AVE,C LES ' INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. I. 55Iou cinquième main, & par degrés de ceux qui en font les premiers acqué-reurs (a) : car fi l’argent- exporté ainsi ne revient jamais, comme l’on enconvient, le commerce des Indes, quelque riche qu'il paroisse , quelqueavantageuses qu’en soient en apparence les suites, comme font les Flot-tes, les Etablissemens, & les-Forteresses, examiné bien à fond, ne sertqu’à épuiser peu à peu l’Europe ; c’est un courant caché' qui porte dansles Indes ses richesses intrinsèques, pour acheter des épiceries, des par-fums , & des toiles peintes, qui par la bénédiction de la- Providence &par l’industrie des habitans font un fond inépuisable de richesses poureux (b), tandis qu’il est entierement impossible aux Européens de rem-placer les immenses sommes d’argent comptant qu’ils employent à lesacheter (*).
.Cette objection ayant été faite de tres-bonne heure par des gens qui Réponseavoient beaucoup de lumières & d’expérience, on pourroit croire naturel» «ê 0,5.lement qu’il y a longtems qu’elle auroit été éclaircie, s’il étoit possible d’y{^/ £ 'répondre; cependant, pour dire la vérité, tant s’en faut que cela soit , pendaitque les plus grands Avocats du commerce des Anglois aux Indes, ont longimsentierement abandonné la partie, & se sont contentés de prouver , que C0 P ,me <&'■quelque ruineux que le commerce des Indes soit pour les Européens en cí fi ve%général, nous y avons gagné,& pouvons y gagner annuellement aumoinssix - cens - mille Livres sterling (r); jusqu où cela répond à leur but dedéfendre ce commerce comme avantageux pour nous , la balance faite,c’est ce qui n’importe gueres à la question : mais je prendrai la liberté dedire, que l’envie d’en venir à la décision de ce point, fans s’arrêter à desdisputes préliminaires , a engagé ces habiles gens à faire de pareilles con-cessions, qui ne lient point ceux qui dans la fuite viennent à envisagerla chose sous un autre point de vue. On pourroit dire, que s’agissancd’une matière de fait, & y ayant plus d’un siecle que l’objtction’a étéfaite, nous sommes en droit d’opposer l’expérience à ces conjectures; car
si
' f d) Considérations on Commerce m gé- taresAV CO l> avenants, Essai on the East India
(jj Case of our against Foreign Manufac- Trade.
<*) n faut convenir que ces considérations ont paru de si grand poids même Ldes personnes très - versées dans le Commerce & dans la Manne , qu ds se sont décla-rés fort vivement contre ce commerce (i). La feule conclusion qu on puisse tirerf i* c ’e(> que pour porter un jugement bien solide de 1 utilité ou du désavantagé deouelcme'"commerce que ce soit. il faut s’en rapporter à 1 expérience, qui fournit denouvelles lumières, & ouvre de nouvelles routes, que Ion n aurott Kffitus découvertesnouveues lumuic», . noînt à raisonner contre les faits; L fi
à force de méditations; api es tout, 11 n y a point nvnnr mip HVvoîr r*
l’on neut faire voir que des Nations étoient foibles & pauvres avant que d avoir ce
mmrnerce qu-elles ont été riches & puissantes pendant qu’elles en ont joui & qu’el-
ks fe sont affoiblies & épuisées après l’avoir perdu, d est entierement mutité d alléguerdes argutnens pour empêcher de l’encourager ; car quelque forts qu ils puiflèn paraître,ils prouvent seulement qu’on peut fe tromper en raisonnant savamment & selon les ré-glés de lalogique.
(I) u.m's, vise oftheEast India Tiade. WilU Mcnfin in his Naval Tracts , íW» ubi f“F-