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ENCRE.

ENCRE

queurs avec lesquelles on trace des caractères invisi-bles sur le papier, et qui apparaissent ensuite sous dif-férentes couleurs par l’action des agents chimiques. Onles divise en trois classes :

La première classe comprend les encres invisiblesqui apparaissent par l’emploi d’un autre réactif;

La deuxième classe comprend celle dont l’écritureinvisible devient colorée en l’exposant à la chaleur ;

La troisième classe est celle des encres invisiblesdont l’écriture tracée avec un corps collant, gras et in-colore, apparaît en la couvrant avec quelque poudrecolorée.

On peut lire les recettes de ces encres qui sont dé-taillées et expliquées dans la physique amusante deM. Julia de Foutenelle, et le Manuel de chimie amusantede M. Hiffaut. Elles sont de trop peu d’importancepour nous y arrêter.

V. ENCRES AUTOGRAPIIIQUES ET LITHOGRAPHIQUES.

Recette de M. Crusel, écrivain autographe du minis-»tère de la guerre, auquel la Société d’encouragement adécerné, en 1830, le prix de 200 francs, proposé par (diepour la meilleure encre autographique.

Composition. 8 grammes de cire vierge. 2 gram. desavon blanc, 2 gram. de gomme laque, et 3 cuilleréesà bouche de noir de fumée.

Préparation. On fait fondre ensemble la cire et lesavon, et avant que ce mélange s'enflamme, on y jointle noir de fumée, que l’on remue avec une spatule ; onlaisse brûler le tout pendant trente secondes , .ou éteintla liamme, puis on ajoute peu à peu la laque, en re-muant toujours ; on remet le vase sur le feu pour fairel’amalgame, jusqu’à ce qu'il s’enflamme ou soit prêt às’enflammer; on éteint la flamme et l’on ne verse dansle moule que lorsque l’encre est un peu refroidie.

Propriétés. On peut, avec cette encre, faire des traitsaussi fins qu’avec le burin, et dos pleins aussi fortsque l’on veut, sans craindre qu’elle s’étende au tran-sport ; sa composition indique qu’elle peut se con-server en bâton sans se détériorer, et que les tracessur le papier lithographique peuvent se oonserver aussides années avant d’en faire le transport ; elle est doncà la fois bonne et inaltérable.

Observations. On pourrait faire une encre qui seraitplus lente à se coaguler, en ne mettant que 1 gram. \/îou meme '1 gramme de savon ; mais, si elle est un peutrop brûlée, elle ne se transporte pas bien, parce qu’elleest trop sèche; celle dont la composition est donnéeci-dessus n’a pas cet inconvénient. Si elle se coaguletrop vite, donnez-lui une flamme; si elle est un peutrop brûlée, elle est encore bonne. On ne risque doncjamais de perdre son temps et ses matières.

On sera peut-être surpris de ne pas trouver de suifdans cette composition; nous avons observé que l'encrequi en contient une petite quantité est bonne quand onl’emploie de suite, et que le transport se fait aussi desuite ; mais que le suif séchant promptement, son effetdevient nul, et souvent des ouvrages transportés 4 à ojours après qu’ils sont écrits paraissent défectueux,bien que faits par une main très exercée. Si le suif estemployé en plus grande quantité, les traits s’étendentau transport, et si le transport se fait longtempsaprès le tracé, la défectuosité est encore plus sensible(bulletin de la Société d'Encouragement , tome XXX,page 205.)

Emploi. Il est nécessaire de dissoudre cette encre àchaud, on peut ensuite y ajouter de l’eau froide. Pourcela, on fait chauffer fortement une soucoupe devantle feu ou à la flamme d’une bougie, en même temps onpromène un bâton d’encre jusqu’à ce qu’il y en ait as-sez de fondu. On ajoute de l’eau qu’on laisse bouillirdans la soucoupe. On retire la soucoupe, et on délaiel'encre avec un bouchon; s’il v a trop d’eau, on fait

évaporer j o’il n’y en a pa3 assez, on en ajoute de Infroide.

Encre lithographique de M. Lemercier.

Proportions. Cire jaune.4 parties;

Suif de mouton épuré ... 3

Savon blanc de Marseille . 13Gomme laque en feuille. . bNoir léger.3

On peut changer les proportions qui précèdent, si onveut rendre cette encre applicable à un usage particu-lier; ainsi, supposant qu’on veuille aciduler fortementpour mettre le travail à l’encre en relief; on aug-mentera la proportion du suif, observant d’ajouter,dans le même rapport, à la proportion du savon. L’en-cre où on aurait mis plus de suif que précédemment,nécessiterait aussi un peu plus de noir.

Fabrication. Il faut avoir une casserole de cuivreayant un long manche, munie de son couvercle , etune cuillère en fer. On commence par faire fondre lesingrédients pour l’encre dans le même ordre que pourla fabrication des crayons ; le savon étant fondu, onajoute la gomme laque par petites pincées, agitantcontinuellement, et ayant attention de n’en remettrequ’après que celle précédemment ajoutée est fondue.Lorsque l’on a fait l’addition de toute la gomme laque,on augmente le degré de chaleur, jusqu’au moment oùla vapeur blanche qui se dégage commence à s’épais-sir. Alors on retire la casserole du feu, et on enflammela matière ; supposant qu’on ait pris par 31 grammeschacune des proportions précédentes, on laissera brû-ler pendant une minute au plus ; ensuite on éteint laflamme, on laisse la fumée se dégager et la masse re-froidir pendant une demi-minute ; puis on fait l’amal-game du noir, en le délayant pendant plusieurs mi-nutes, après lesquelles ou remet la casserole sur lefeu, en continuant toujours de remuer la masse. Onlaisse cuire un quart d'heure environ. La cuisson étantterminée, on laisse l’encre refroidir un peu, et on laverse sur un marbre que l’on a frotté d’avance avec dusavon, ce qui facilite l’enlèvement de la matière re-froidie ; arrivé à ce point, on la fait refondre, pourmieux mélanger et ralliner sa pâte ; ce moyen est bienpréférable à celui du broyage, qui est très difficile, at-tendu qu’il ne peut être fait qu’à chaud. En faisant re-fondre la pâte, il est essentiel de la remuer sans cesseet de la maintenir à une chaleur tempérée. Cette se-conde opération étant terminée, on coule l’encre dansun cadre eu bois posé sur le marbre qui a déjà servi,et avant que l’encre soit tout à fait refroidie, ou la di-vise par morceaux, en la coupant avec une lame decouteau; il faut ensuite la laisser sécher parfaitementavant de Remployer.

Nous pourrions multiplier les recettes d’encres auto-graphiques et lithographiques, qui varient seulementdans la proportion de certaines matières, et qui sont dureste à peu près semblables, quant à la nature et à lacomposition des substances réunies.

Ainsi, on retrouve dans toutes les encres du savonou un alcali fixe (soude ou sous-carbonate de soude),du suif ou de la graisse, de la cire, de la gomme laqueet du noir de fumée. Dans quelques-unes, cependant, ontrouve de la térébenthine de Venise et du mastic enlarmes ; mais on a reconnu par l’expérience et par lapratique que les encres qui renferment ces ingrédientssont d’une qualité inférieure, c’est-à-dire peu faciles àemployer et peu résistantes à l’acidulation.

Il résulte même de l’examen que nous avons fait desrecettes des meilleures encres lithographiques, que leursingrédients sont répartis dans les proportions snivan-1 tes : savon ou alcali, I partie ; corps gras (suif, cire,{ résine ou gomme-résine), 5 parties; noir de fumée,I quantité suffisante pour colorer. Mais le talent du fa-