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20 (1763) La description et l'histoire de l'empire de la Chine. L'histoire et la description du royaume tributaire de la Corée. La description et l'histoire du Japon. La description du pays de Jedso et des isles qui en dépendent. L'histoire du commerce et des établissemens des Européens dans les Indes orientales
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HISTOIRE DU COMMERCE DE LEUROPE

SecondeObjectioncontre leConmer ce

fies laïcs.

On peut répondre dune maniéré plus concise à la seconde objection ,parcequelle prend en quelque façon la premiere pour fondement: 11 y alieu de douter , dit-on, que le pajsage par le Cap de Bonne-Espérance peutêtre nommé avec raison la découverte des Indes Orientales, puisqu elles étoientconnues long-teins auparavant , qu'on y alloit , S que lon f aijoìt commerce desproduisions & des manus allures qu on en apportoit. On peut encore douter Jice Commerce par cette voie a été avantageux à F Europe en général, parce-quil a donné lieu à une plus grande consommation des produltions des Indes, queVon a toujours achetées, V qu il faudra toujours acheter, en grande partie ,argent comptant. Cest un aussi grand bien darrêter un commerce rui-neux, que den encourager un qui est avantageux; & par conséquent ondoit regarder comme un désavantagé évident laugmentation d'un com-merce, la balance est à notre préjudice. On appuyé ces raisons deTexpérience: à mesure que le commerce avec les Indes est devenu plusaisé & plus direct, les marchandises des Indes ont aussi été plus deman-dées , comme esta est naturel ; & laugmentation des demandes en a haussési fort le prix, que quoiquelles soient apportées par les Européens, nousles payons aussi cher que dans que nous ne faisions point ce com-

merce par mer, & que nous rëïfvions ces marchandises par la voye deterre (a). Sur le tout, ce commerce étant un commerce auquel lEuropeperd, l'augmenter cest grossir la perte qui devient encore plus gran-de par la hausse du prix des marchandises & des manufactures. 11 sensuit

de-

(«) Muni, Dise. of the East India Trade.

riches marchandises de l'Orient; & si vous demandez ce quon entend par-, on vous étaleles pierr.es précieuses, les épiceries, les soyerics &c. Si vous demandez encore, pourquoion les appelle des marchandises riches, on vous répond que c est parcequelles se vendentfort cher Ceux qui envisagent les choses fous un autre point de vue changent le terme,& difcntque comme ces marchandises ne font pas nécessaires à la vie, elles nont aucu-ne valeur réelle. Si vous demandez ce qui a de ia valeur , on vous répond que cestY argent , ou les especes, pareequon peut en acheter en tout teins & en tous lieux cedont on a besoin pour la vie. On conclut delà que ce sont les Habitans des Indes, quifont un gain réel, pareequils reçoivent de largent, & que ceux qui commercent aveceux font les perdans, parcequiis en donnent. Un peu de réflexion fera sentir quelo-pinion domine dans le cas des uns & des autres. Sil est certain, comme effectivementil nest rien de plus certain, que dans lopinion des hommes, depuis les premiers sié-cles jusquà nos jours les pierres précieuses , les épiceries , les soyeries Le.ont passé pour des choses de valeur, ou , ce qui revient au môme, quon a pu les vendreC>u les échanger pour de grosses sommes, cest-à-dire pour de grandes quantités clargent,il sensuit évidemment quen acquérant ces marchandises nous acquérons des choses devaleur, à moins que ceux'qui soutiennent le contraire ne trouvent !e secret de changerles .opinions du genre humain, & de persuader à tout le monde que Y argent est la seu-le chose qui vaille la peine dêtre recherchée , ils disputent sur les mots & non fur leschoses. 11 ne se peut même rien de plus puérile que dcnvier aux Indes la possession deçe qui*leur paroît de prix, en échange de ce que les autres Nations regardent commetel: fur-tout st lon considère que cet argent, pour lequel nous nous disputons, estala rigueur aussi peu & même moins nécessaire à la vie, que les marchandises qui viennentdes indes; nous mangeons, nous buvons, nous portons celles-ci, au-lieu que les fa-des font misérables, L couvent leur argent fans en faire usage.