KÜXDElïIE KX CARACTERES.
fonhekik mécanique. Le moule ordinaire, qui est,à bien peu près, le même que celui employé à l’u-l'igine de l’imprimerie, peut, comme l’a montré unelongue expérience, donner avec des soins convenablesune fabrication parfaite. Les améliorations qu’on pour-rait y introduire encore ne doivent donc pas changerles principes fondamentaux du moule ; elles ne doiventtendre qu’à rendre son usure moins prompte, moins nui-sible a la qualité des lettres, et à rendre le jeu despièces plus régulier. Nous avons vu l’important pro-grès réalisé dans cette voie par l'intervention du mouleaméricain. Aussi n’est-ce pas pour obtenir une fabri-cation plus parfaite qu’on a cherché à entrer dans unevoie toute différente, mais pour fabriquer plus écono-miquement. Les produits ainsi fabriqués ont été, eneffet, livres à des prix inférieurs à ceux de la fonderieordinaire, mais n’ont pas cependant, jusqu’à ce jour,pris une part considérable de la fabrication à cause deleur imperfection.
Les seuls systèmes exploités commercialement jus-qu’à ce jour, reposent sur un principe nouveau fort in-génieux, qu’on doit à M. Henri Didot, et qui permetu’obtenir avec bien plus d’énergie, dans un systèmefixe, l’effet que l’ouvrier fondeur produit par la secoussequ’il donne au moule.
M. Henri Didot transporte l’opé-ration du clichagc (voyez polyty-pie) sur une masse de métal placéea côté de la partie où se forment leslettres ; la niasse liquide choquéeviolemment tend à s'échapper entous sens, mais elle ne trouve d’is-sue que dans des viles nombreux oùviennent se former les lettres.
Nous avons vu qu’un des grandsavantages du moule à main était que,par su composition en deux piècessymétriques, il suffisait-de l’ouvrirpour que par la plus faible pressionla lettre tombât sans pouvoir êtrefaussée. Mais si on veut former ungrand nombre de lettres à la fois, ilest impossible de pouvoir ouvrir lespièces qui enveloppent les lettres, demanière à laisser sortir celles-ci li-brement. Il faut donc retirer par trac-tion les lettres formées (inconvénient assez grand) ;tout ce qu’il est possible de faire, c’est de rendre mo-bile la pièce qui s’applique sur l’espèce de peigne entreles dents duquel les lettres viennent se former, ce quipermet de les retirer.
Dans l’invention de M. Didot on a rendu cette ad-hérence un minimum, en faisant que les lettres touchentcette bande de recouvrement par la frotterie ; dans lesystème llerhan, e’est par la force de corps.
Invention H. Didot. Fondtrie polyamatype. La pièceprincipale du moule est une longue pièce de fer par-faitement plate, dans laquelle sont faites, au moyend’une espèce de machine à raboter d’une grande préci-sion, des entailles ayant toutes la même largeur, quiest égale a la force de corps des caractères que l’onveut fondre, dimension donnée par la largeur du fer. Cesentailles doivent être parfaitement parallèles et leurprofondeur doit être égale à l’épaisseur que doit avoir lalettre, dont la matrice est fixée à l’extrémité, dans uuepièce appliquée d’équerre, où se trouvent pratiquéesdes rainures plus larges qui reçoivent les matrices(voyez fig. 1026). Une plaque de recouvrement s’ap-plique avant le cUchage et applique sur le peigne, aumoyen de vis, les deux pièces qui recouvrent sur deuxbandes placées en face l’une de l’autre (fig. 1027);nu milieu se trouve un espace dans lequel ou versela matière sur laquelle on fait tomber un. poids
qui chasse fortement la lettre de droite à gauche,i remplit les intervalles des deux moules (vovez fi-gure 1028).
1028
Une première infériorité des caractères fondus par ceprocédé résulte de ce que l’air n’ayant plus d’issues,occasionne des souillures nombreuses à l’intérieur deslettres, ce qui fait qu’ils peuvent manquer de soliditéet s’affaisser inégalement par l’effort de la presse. Maisce n’est pas seulement à l’action de l’air qu’il faut at-tribuer l’infériorité qu’ont les caractères fabriqués surces moules sur ceux de la fabrication ordinaire. La ma-tière ne coule plus liquide de la cuillère dans le moule,elle sc trouve agitée violemment et amenée presqueinstantanément, par le refroidissement des parois dumoule (toujours moins échauffé, et plus difficile à échauf-fer que le moule ordinaire), à un état pâteux; elle nepasse pas naturellement de l’état liquide à l’état solide,elle semble passer par l’état intermédiaire, qui détruitl’adhérence des molécules et désagrégé en quelque sortela matière ; aussi les caractères, quoique fondus avecun bon métal, ont-ils peu de consistance, et le grain deleur cassure est très gros.
Après la fonte, le peigne est retiré parallèlement ausens des lettres, puis on enlève le tout.
Comme dans ce procédé on fait un grand nombre delettres en même temps, il faut qu’en faisant jouer lemoule un certain nombre de fois, la fonte se trouve faitesuivant la police. IL faut donc qu’il y ait toujours plu-sieurs matrices dV, d’a, d’s, etc., pour une de Àq parexemple. Or, quelque soin que l’on prenne, il y a tou-