Buch 
20 (1763) La description et l'histoire de l'empire de la Chine. L'histoire et la description du royaume tributaire de la Corée. La description et l'histoire du Japon. La description du pays de Jedso et des isles qui en dépendent. L'histoire du commerce et des établissemens des Européens dans les Indes orientales
Seite
533
JPEG-Download
 

HISTOIRE DU JAPON» Liv. XVI, Chap. II. 533

témoignent beaucoup de modestie, & lorsquils doivent paroître devant Defirìp-eux, ils se parent de leurs plus beaux habits, font la révérence en in -tionduclinant la tête & en mettant la main fur la poitrine ; ils se familiari-

sent bientôt, & mangent & boivent avec eux aussi librement qu'ils i --

font ensemble.

Sils ne paroiffent point avoir de Religion, ni aucun Culte réglé, on ne Religion,remarque point aussi entreux aucune Police ni forme de Gouvernement, Ganvcrne-finon quils payent une efpece de tribut à leurs Seigneurs, comme ceux-ci mmUà lEmpereur du Japon ; mais bailleurs ces Seigneurs nexercent aucunejurisdiòtion sur eux. On remarqua quils pratiquoient cependant quelquesCérémonies superstitieuses ; lorsquils buvoient auprès du feu, à leshommes & les femmes aiment beaucoup à boire, ils jettoient quelquesgouttes en divers endroits du feu, comme par forme dossrande; ils fichentaussi en dedans & en dehors de leurs maisons de petits bâtons en ter-re, au bout defquels il y a de petits étendards de papier, de foie, oude quelque autre étoffe.

Les femmes en couche logent dans une maison particulière, les hom-mes nentrent point durant deux ou trois semaines. Cette décente coutumeest dautant plus aisée à observer, que leurs maisons ne sont la plupartque de planches jointes ensemble, couvertes décorces darbres, & sou-tenues de quatre troncs darbres plantés en terre. Le feu fe fait au milieude la maison, & il y a au haut une fenêtre ou ouverture pourlaisser sor-tir la fumée, & une ou deux aux côtés pour recevoir le jour. Quoique sim-ples ces maisons font propres, de même que le peu de meubles qui yfont; le pavé est couvert de nattes, qui font de la main de leurs fem-mes; elles fervent de lit, de table & de siégé. Chaque maison a unechambre séparée du reste, de dix ou douze pieds de long, & de septou huit de large. Tout le bâtiment na que deux fois la hauteur dunhomme, mais les portes font si baffes quil faut se courber beaucoup poury entrer.

Leurs en fans sont tout-à-fait blancs lorsquils viennent au monde,mais ils brunissent à mesure quils deviennent grands; ils vont nuds, juf-quà sage de dix ou douze ans; on leur inspire néanmoins tant de modes-tie, que sils rencontrent des étrangers, & fur-tout des Européens, ilssarrêtent le visage tourné vers eux, & croisent les jambes : sils en ontle tems, ils mettent quelque chose devant eux en guise de tablier. Quandles meres donnent à teter à leurs ensans, fur-tout aux filles, devant desétrangers, elles ne découvrent leur sein quautant quil le faut pour labouche des ensans, & ne laissent que les bras, les jambes & le visage deces petites créatures exposés à la vue; elles les enveloppent aussi de quelquechose, & les portent avec elles, les tenant suspendues fur le dos. par unesangle arrêtée sur leur front.

11 s ne sont délicats ni fur leurs mets, ni fur leurs habits. Ils portentceux-ci fans les laver, jufquà quils soient en quelque façon pourris devieillesse & dordure. Quant à leurs mets, ils assaisonnent leur riz, leurpoisson, leur viande, leurs racines & leurs herbages, avec de f huile, quils

Xxx Z Û-