553 HISTOIRE DU COMMERCE DE L’EUROPEmultitude 6'I.omma» r nt exposé leur vie sur mer, ce n’est rien de plus que:ce qui arrivoit -.tur-1 eus t ar les guerres continuelles, où le risque étoitbien plus grand, & le but beaucoup moins légitime. La vie des Mari-niers est exposée pour entretenir le commerce entre les parties de notreGlobe les plus éloignées, ce qui encourage J’industrie, «f; fournit un trés-grand nombre d’occupations dignes d’être raisonnable:. Le dépérissementdes vaisseaux, & les dépenses des équipemens ont auffi tra avantage au-quel on a fait peu d’attention, c’est de faire rentrer des somrm; d'argentconsidérables dans les Pays que fâchât des marchandises d.s IncLs a leplus épuisés; & de cet u- fcçzn par une fuite de la nature du comm./ce,cu pour mieux dire par la stge direction de la Providence, cn a entretenu& on entretiendra toujoux. cette circulation, qui est nécessaire pour fai-re mouvoir les roues du commerce général, au bien & à l’avantage com-mun du Genre-humain (a). Ce n’est donc pas fans raison que nous avonsinsisté fur l’article de f exportation de l’argent, comme le point capital ,qui pendant longtems a rendu ce sujet diffiche à débrouiller. Ec pourne laisser aucun doute pour la suite à cet égard, il seut obstrver que l’ona trouvé par les calculs les plus exact", que toutes les Nations del’Euro-pe qui ont part au Commerce des Indes Orientales n’ont pas exporté au-delà de la sixième partie tout au plus du produit annuel des mines dei’A-mérique, & que la quantité de marchandises de l’Europe qu’on y en-voyé, augmente de jour en jour ; d’où nous pouvons conclure fans craindrede nous tromper, qne jusqu’à ce que la quantité d’argent (lequel, commeon l’a vu, est une marchandise comme une mesure commune) que l’on ap-porte continuellement en Europe , soie considérablement diminuée, iln’y a aucune juste raison d’appréhender de fâcheuses suites de Commer-ce des Indes (*).
. Après
(s) Davcnant, on the public Revenues and Trade of England, Vol. II. p. 72,73.
(*) U11 Auteur, parfaitement Versé dans ces sortes de matières, a très-bien observérju’il n est rien de plus difficile que de découvrir tous les canaux secrus par lesquels lecommerce porte les richesses dans un Pays, ou les en fait sortir(1). Si l’augmcnta-tion du Commerce des Indes avoit rendu fardent beaucoup plus rare , la proportionentre l’or & l’argent "auroit très-certainement changé; ce qui n’est point arrivé, quoi-que les gens qui n’examinent les choses que superficiellement, pourroient le croire. Lapremiere année de Henri VIII lamonnoye d’or étoit du même alloi qu’elle est à pré-sent , & une Livre d’or de douze onces valoit alors vingt-cinq Livres deux schelíngs &íìx fols sterling, tandis qu’elle vaut à présent quarante-quatre Livres , dix schelíngssterling; desorte qu’il semble que l’or ait haussé de prix ; mais il n’en est rien , pareequeces deux sommes en argent sont à peu près du même poids, environ de quatorze Li-vres & quatre onces, par conséquent la proportion n’a que peu ou point chant ' (2);ce qui doit venir de la grande quantité d’or que nous recevons en Europe, d’Afri-que, des Indes Orientales, du Pérou & du Chiîi, comme nous recevons beaucoup d’ar-gent de l’Amérique (3). Nous pouvons donc être assurés que tant que cette proportiondemeurera la même, la quantité d’or & d’argent qui s’exporte ne peut nous causer au-cun préjudice réeL
f (r) Devinants £c depuis lui Jes meilleurs Au» (z) Lávtnnhi's Essai on the Eîdì IndiaTride,tciiís qui cm ecm lui k Commeue. p, 17,
z (r) Flcetwud’i Chrcmcon prcciofum, p. zo t