436 HISTOIRE DU JAPON. Liv. XVI. Chap. II.
Section & les minéraux, & font beaucoup de dégât par-tout où ils pénètrent. LeDilìkt àl moyen qu’on ait trouvé jufqu’ici pour les éloigner , c’est de mettre dub Top™ fel fous les marchandises , & d’en répandre tout autour. Ces petits ani-graphkdu maux ne peuvent supporter l’air , & lorsqu’ils sortent pour faire quelqueJapon, ravage, ils.se creusent des chemins en voûte, comme nos taupes. S’ils font
1 fur terre, comme fur un plancher ou fur une table, ils fe bâtissent de ces
voûtes tout le long de leur chemin , à peu près de la grosseur du petitdoigt. 11 y a des Canards, dont les mâles font d’une figure frappantepour la beauté & la variété de leurs couleurs. Ils ont la tête couronnéedune aigrette magnifique ; leur queue qui s’éleve obliquement, & les ai-les qui font placées fur le dos d’une maniéré singulière, offrent à l’œil unobjet auffi curieux qu’il est extraordinaire. On a ail Japon des Rossignols,qui ont la voix si belle, qu’on les vend aux curieux quelquefois vingt Co-bans. II y a auffi plusieurs efpeces d’Efcarbots, entre autres une, que l’onappelle Sebi ou Senû , nom qui est pris de son chant qui commence lente-ment, & d’un ton bas ; il augmente ensuite par degrés en vitesse & en for-ce, & s’abaisse encore en finissant. Ces animaux commencent à chanterau lever du Soleil, & finissent environ à midi. Mais de tous les infectesvolans il n’y en a aucun qui soit comparable à celui que les Japonois ap-pellent Mouche de nuit, que les Dames fe font un plaisir de garder parmice qa’elles ont de plus curieux, à cause de son extraordinaire beauté. El-le est à peu près de la longueur du doigt, déliée & ronde, & a quatre ai-les , dont deux font transparentes & celle- ci cachent les deux autres, quifont luisantes, unies, & embellies d’un mélange charmant de lignes bleues& dorées (a). La grande beauté de cet infecte a donné lieu à une fable,que l’on peut voir dans les Remarques (*).
Arhredt Parmi les curiosités du Régné Végétal, i’Arbre de Camphre mérite bienCamphre. q lie nous en parlions ; c’est une efpece de Laurier, qui porte un fruit decouleur violette ou noire. II croît de ces arbres auprès de plusieurs dessources chaudes dont nous avons parlé plus haut, & ils font d’une gran-deur extraordinaire & pleins d’eau. Nous avons fait ailleurs connoître lameilleure méthode d’en tirer le camphre, & de le purifier, que suiventles Chinois, avec les vertus qu’ils lui attribuent. Au Japon, les Paysansde Saxunia & de l’ísle de Gotho font le camphre par une simple décoc-tion des racines & du bois , coupés en petits morceaux; au-litu que l’ondit que celui de Bornéo est une substance naturelle, amassée sur le troncdes vieux arbres de camphre , en faisant des incisions entre 1 écorce & le
bois.
(a) Kíempfer , Amoenit. Exot. p. 770. & Hist. du Japon, L. I. Ch. 10.
(*) On dit que les autres mouches de nuit en deviennent amoureuses , & que pour sedélivrer de leurs importupités, elle leur ordonne malicieusement, sous prétexte, de met-tre leur constance à l’éprt-uve, de lui aller quérir du feu. Ses Aman, ne consultant queleur passion lui obéissent aveuglément, & volant vers le premier feu, ou vers la premie-rs chandelle qu’ii s rencontrent, ils ne manquent pas de s’y brûler. La femelle n est pas àbeaucoup pies si belle que le mâle (r).
(>) ì\am^fcr, L. I. Ch. 10. - •