HISTOIRE DU JAPON. Liv. XVI. Ciiap. II. 417
mais celui-ci ne s’en contente gueres, & comme il est fur les lieux, Uskctionfait si bien fa part, qu’elle devient à peu près égale à celle del’Empereur. I.
La Mine d’or la plus riche, connue jusqu a présent, est celle de à/o, pe- EtatNa •tite Isle fur la côte septentrionale de celle de Niphort , dont le minéral est tu ?U Ci ’le plus riche & donne l’or le plus fin. Mais on a assuré àl’Auteur(a), que Yi g uu*dules veines ont été tellement épuisées, que c’est une des raisons qui ont fait Japon,défepdre fous de si rigoureuses peines aux Hollandois & aux Chinois d’em-porter de l’or hors de l’Empire. 11 y a auíïì beaucoup de fable d’or danscette Isle, mais le Prince n’en donne pas avis à l’Empereur & s e l’appro-prie. La Province de SurungaCnr la côte méridionale de Niphon & cel-le de Saxuma fur la côte méridionale de l’isle de Kìmo , ont aussi des Mi-nes d’or, qui après celles de Saâo font estimées les plus riches, pour laquantité & la finesse de ce précieux métail, fur-tout celles de Saxuma , oùil y en a une si riche, que l’Empereur a défendu très-expressément *d’ytravailler, de peur qu’un si grand trésor ne fût trop tôt épuisé. On parlede plusieurs autres également abondantes, mais qui font si pleines d’eauqu’on ne fauroit y travailler: car il semble qu’ils n’ont ni l’art ni le couragede les vuider, ou de faire écouler seau comme nous faisons (*). Ils ontcependant l’or en si grande quantité, que les Chinois dirent à Marc Paulde Venise que les Palais de l'Empereur en étoient couverts: ce que Caron& d’autres confirment, en ajoutant qu’il y a quelques - uns de leurs Tem-ples , & même des Palais des Grands qui le font aussi.
Les Mines d’argent n’y sont pas en si grand nombre; il y en a cependant Mimde fort riches, entre autres celles de Kattami, dans la partieíeptentriona- à'Argentle de Niphon j il y en a aussi dans la Province de Bingo , de l’Isle de Ximo. ® de Cui 'Le Cuivre est le plus commun des Métaux qui fe trouve au Japon, il y vre 'en a de plusieurs sortes, parmi lesquelles on en voit défi fin & de si mal-léable, qu’il est propre à quelque ouvrage que ce soit, & d’autre fortgrossier. On en voit aussi de si fin, qu’il est chargé de beaucoup d’or,que les Japonois séparent & raffinent. Tout le cuivre fe porte kSaccai, une
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(*) On dit qu’ils Pont entrepris à une, mais que lorsqu’on vouloit travailler, il s’é-leva tout d’un coup une fi violente tempête, accompagnée de tonnerre & d’éclairs ,que les ouvriers furent obligés de s’enfuir : ce qui fait voir clairement qu’ils ignorent lamaniéré dont il faut s’y prendre, & leur superstition naturelle fait qu’ils attribuent cesaccidens au Dieu tutélaire de la Mine, qui ne veut pas qiVon y travaille.
On rapporte aussi qu’une montagne située fur le Golphe d'Ookus, fur la côte sep-tentrionale de l’iste de /V,>/â qui avoit penché a’un côté pendant longtems, tombadans la mer, & qu’on trouva dans l’endroit oh elle étoit une grande quantité de fabled’or fort riche, qu’on tiroit par le moyen de plongeurs. : mais quelques années après ,dans une grande tempête & une haute marée extraordinaire, la mer jetta fur ce morceaude terre tant de bourbe & d’argile, qu’il en fut couvert de la hauteur de quelques bras-ses. Les pauvres gens du voisinage travaillent encore à laver le. fable des environs decette montagne, & ils y trouvent de l’or, mais en si petite quantité, qu’à peine y peu -vent-ils gagner leur vie (i). Les Japonois parlent de plusieurs autres Mines fort riches,qui fe trouvent en d’autres Provinces de l’Empire, dont on tireroit beaucoup d’or, s’ilétoit permis d’y travailler, & de quelques-unes auxquelles des accidens extraordinai-res, que l’on attribue aux Démons, ont empêché de toucher.
Tome VI. '
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