538 HISTOIRE DU JAPON. Liv. XVI. Chap. II.
leur. excessive des présens qu’ils se firent l’un à sature dans cette occasion
solemnelle.
Vingt-huit Mais avant que de commencer, il faut savoir que quand le Cubo doitlogement, faire ce voyage, on travaille aux préparatifs une année d’avance, & l’onréglé le cortege qui doit le suivre: qu’il y a depuis Jcdo jusqu’à Miaco-vingt- huit logemens; dont il en occupe deux chaque jour, l'un à midi& i'autre le soir, il .trouve dans chacun une nouvelle Cour, d’autres E-quipages, d’autres Gardes, & tout ce qui est nécessaire jusqu 'h Miaco,de sorte que lorsqu’il arrive dans cette Capitale, le nombre de Ceux quiraccompagnent .est si grand , que l'on est obligé de dresser des tentesdans les rues pour loger les Soldats, tandis que le Cubo avec fa nom-breufe Cour va occuper son propre Palais, pour y recevoir )a visite duDaïro au jour marqué, au-lieu d’aller lui-mème auPalais de cet EmpereurEcclésiastique, comme c’étoit autrefois la coutume.
Marche Celle dont il s’agit ici fe fit, selon notre Auteur, le 15 d’Octobre 1626.des deux Pour rendre la Procession plus magnifique, les deux Monarques convin-Rmp f' r en t de joindre leurs superbes & nombreux cortèges, & de fe rendre l’un
1 m ' & I’autre en traversant les rues de Miaco au Palais, où fe devoir faire cette
íblemnefie entrevue. Les rues, au - heu d’être couvertes d’écosses defoie,' l’étoient de fable blanc & de poudre de talc, qui sembloit faire unpavé d’argent. On avoir dressé des balustrades tout le long des maisons,& elles étaient bordées de deux bayes de Soldats, habillés de robes blan-ches, & la tête couverte d’un petit bonnet vernissé; ils avoient chacundeux sabres au côté, & 3 la main une efpece de.demi-pique.
' La Fête commença avec Je jour. On vit défiler les Domestiques desdeux Monarques ; ceux du Daïro portoient les présens de leur Maîtrepour l’Empereur dans de grandes caisses vernissées, fur lesquelles étoientles armes dp,.ce Prince, & quelques Compagnies de Soldats leur fai-
soient escorte.
Après cela venoienc cent beaux Norimons, portés chacun par quatrehommes • vêtus de blanc;, çes Norimons étoient les uns d’un bois fortblanc, les autres couverts d’un vernis brun, ayant fur l’impériale, qui é-toit dé cuivre, quantité de festons & d’autres pareils ornemens : dansces Norimons étoient les Dames & les Gentilshommes de la Cour duDaïro, richement parés. A chaque Norimon il y avoit un grand para-sol, dofit le fond étoit de soie blanche, & presque tout d’or.
Ceux - ci étoient. suivis de vingt-quatre Gentilshommes à cheval, ayantfur la tête de petits bonnets d’un vernis brun, garnis d’uneplume noire.Les manches de leurs robes étoient fort longues, leurs hauts-de chaussesfaits de satin de plusieurs couleurs, bordés en quelques endroits d’or &d’argent, leurs bottines d’un cuir vernissé & raye dor. La poignée deleurs sabres étoit de vermeil doré, & ils avoient à la ceinture des carquoispleins de fléchés. Les deux bouts de leurs écharpes flottoient fur la crou-pe du cheval. Leurs chevaux étoient petits, mais pleins- de feu & biendressés, leurs selles brodées, & les housses étoient des peaux de Tigres;