DU CAP DE EONNE-ESPERANCE. Lir. XVII Chat. IL s c$Profanes (a). II est très • probable que les habitans de l’Arabie ont été lespremiers qui font allés par mer auxindes, comme nous savons que les Ifmaélites qui habitoient le même Pays , furent les premiers qui, porterentdes Aromates en Egypte ( b). II fe passa cependant jpíusieurs sieclçs, avantque les Grecs eussent quelques connoissances claires des Indes, H ce nefut même que du tems á’Alexandre; tout ce qu’on en racontent parmi euxétoit si défiguré par des fables, ou si mal rapporté par les Historiens, queles gens éclairés avoienc de la peine à distinguer la vérité d’avec *la fa-ble (c). L’envie de relever les grandes actions d’Alexandre & des Grecsqu’il commandoit, fut une nouvelle source d'erreurs, auxquelles on en a-jouta d’autres, après que l’on eut abandonné ses conquêtes. De tous sesSuccesseurs il n’y eut que Ptolomée Bbìladclphc , qui eut des idées justes del’importance de ces Pays ; il le procura les informations nécessaires pourles bien connoître , & c’est de-ià que vient la meilleure partie des Mé-moires qui servent à répandre du jour sur les tems suivans ( d). Mais l’a-mour du merveilleux l’emporta encore si fort, qu’on les corrompit extraor-dinairement. C’est ce qui pou volt se faire d’autant plus aisément, que lafigure de lá Terre, la situation des Pays, & les véritables principes de laNavigation , étoient des choses qui n’étoient encore que fort imparfaite-ment connues. On dit à 1 a-vérité que dès les plus anciens tems les Chi-nois étoient intelligents, actifs & entreprenais, & qu’ils porterent leursconquêtes , au moins finfluence de leur pouvoir, jusqu’au Cap de Bonne-Espérance: mais il n’y a que bien peu d’apparence à cela, & rien n’est ca-pable de donner un air de vérité à ce que qbelques-uns ont imaginé àcet égard.
II y a environ deux-cens ans, que fur les Découvertes de Faíquez de Ga~ On a sou -ma & de Chr istophle Colomb , d’habiles gens commencerent à parler de la tenu qu'unpossibilité daller aux Iodes par le Nord ; il y en eut qui entreprirentprouver qu on y avoir été par cette route il y avoir plus de mille ans; si NordnV-c’est par vénération pour 1 Antiquité, ou pour déprimer les Modernes, c’est toit p<nce qui est incertain (V) j niais quel que suc leur motif, ils se fondoient shr incotnudes autorités pour soutenir leur assertion. Le principal fait qu’ils citoienc aSX An ~en preuve , • c’est ce que rapporte Pline , qu’environ cinquante-sept ans a- cienuvan t la naissance de Jesus-Christ, un petit vaisseau monté par des Indiensfit naufrage fur les côtes de Germanie, que ceux qui se sauvèrent furenttrès-bien accueillis par le Roi des Sueves, qui les présenta à Metellus Ce-ler , Proconsul des Gaules (/). Les Auteurs qui soutiennent l’opinion dontnous parlons, assurent hardiment que ces Etrangers venoient du Japon oudu Pays de Jedso par le Détroit de Weigatz , par lequel ils étoient entrésdans l’Océan Septentrional. On ajoute que l’Historien qui a conservé la
(a) Grotius, Annoc. ad Lîb. I. de verit H ' st * Natl L ' VL 0- 2 3> à-
E t5 SÍ'XXXVII. 25. Munster Vatall. Y*) Hist. du Comm. des Anciens,
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(c) Arrian Esped. Alex. L. V. & Indie. (/) lì.. L» U* 0 . 67*
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