536 HISTOIRE DU JAPON. Liv. XVI. Chap. II.
Díseríp- L’Iíle OU la Partie Méridionale de Jedso, qui est la partie la plus sep-tiondu tentrionale des domaines du Japon, fut envahie & conquise par Joritomo,| £ p rern ier Cubo ou Monarque Séculier, qui en commit le foin ou le Gou-°* _ vernement ail Prince de Matzuma ou Matzumai , qui est cette iíle que
Conquête nous avons dit êtç,e dans le Détroit de Sangaar , laquelle appartenois à lade - grande Province Septentrionale d ’Ofiu ou d’Ow. Quelque tems après,tonale' ^ es Habitans, las d’un Gouvernement étranger, massacrèrent la Garnisonque le Prince de Mat fumai y avoit laissée, & il n’en échappa pas un seulhomme. Auiïìtôt que le Prince eut appris cet acte d’hostilité, il y en-voya une bonne armée avec trois - cens chevaux, pour en demander satis-faction , & en cas de refus pour fe faire justice à lui - même & châtier lesrebelles. Mais le Prince de Jedso, pour prévenir les fuites fâcheuses decette affaire, 6c pour qu’on ne le soupçonnât point d’avoir été d’intelligen-ce avec ces gens-là, livra vingt des Chefs du complot, qui furent exé-cutés, & leurs têtes furent exposées fur les côtes de Jedso. Cette sou-mission contenta le Prince de Matzumai, & la tranquillité se rétablit;mais les habitans ont été regardés depuis ce tems-là comme des gensrevêches & séditieux , ce qui fait que l'on tient toujours de fortesGarnisons fur les côtes méridionales , pour les mettre hors d’écat d’en-treprendre jamais rien de semblable , & le Prince est obligé d’envoyertous les ans une Ambassade à Matzumai avec' des présens d’une cer-taine valeur.
Les Empereurs Séculiers du Japon ont toujours pris depuis le Titre deSeigneurs du Pays de Jedso, 6c les Princes de Matzumai leur en fonthommage; mais selon toutes les apparences leur domination ne s’étendgueres au-delà des côtes méridionales, & tout le reste du haut & du basJedso est sous le Gouvernement des Princes du Pays, 6c est non feulementindépendant des Japonois, mais leur est même inconnu.
Quanta l'autre partie de la question, si le Nord du Pays de Jedso con-fine à la Tartarie, à la Presqu’isle de Kamtschatka à l’Ouëst, & à l’A-mérïque à l’Est, comme cela est étranger à l’Histoire du Japon , nousrenvoyons le Lecteur à ce que nous en avons dit ailleurs (a), & à laDescription que nous ferons dans la fuite de ces Contrées Septentrio-nales.
^d’Ar ^ l’Est - Nord - Est des Côtes d 'Oxiu ou à'OJìu font deux petites Isles,gent. Inu . sl ue * es Jjlponois prétendent appartenir à leur Empire, & que nous aurionstile i tenta- cru à peine dignes d'attention, íì ce n’étoit les noms magnifiques qu’ilsves des Eu- leur ont donné ; si c’est à juste titre ou non, c’estce que nous ne pouvonsropéens décider. Ils appellent la plus petite, qui est la plus éloignée du Japon,louvrirf' Ginfima , l’isle d’Argent; Sc la plus grande Sc la plus proche Kìnfima,l’Isle d'Or. Ils en cachent avec beaucoup de soin l’état 61c la situationaux Etrangers, particulièrement aux Européens, qui, tentés par la ri-chesse de leurs noms, n’ont rien oublié pour tâcher de les découvrir. LeRoi d’Espagne ayant appris qu’elles font situées à l'Ouest de l'Amérique,
dans
(ji) Hist, Univ, T. XIII p- 126 & c.