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ENCIIK

ENCRE.

tard il sc convainquit qu’elle se composait d’un char-bon tin, d’un peu de musc, de camphre et de colleanimale. Il composa une très bonne encre de Chineavec du noir de fumée de lampe et une décoction decolle de poisson.

Kasleteyn (I) assure avoir composé une très bonneencre de la Chine de la manière suivante : il incorpo-rait à chaud du noir de fumée, préalablement calcineavec une solution de colle de poisson; il évaporait àconsistance convenable, puis il coulait la matière dansles moules.

Proust dit que le noir de fumée traité par la potasseet broyé avec la colle, lui a donné une encre que lesgens de l'art ont trouvée supérieure à la véritable encrede la Chine.

Ainsi de tous les travaux et essais des chimistes mo-dernes, il résulte donc que les matières premières del’encre de Chine sont :

1“ Le charbon. C’est la base principale ; on peut l’ob-tenir de différentes manières ; pour l'encre la plus fine,il faut prendre du noir de lampe ou du noir de fuméeprovenant de la combustion de bois résineux, etc.

( voyez noirs ). On peut tout simplement le purifierpar la calcination, ou bien on le traite par une lessivealcaline ou par l’alcool à 28 degrés, pour le dépouillerentièrement des matières huileuses ou résineuses qu’ilcontient toujours. Ou le lave d’abord dans l’acidcsulfurique étendu d’eau pour en enlever les sels solubles.

Nous savons qu’un fabricant d'encres de Chine, euAllemagne , emploie mystérieusement le noir provenantde la combustion du camphre, et son encre est juste-ment renommée.

K» 1823, Frantz Steincr obtinten Autriche un brevetpour la fabrication d'cnerc de la Chine , avec du char-bon de papier et de linge, que l'auteur prétendait êtreéquivalcute à celle de la Chine .

Pour les encres inférieures on emploie des noirs plusgrossiers, celui de liège, de coton, de marc do raisin,de noyaux de pêche, etc. ;

2" Une dissolution de gélatine ou colle animale quia subi un commencement d'altération ; on l'obtient«oit par une ébullition prolongée, soit en l’extravantdos os dans une machine à forte pression , commela marmite de Papiu, soit en versant dans cette géla-tine fondue un peu d’infusion de noix de galle, et enmlissolvant le précipité par l’ammoniaque.

Plusieurs auteurs ont préconisé la dissolution decolle de poisson comme bien préférable, parce qu’ellese putréfie moins facilement que la colle ordinaire;mais on peut toujours, pour empêcher la fermentation,ajouter un peu d’alun et de colle de parchemin, etc.

L’eau de gomme, avec un peu de sucre, peut êtreégalement employée. Lu gomme adragante employéeseule rend l’encre de Chine trop rude;

3“ Corps odorants. On emploie du musc, du cam-phre, etc.

La préparation de l’encre de Chine à l’aide des mé-langes que nous venons d’indiquer ne présente aucuneditliculté; on broie parfaitement les matières charbon-neuses avec les dissolutions gélatineuses; on presse lapaie dans des formes huilées, en fer, en tôle, en étain *on zinc ou en bois, qui doivent être environ un tiersplus grandes que les motceaux d’encre secs; et on leslaisse sécher. Les marques sont placées en relief dansles formes, ou bien on les fait avec des cachets en cuivrejaune, quand la matière est à moitié sècîie. La dorureet l’argenture se font par les procédés connus, c’est-à-dire avec un mordant ou vernis gras au copal, sur le-

emplovait quelquefois ceue matière pour de l’encre (Cicé-ron , de AaC, 1)1)11, page UH ; Pline, livre XVI, ch. lmv,S 5I>). ' ’

H) Journal de physique de Hollande, 1791 .

quel on applique la feuille, d’or ou d'argent, lorsqu'ilest à moitié sec.

Nous ne donnerons pas ici les diverses recettcsdes en-cres de Chine qui ont été publiées jusqu’à ce jour, etdont nous n'avons pas été en position d’éprouver la qua-lité. Nous nous bornerons à indiquer celle de Mérimée dont nous avons reconnu tous les avantages.

« La colle la meilleure est celle qui, trempéedans l’eau, ne fait que se gonfler sans rien laisser dis-soudre. On en trouve rarement de pareille dans le com-merce, mais à son défaut, on peut se servir avec succèsde la colle de Flandre.

« Après l’avoir fait tremper pendant quelques heuresdans environ 3 fois son poids d'eau acidulée par l/l 0 ed’acide sulfurique, on jette l’eau qui contient la por-tion trop soluble de la colle, et on la remplace par del’eau légèrement acidulée. On fait bouillir cette collependant une heure ou deux, et l’ébullition la mo-difie au point qu’elle ne se prend plus en gelée en refroi-dissant.

« On sature ensuite l’acide avec la craie que l’on projette peu à peu, jusqu’à ce que le papier réactif indiqueque la saturation est complète. On filtre à travers dupapier, et la dissolution qui passe est parfaitement trans-parente.

« On prend environ le quart de cette colle, sur la-quelle on verso une dissolution concentrée de noix dogalle. La gélatine est aussitôt précipitée ut produit unematière élastique résini forme.

« On lave cette matière avec de l’eau chaude et onla dissout à chaud dans la colle clarifiée ; ou filtre en-core cette colle et on la fait rapprocher au point conve-nable, afin qu’en l’incorporant avec le noir de fumée,on ne soit pas obligé d’attendre longtemps que la pâteait acquis la consistance nécessaire pour être moulée

« Le principe astringent contenu dans les sucs végé-taux ne précipite plus la gélatine lorsqu’on a saturél’acide qu’il contient. On peut donc faire bouillir avecde la magnésie ou de la chaux la noix de galle ou toutautre végétal abondant en principe astringent (1), etmêler ensuite à la colle la décoction filtrée; ii n’y aurapas de précipité et la colle ainsi préparée sera d’au-tant moins soluble , après sa dessiccation, qu’elle con-tiendra plus d’astringent.

« Ce n'est que par tâtonnement qu'on arrivera à con-naître la proportion la plus convenable de matière as-tringente qu'il faut combiner avec la colle.

« De quelque manière qu’on prépare l'excipient quidoit être mêlé avec le noir, il faut qu’il soit tellementclarifié qu'en le délayant dans beaucoup d'eau il nelaisse rien précipiter. Il n’y aura plus qu’à le concen-trer par l’évaporation au point convenable.

« C’est aussi par tâtonnements qu’on pourra déter-miner les proportions relatives de noir (2) et de colle,puisque cette colle peut être plus ou moins concentrée;mais on parviendra sans peine à trouver la meilleureproportion en faisant les deux essais suivants :

« On appliquera, au pinceau, une légère couched’encre sur de la porcelaine, et avec une plume ouécrira .sur le papier. Si l’encre est luisante sur laporcelaine, c’est une preuve qu’elle est suffisammentcodée ; si, après sa dessiccation sur le papier, on ne ladétrempe pas avec un pinceau imprégné d’eau, c’estune preuve qu’il n’y a pas trop de colle.

« En ('bine, les moules sont en bois ; on pourrait lesavoir en argile cuite; cette terre se moule parfaite-ment, ot lorsqu’elle n’a pas éfcédemi-vitrifiôe par le feu,elle happe fortement à la langue. Elle boirait donc en

(I) Cette encre serait très bonne; mais elle n’aurait pascomme celle de Chine la propriété de sc délayer dans le vi-naigre.

(i*) Le noir de fumée léger, provenant de la combustionde riiuilo ou delà graisse.

ni