550 * -{.HISTOIRE DU COMMLRCE DE L’EUROPE
aisément, nous les exposerons au contraire avec tout ce qui peut les fai-re paroître dans toute leur force & dans le plus beau jour, quoiqu’à tou-te rigueur nous n’y soyons pas obligés (a). Le but de cette partie dél’Histoire Universelle est de rendre compte de la découverte des IndesOrientales par les Européens, de leurs Guerres, de leurs Conquêtes, deleurs Etablissemens dans ces Pays- lá, des Etablissemens qu’iis y ont en-core, & des avantages qu’en recueillent les Nations auxquelles ils appar-tiennent. Mais comme une Histoire de cette nature perdroit beaucoup deson utilité, st l’une ou l’autre des objections que nous avons en vue, avoitquelque fondement; il convient de lever tous les doutes que l'on pourroitavoir à cet égard, afin que le Lecteur ne Te trouve pas embarrassé en lisantcette Histoire , & qu’il ne soit pas obligé à chaque pas de se deman-der, si ce que ceux qui ont fait les découvertes, les Amiraux, les Géné-raux, les Conseils , ou les Rois ont quelquefois loué, est digne de louangeou de blâme ( b ), si leurs acquisitions étoient réelles & solides, ou si ce,n’étoient que des avantages trompeurs , qui a voient plus d’éclat quedsréalité. (*).
o'b'eiïor^ La P re ™ ere Objection revient à ceci : On conçoit généralement que le-contre U Commerce est avantageux ou préjudiciable, selon que la balance est favora-,Commerce ble ou désavantageuse à la Nation qui le fait ; & Ion en juge ordinaire -des Indes, ment par T exportation ou l’importation de ï Argent (c). Or tout le mon-de convient que le Commerce des Européens aux Indes Orientales se faitpour la plus grande partie, non par exportation & par troc de marchan-dises & de manufactures pour marchandises & manufactures, mais en en-voyant de l’argent pour acheter les marchandises & les manufactures desIndes; & comme ces marchandises servent plus au luxe & au superflu,qu’elles ne font nécessaires & utiles même à la vie, ils ensuit que ce com-merce est très - préjudiciable aux Européens en général , quoiqu’il soitpeut - être avantageux, aux Nations qui le font (d) ; parcequ’en réex-portant une partie des marchandises qu’elles ont apportées, elles peuventnon seulement se rembourser tout - à - fait de l’argent qui est sorti de leurPays, mais même en augmenter le capital par celui des autres Nations àqui elles débitent ces marchandises; & comme c’est-là constamment uncommerce où le total des Peuples de l’Europe perd toujours, il doit à lafin épuiser les richesses de tous, premierement de ceux qui achettent cesmarchandises & ces manufactures superflues peut-être de la quatrième
ou.
(a) Paxton’s, Discourse of Trade.p 27. to Englan l considered, Ch. I.
(*) Hist. des Ind. Orient. T. 1. Ch. 10. (./) Muns , Dífcourse of the Easi Jndía
Qc) Advantages of the East India I rade, Trade.
(*) Plusieurs-Auteurs ont dája traité ces questions, fans beaucoup de succès, non fauted’habileté & de capacité, mais pareeque la dispute revenant à la fin à la difcuflîon defaits , ii n’y a'qu’une Histoire telle que celle que nous entreprenons qui puisse fournir leslumières nécessaires à un esprit curieux & impartial, en suivant ce Commerce depuis qu’ila été ouvert jusqu’à notre teins, & en examinant les différentes mains paf où il a passé,& les fuites qu’il a eues.