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20 (1763) La description et l'histoire de l'empire de la Chine. L'histoire et la description du royaume tributaire de la Corée. La description et l'histoire du Japon. La description du pays de Jedso et des isles qui en dépendent. L'histoire du commerce et des établissemens des Européens dans les Indes orientales
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DU CAP DE EONNE-ESPERANCE. Lir. XVII Chat. IL s c$Profanes (a). II est très probable que les habitans de lArabie ont été lespremiers qui font allés par mer auxindes, comme nous savons que les Ifmaélites qui habitoient le même Pays , furent les premiers qui, porterentdes Aromates en Egypte ( b). II fe passa cependant jpíusieurs sieclçs, avantque les Grecs eussent quelques connoissances claires des Indes, H ce nefut même que du tems áAlexandre; tout ce quon en racontent parmi euxétoit si défiguré par des fables, ou si mal rapporté par les Historiens, queles gens éclairés avoienc de la peine à distinguer la vérité davec *la fa-ble (c). Lenvie de relever les grandes actions dAlexandre & des Grecsquil commandoit, fut une nouvelle source d'erreurs, auxquelles on en a-jouta dautres, après que lon eut abandonné ses conquêtes. De tous sesSuccesseurs il ny eut que Ptolomée Bbìladclphc , qui eut des idées justes delimportance de ces Pays ; il le procura les informations nécessaires pourles bien connoître , & cest de- que vient la meilleure partie des Mé-moires qui servent à répandre du jour sur les tems suivans ( d). Mais la-mour du merveilleux lemporta encore si fort, quon les corrompit extraor-dinairement. Cest ce qui pou volt se faire dautant plus aisément, que lafigure de Terre, la situation des Pays, & les véritables principes de laNavigation , étoient des choses qui nétoient encore que fort imparfaite-ment connues. On dit à 1 a-vérité que dès les plus anciens tems les Chi-nois étoient intelligents, actifs & entreprenais, & quils porterent leursconquêtes , au moins finfluence de leur pouvoir, jusquau Cap de Bonne-Espérance: mais il ny a que bien peu dapparence à cela, & rien nest ca-pable de donner un air de vérité à ce que qbelques-uns ont imaginé àcet égard.

II y a environ deux-cens ans, que fur les Découvertes de Faíquez de Ga~ On a sou -ma & de Chr istophle Colomb , dhabiles gens commencerent à parler de la tenu qu'unpossibilité daller aux Iodes par le Nord ; il y en eut qui entreprirentprouver qu on y avoir été par cette route il y avoir plus de mille ans; si NordnV-cest par vénération pour 1 Antiquité, ou pour déprimer les Modernes, cest toit p<nce qui est incertain (V) j niais quel que suc leur motif, ils se fondoient shr incotnudes autorités pour soutenir leur assertion. Le principal fait quils citoienc aSX An ~en preuve , cest ce que rapporte Pline , quenviron cinquante-sept ans a- cienuvan t la naissance de Jesus-Christ, un petit vaisseau monté par des Indiensfit naufrage fur les côtes de Germanie, que ceux qui se sauvèrent furenttrès-bien accueillis par le Roi des Sueves, qui les présenta à Metellus Ce-ler , Proconsul des Gaules (/). Les Auteurs qui soutiennent lopinion dontnous parlons, assurent hardiment que ces Etrangers venoient du Japon oudu Pays de Jedso par le Détroit de Weigatz , par lequel ils étoient entrésdans lOcéan Septentrional. On ajoute que lHistorien qui a conservé la

(a) Grotius, Annoc. ad Lîb. I. de verit H ' st * Natl L ' VL 0- 2 3> à-

E t5'XXXVII. 25. Munster Vatall. Y*) Hist. du Comm. des Anciens,

& Drufm , inloc. , k p,, v t it r «7

(c) Arrian Esped. Alex. L. V. & Indie. (/).. L» U* 0 . 67*

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