 10 à 4 5 fr., et le prix croît à peu près proportionnel-lement au poids.
On trouve enlinhcaucoup d’émeraudes opaques, tellesque celles des environs de Limoges , qui n’ont aucunemploi dans les arts et l’industrie.
EMERI ( angl. emery, ail. schmirgel ). Ce minéral,principalement composé d’alumine, est très répandudans Pile de Naxos, au cap Emeri , d’où l’on en tire desquantités considérables ; on le trouve aussi dans lesîles de Guernesey et de Jersey, en Perse, en Saxe, enSuède , etc.
Sa couleur varie du rouge-brun au brun foncé. Il seprésente, en masses informes, mêlé avec d’autres mi-néraux; sa cassure offre un grain très serré; sa densitéest de 4 environ ; il possède une grande dureté, analo-gue à celle du corindon, dont il se rapproche par sacomposition.
On se sert de l’émeri pour user, aplanir,.disposer aupoli divers corps durs, tels que les verres d’optique, lesglaces, les cristaux, le fer, T acier, les marbres, etc. Onvend aussi sous le nom d’émeri des sables de grenatet de zircon, que l’on trouve assez abondamment dansun assez grand nombre de localités, et qui sont plusdurs que les sables quarzeux.
EMETIQUE, tartre stibié. C’est un tartrate dou-
ble d’antimoine et de potasse soluble dans Tenu, queTon prépare le plus souvent en faisant bouillir du verred’antimoine ou du sulfure grillé, avec son poids decrème de tartre, et 10 à 4 2 parties d’eau; évaporantjusqu’à pellicule, laissant l’émétique se déposer par lerefroidissement, et purifiant par plusieurs cristallisa-tions successives. L’émétique est très employée en mé-decine comme purgatif et vomitif.
EMPOIS. Voyez amidon.
EMPORTE-PIÈCE. Voyez découfoir.
ENCAUSTIQUE. Sous ce nom sont comprises deuxchoses bien différentes : la peinture à la cire, dite en-caustique, et le cirage à la cire, dit aussi encaustique.C'est de ce dernier que nous voulons nous occuper iciplus spécialement ; mais nous dirons d’abord quelquesmots sur la peinture à la cire.
Peinture encaustique. M. le comte de Cayliis, dans unmémoire qu’il lut à l’Académie des belles-lettres en4755, mémoire qui fut imprimé à Genève dans la mêmeannée, et M. de Montabert, dans son excellent Traitésur tous les genres de peinture (chez Bossange, Paris ,4 829), se sont efforcés de réhabiliter la peinture à lacire, dite encaustique, en ont exalté les avantages et lagrande solidité, si on la compare avec la peinture àl’huile; ils nous ont raconté tout ce que la tradition atransmis sur l’état de cet art chez les anciens, et ontfait ressortir tous les efforts tentés par les modernespour le faire revivre parmi nous.
D’un autre côté, M. Durozicr, pharmacien à Paris ,dans une notice fort intéressante, annonce avoir réaliséavec un plein succès toutes les formules de M. de Mon-tabert. C’est donc à ces ouvrages, de tous points com-plets, que nous renverrons le lecteur désireux de savoirles moyens de préparer et d'employer les couleurs à lacire, de connaître en un mot les procédés matériels dece genre de peinture dont les anciens, dit-on, se ser-vaient avec fruit, parce qu'elle est la plus parfaite detoutes et la plus durable, la cire étant inaltérable à l'aircl à la lumière.
Qu’on nous permette ici quelques réflexions : que lalumière et tous les corps gazeux répandus dans l’airaient moins d’action sur la cire que sur les huiles fixesde lin, de noix ou d’œillette, c’est incontestable ; maisque les peintures faites à la cire, fussent-elles mêmesfixées par le feu, auquel cas seulement elles peuvents’appeler encaustiques, soient parfaitement à l’abri desatteintes de ces agents de destruction, d’oxydation,nous ne le pensons pas ; car nous voyons en deux ans,plus ou moins, les bustes en cire des coiffeurs devenird’uu jaune à faire peur. L’air et la lumière ne sont doncpas sans action sur la cire.
A ces observations d’expérience, si vous ajoutez lesdifficultés que présentent l’application et le mélangedes couleurs broyées à la cire, la confusion qui résultedans les teintes et les lignes du tableau, alors qu’on yapplique le feu pour en finir et faire valoir la peinturevous vous expliquerez facilement le discrédit et l’aoan-don dans lesquels ou laisse ce genre de peinture, qu’onne connaît ou plutôt qu’on ne fait que deviner par lepeu qu’en rapportent Pline (IJist. nat ., lib. XXXV,cap. xi), Macianus (Tit. de fund . inst ., L. XVII), et Julius Paulus, lib. VII et seq.
Encaustique , cirage. On donne dans les arts le nomd’encaustique à plusieurs préparations laites avec lacire, dans le but de la rendre plus facile à étendre encouches minces et uniformes à la surface des corpsqu*on veut cirer, c'est-à-dire rendre luisants, inaccessi-bles à la poussière et à l’humidité, qu’on veut conserveret tenir propres sans de grands efforts ; car tel est lerésultat qu’on sc propose en cirant les tables, les lits,les meubles, les parquets, etc.
Beaucoup, en effet, se contentent de cirer les meu-bles ordinaires, ainsi que les parquets et les carreaux.