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20 (1763) La description et l'histoire de l'empire de la Chine. L'histoire et la description du royaume tributaire de la Corée. La description et l'histoire du Japon. La description du pays de Jedso et des isles qui en dépendent. L'histoire du commerce et des établissemens des Européens dans les Indes orientales
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AVEC LES INDES ORIENTALES, Liv. XVII. Chap. j. ^mieux pénétré & compris la nature & limpertance du commerce étran-ger, qui a toujours civilisé & enrichi les habitans de tous les Paysl'on sest appliqué avec quelque foin à le faire fleurir; mais de toutes lesbranches du commerce étranger, que des hommes industrieux & entre-prenans ont pu rechercher, celui des Indes Orientales-a toujours tenu lepremier rang (s). 11 est vrai que lon a mis en question. si les raisonsfur lesquelles cette préférence est fondée, font auffi fortes quon le pensecommunément. Mais lexpérience, qui de laveu de'tout le monde -'estle plus grand maître fur cet article, a justifié cette opinion denuis-nlnsde deux siécles & demi (b). Cest ce qui prouve suffisamment Iimpor tancede cette partie de notre Histoire, dans laquelle nous nous proposons derapporter lorigine, les progrès & retendue du commerce des différentesNations de lEurope aux Indes Orientales, ses révolutions, son état présent & celui de leurs étabìissemens dans ces Pays éloignés; sujet égale-ment instructif & agréable; & qui, traité avec équité, fans faire tortaux Nations qui les premières ont frayé la route des Indes, & fans partia-lité par rapport à celles qui dans la fuite du tems ont profité de leurs tra-vaux ,_ ne pourra quattacher & paroître important.

Mais avant que dy entrer, il est nécessaire de faire quelques observa- La Mari -tions générales, pour établir la vérité de ce que nous avons avancé»edes/J n -pour prouver fans répliqué, que le commerce "des Indes Orientales a étè ciemétoiîla véritable cause du changement avantageux que lon a remarcmé f/" v infé ~vêlement dans touce l'Europe à ì'eíbace Je de ux -cens citanteans. Avant cette époque la Manne, sor Je pied elle est aujourd'huiétoit à peine connue. Les mêmes navires fervoient à trafiquer & pour^ ?* urla guerre ; en tems de paix ils tranfportoi&nt des marchandises, & quand qmi 'la guerre sallumoit on les employoít à transporter des Soldats (c), nest bien vrai que iHistoire fait mention de Flottes nombreuses &de combats sor mer ; mais quand on examine de près la grandeurla force & la structure des bâtimens dont on se servoit dans ces o ccLfions, on trouve qu ils etoient non feulement fort inférieurs à ceux quisont aujourdhui en usage, mais meme aux vaisseaux qui furent con.struits en Espagne & en Portugal, peu de tems après que son y eut sondéla Marine (d) (*).

(a) Huct, Hist. du Commerce & de !aNavigation des Anciens, p. 337.

(A) De Barres, Decad. i. Lib. IV.

(c) Daniel, Histoire de la Milice Fraîiç.L.'XIV. Ch. 2, z.

(d) Sir William Man son s Naval Tracts ,in the III. Vol. of Churchill's Voyag.

(*) Rien ne prouve mieux le fait que ceci. Dans les guerres que les Chrétiens eu-K nt pendant fl longtems avec les Sarrasins & les autres Infidèles, c étcuent les Vénitiens,les Génois & les Pisans qui feurniíîbient la meilleure partie des vaisseaux dont ils sefervoient, & même aux plus grands Princes (r). Dans les guerres entre I Angleterre &la France, les deux Puissances louoient les vaisseaux dont edes avoient besoin, & lesrenvoyoient quand la guerre étoit finie (2). Dans le Nord ne 1 Europe, le Cociìperce & la

fij Daniel, Hist. de ía Miliceïíaéç. X.* XIV. (i) frt/ijs&rt, b- I» Ch, 36,

Cl, 6 .

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