FOXDKRIE KN T CARACTÈRES.
FOXDEUIE EX CARACTERES.
quelque peu arrondies, et on fondrait des lettres tropfortes.
Tenant ainsi le moule de la main gauche, le jet enl’air, il prend avec la droite la cuillère qu’il remplitde métal, vient l’appliquer contre l’oriHce du jet, puisil retire un peu la main gauche pendant qu’il fait tom-ber la matière en tournant la cuillère, enfin relevantbrusquement le moule, la matière vient choquer lamatrice et entre dans les parties les plus fines. Sans cemouvement précipité, le métal tendrait à se former engoutte, prendrait mal l'empreinte et souvent n’arriveraitpas jusqu’à la matrice, il se figerait en touchant le ferpeu échauffé. On diminue le refroidissement dans le jet,en mettant sur celui ci une couche d’eau dans laquelleon tient de l’ocre en suspension et qui, en se séchant,laisse de l’ocre sur la pièce; mais on ne doit jamais enmettre sur les blancs du moule.
La lettre étant immédiatement solidifiée, on ôte l’ar-chet qui presse sur le talon de la matrice, on appuie lepouce de la main droite sur l'extrémité supérieure decelle-ci, ce qui la fait basculer et déchausse la lettre,c’est-à-dire fait sortir l’œil de la lettre du creux delàmatrice ; on ouvre alors le moule comme si une char-nière unissait les deux pièces, puis au moyen du crochetfixé au bois du moule on fait tomber la lettre sur lebanc en la poussant parle jet.
On referme alors le moule en engageant d’abord lesfourchettes de la pièce du dessus sur la potence de lapièce du dessous, on place l’archet sur le talon de lamatrice en appuyant un peu dessus, et on recommencela fonte d’une autre lettre.
Il n’est pas besoin de dire que malgré le nombred’opérations nécessaires pour fondre une lettre, l’ou-vrier peut mettre une grande rapidité à exécuter cesdiverses opérations qui se présentent toujours dans lemôme ordre. C’est en allant, pour ainsi dire, en mesurequ’il va le plus vite, en meme temps que parmi balan-cement de corps il se trouve amené à prendre et àreplacer la cuillère. Un bon ouvrier peut arriver àfaire de i à 6 mille lettres par jour.
Le fondeur doit veiller ace que. les lettres fonduessatisfassent à toutes les conditions typographiques, lapureté de l’œil, la ligne, l’approche.
Pureté de l'œil. Cette condition est évidemment lapremière de toutes, aussi le fondeur doit il toujoursavoir soin de visiter les lettres fondues, afin de rejetertoutes celles qui ne sont pas bien venues. Quant aumoyen d’obtenir cette pureté d’œil, il consiste dans lasecousse donnée au moule, ce qu’en terme de fonderieon appelle pousser.
Cette secousse qu’on donne au moule, cette actionde pousser est bien plus puissante qu’on ne pourraitle croire; car la matière, prenant d'abord une certainevitesse de haut en bas quand on retire le bras, conserveun instant cette vitesse quand on relève brusquementle moule, et la matrice vient choquer la matière avecune vitesse relative assez grande, elle se trouve doncchassée fortement. C’est comme si la matière se trou-vait lancée avec la somme des deux vitesses du moule,vitesse que Ton peut augmenter presque à volonté, lepoids du moule étant peu considérable.
Il est à remarquer que la matière, en arrivant sur unpoint de la matrice, doit mieux prendre l’empreinte decette partie que de toute autre, car l’air s’échappe desuite par les autres parties du creux, c’est donc sur lapartie de la matrice qu’il est le plus difficile de fairevenir, qu’il faut faire, en général, arriver la matière.On y parvient en la versant par le côté le plus conve-nable du jet. Ainsi si on place la cuillère sur le jet delapiècedu dessous,en la tenantdans le sens delà largeurdu moule, ou si, retournant le moule, on la pose de mêmesur le jet du dessus, dans un cas, la matière viendrad’abord sur la tète de la lettre, dans l’autre sur le pied.
C’est là, nous le croyons, la seule règle que Ton peutposer ; jeter en moule de manière que la matière arrived’abord sur la partie la plus difficile à venir de la lettre;ainsi la lettre f , dont le bouton qui passe en dehors dublanc est la partie la plus difficile à venir, devra êtrejt-tée en dessous.
Comme on ne connaît pas généralement la partie laplus difficile à venir, c'est en fondant aux différents jetsqu’on parvient à voir celui qui réussit le mieux. Ondit dans les ateliers, pour exprimer ces différentes ma-nières : jeter droit ou au pied du crochet, par le coindu dessus, par le coin du dessous, en dessous, entre lesdeux crochets, et enfin en dessus, en retournant lemoule: méthode qui fait perdre beaucoup de temps,puisqu’il faut à chaque lettre retourner deux fois lemoule, car il faut que le moule soit à sa position natu-relle pour ôter l’archet et ouvrir le moule.
Enfin, quand malgré tous ces essais on ne réussitpas, alors avec un canif on augmente les talus inférieursde la matrice vers le haut, en prenant bien garde dene pas en rayer le fond avec la pointe, et on donneainsi plus d’entrée à la matière, car c'est ordinairementdans les lettres gravées avec des talus très faibles quela matière a le plus de peine à entrer, surtout si on agravé les déliés et les empâtements trop fins. Un faitd’expérience assez remarquable, c’est que si on laissetrop peu de profondeur aux matrices, à un certain pointil devient presque impossible de les fondre.
Un malheureux procédé a été introduit, dans ces der-nières années, dans les ateliers, c’est celui du cuissage,qui consiste à faire seulement descendre le moule jus-qu’à ce que l’archet rencontre le corps. Cet arrêt brus-que fait très bien venir l’œil en meme temps que l’ou-vrier fatigue moins, mais cette secousse de l’archet tendtoujours à déranger quelque peu le moule, et les carac-tères ainsi fondus sont toujours moins réguliers qu’onemployant l’ancienne méthode.
De la ligne. L’alignement régulier des lettres est lacondition la plus importante d’une belle impression.Pour l’obtenir, on commence par déterminer la lignede la lettre ni, celle qui est la plus commode à causede la grande largeur de sa partie inférieure. Si rienne détermine déjà la ligne, on met Tin dans le milieudu corps, c’est-à-dire de manière qu’en retournantune m entre deux autres les traits du pied de cellequ’ou retourne forment une ligne droite avec les traitshorizontaux supérieurs des deux autres. Pour voir sion a cet effet, on place les m sur une justification (in-strument que chaque fondeur doit posséder) que représente la fig. 1014 et retournant celle du milieu (nminj),
10U.
on vérifie avec un jeton si les traits forment bien uneligne droite. Les longues du haut et les longues du basauront alors une place égale pour se loger