AVEC LES INDES ORIENTALES, Liv. XVII. Chap. j. ^mieux pénétré & compris la nature & l’impertance du commerce étran-ger, qui a toujours civilisé & enrichi les habitans de tous les Pays oùl'on s’est appliqué avec quelque foin à le faire fleurir; mais de toutes lesbranches du commerce étranger, que des hommes industrieux & entre-prenans ont pu rechercher, celui des Indes Orientales-a toujours tenu lepremier rang (s). 11 est vrai que l’on a mis en question. si les raisonsfur lesquelles cette préférence est fondée, font auffi fortes qu’on le pensecommunément. Mais l’expérience, qui de l’aveu de'tout le monde -'estle plus grand maître fur cet article, a justifié cette opinion denuis-nlnsde deux siécles & demi (b). C’est ce qui prouve suffisamment I’impor tancede cette partie de notre Histoire, dans laquelle nous nous proposons derapporter l’origine, les progrès & retendue du commerce des différentesNations de l’Europe aux Indes Orientales, ses révolutions, son état présent & celui de leurs étabìissemens dans ces Pays éloignés; sujet égale-ment instructif & agréable; & qui, traité avec équité, fans faire tortaux Nations qui les premières ont frayé la route des Indes, & fans partia-lité par rapport à celles qui dans la fuite du tems ont profité de leurs tra-vaux ,_ ne pourra qu’attacher & paroître important.
Mais avant que d’y entrer, il est nécessaire de faire quelques observa- La Mari -tions générales, pour établir la vérité de ce que nous avons avancé Sí»edes/J n -pour prouver fans répliqué, que le commerce "des Indes Orientales a étè ciemétoiîla véritable cause du changement avantageux que l’on a remarcmé f/" v infé ~vêlement dans touce l'Europe à ì'eíbace Je de ux -cens citanteans. Avant cette époque la Manne, sor Je pied où elle est aujourd'huiétoit à peine connue. Les mêmes navires fervoient à trafiquer & pour^ ?* ur ’la guerre ; en tems de paix ils tranfportoi&nt des marchandises, & quand qmi 'la guerre s’allumoit on les employoít à transporter des Soldats (c), nest bien vrai que i’Histoire fait mention de Flottes nombreuses &de combats sor mer ; mais quand on examine de près la grandeurla force & la structure des bâtimens dont on se servoit dans ces o ccLfions, on trouve qu ils etoient non feulement fort inférieurs à ceux quisont aujourd’hui en usage, mais meme aux vaisseaux qui furent con.struits en Espagne & en Portugal, peu de tems après que son y eut sondéla Marine (d) (*).
(a) Huct, Hist. du Commerce & de !aNavigation des Anciens, p. 337.
(A) De Barres, Decad. i. Lib. IV.
(c) Daniel, Histoire de la Milice Fraîiç.L.'XIV. Ch. 2, z.
(d) Sir William Man son s Naval Tracts ,in the III. Vol. of Churchill's Voyag.
(*) Rien ne prouve mieux le fait que ceci. Dans les guerres que les Chrétiens eu-K nt pendant fl longtems avec les Sarrasins & les autres Infidèles, c étcuent les Vénitiens,les Génois & les Pisans qui feurniíîbient la meilleure partie des vaisseaux dont ils sefervoient, & même aux plus grands Princes (r). Dans les guerres entre I Angleterre &la France, les deux Puissances louoient les vaisseaux dont edes avoient besoin, & lesrenvoyoient quand la guerre étoit finie (2). Dans le Nord ne 1 Europe, le Cociìperce & la
fij Daniel, Hist. de ía Miliceïíaéç. X.* XIV. (i) frt/ijs&rt, b- I» Ch, 36,
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