AVEC LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. I. 557roit égal:& même plus haut qu’il ne letoit avant qu’on eût ouvert le pas- prix , m-sage direct par mer aux Indes, il faut considérer aussi que tout est devenu Misant l&plus cher, ou, pour dire la chose en d’autres termes, que la valeur de l’ar- dindes,gent a baissé ; ce dont il fera aisé de trouver la raison, si l’on se rappelle nque depuis la découverte de l’Amérique on a apporté en Europe au moinsla valeur de mille millions de Livres sterlings (a). En partant de ce prin-cipe, il est évident que si les Européens n’ont pas été épuisés d’argentpendant que le commerce des Indes Orientales étoit entre les mains desVénitiens & des Génois, qui achetoient principalement argent comptant,
& qui avoient leurs marchandises des indes avec toutes les charges dontnous avons parlé, il n’est pas fort à craindre que ce commerce nous ap-pauvrisse aujourd’hui, que les Gallions d’Espagne apportent tous les ansdequoi suppléer abondamment à l’argent que l’on exporte (b). II est évi-dent encore, qu’en ayant un passage direct par mer, importation de l’ar-gent n’est pas à beaucoup près si considérable qu’elle Je ferait, si les pro-ductions & les marchandises des Indes dévoient venir, comme elles avoientcoutume, par difíérentes routes, & jufqu’à un certain point parterre.
Il n’est pas moins clair, que le commerce que les Européens font dansles Indes par le moyen des Etablissemens qu’ils y ont, est d’une très-gran-de conséquence, & contribue à l’importation d’une prodigieuse quantité demarchandises à un fort bas prix ; & quoiqu’elles se vendent fort cher enEurope, ce ne sont pas les indiens qui en profitent, mais les Européensles uns fur les autres: quand on verra dans la fuite que les Hollandais ontsouvent brillé chez eux une grande quantité d’épicerìes pour en soutenirle prix, on ne pourra s’empêcher de conclure, qu’il s’en faut de beaucoupque l’objection que nous examinons, soit aussi bien fondée qu’elle le pa-raît d’abord (c). En sorte que tout bien considéré, on voit que ceux quiont voulu décrier le commerce des Indes, ont mal représenté certainsfaits, en ont exaggéré d’autres, & en ont tiré par des raisonnemens so-phistiques des conséquences injustes, au-lieu que ceux qui en font les Apo-logistes raisonnent fur des faits, fur lesquels il n’y a point de dispute, &sur ce que l’experience a appris depuis deux-cens-cinquante ans, ce quiest décisif.
Quant à quelques autres objections moins importantes prises du nombre I’eudefon-de Mariniers qui meurent dans ces longs voyages, du dépérissement des vaisteaax, < le » : ent de .de ï augmentation du prix de ce qui est nécessaire pour équiper, & d’autres eh o- ( i udí i tm rses de cette nature, elles tirent Jeurorigine de petitesse d’esprit & dudé- Zsh n ? b 'faut de ce coup d’œil requis pour embrasser un sujet, qui est absolumentnécessaire pour raisonner judicieusement & avec solidité sur celui dont ilest question ici {d). Car íi à mesure que le commerce s’est accru, une -
mul-
(a) Davenant's Difc. of the East India considsred p. 94. J osas Chthl, Difc. of
Trade. Trade , p. 171-174. Gee’s, Trade and Na-
(b) History of Spanisch America, p. vigation oíGrc-at Britainconsidered, C.XXI.
m. GO Hobbes, Bcnesit of Foreign Trade,
(c) Advantages of the East India Trade ?> 93 .
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