AVEC LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Cuap. I. 555
delà, que quelques avantages que les Portugais &. les Espagnols d’abord,
& depuis les Anglois & les Hollandois, ayent retiré de ce commerce,les Peuples de l’Europe en général íbnt devenus plus pauvres depuis quel'on a ouvert un passage aux Indes par mer ; & par conséquent bien loinde l’exalter comme une découverte importante & avantageuse, on doit,nonobstant de belles apparences, regarder cet événement comme un vé*ritable malheur ( a).
Nous avouons que lorsque l’on a proposé cette, objection, elle a pu Répons-,au premier abord entraîner facilement les personnes qui étoient naturelle- Rf wt 0 Ì tment jalouses du commerce étranger: «St ils formerent non seulement un^ /w < jjs' r 'parti dans notre Royaume, mais un parti redoutable qui a subsisté long- f’Europetems, «St qui n’est peut-être pas même entierement éteint. Mais avec autrefois.quelque adresse que le vrai & le faux soient confondus dans ce tableau ducommerce des Indes, il n’est pas impossible de les démêler, & de fairesentir qu’il y a encore moins de solidité dans cette objection que dans lapremiere. Si l’achat des marchandises des Indes a toujours fait sortir del’Europe autant d’argeut qu’on le prétend, il est difficile de dire com-ment, avant la découverte de l’Amérique, il se remplaçoit; <& s’ií nes’étoit pas remplacé, le mal seroit certainement devenu sensible avecle term , ik l’on se seroit plaint généralement de la diminution desargenc dans l’Jìurope. Toutes l,s sommes que l’on envoyoit aux Indespour acheter des marchandises, ne pouvoient être employées qu’avec unnotable désavantagé (b). Les retours dévoient être petits & les prix forthauts à cause des fraix & des risques du transport par terre. Si donc ce com-merce dut jamais paroître préjudiciable à l’Europe, c’etoit alors que les Mar-chands, les Facteurs & les Voituriers étoient tous des infidèles , & q Ueles Chrétiens payoient tous les ans de grosses sommes pour une petite quan-tité d’épiceries, de parfums & de pierres précieuses, dont la valeur in-trinsèque n’alloit pas à la dixieme partie de ce que l’on apporte aujourd’huides indes. Par - là, contre l’esprit de leur Religion, les Mahométans devin-rent de grands Négocians ; les Marchands Arabes & Maures se répan-dirent jusqu à la Chine ce aux Isles Moluques, & eurent outre cela des Eta*blissemens dans tous les Ports considérables des Indes : or il est plus aiséde concevoir que de dire les suites qui en auroient résulté, si les Portugaisn’avoient arrêté leurs progrès en pénétrant heureusement dans ces Contrées.
Ce qu’il y a de très - certain, c’est que la plus grande partie de l’argent Avmm «-qui sortoit de l’Europe, tomboit chemin faisant d’un côté entre les mains d csdeìadè?*Mamméluqucs, & de l’autre entre celles des Sujets de .'Empire Turc, &. couvertsservoit à enrichir les uns & les autres, car les Indiens ne vendoient gu Q. d ' u y a f*~res à un plus haut prix qu’ils ne font à présent. - Lors donc qu’on a ou-vert un passage direct par mer aux Indes, les Européens ont été affran-chis de cette charge, ik quel que fût le prix des marchandises des Indesks Portugais eurent le profit, qui jusqu’à ce tems - là avoit enrichi lesMa-
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