§2 COMMERCE DES INDES AVANT LA DECOUVERTEde voir qu’en vertu de cette disposition générale, plusieurs des anciennesroutes oar lesquelles la communication entre des Pays fort éloignés s’en-tretenoìt subsistent encore ou en tout ou en partie, nonobstant des inter-ruotions passagères ; & nous apprenons à faire une juste distinction entreìes efforts bornés des Anciens à cet égard & 1 etendue de la Navigationdes Modernes (a), ce qui vérifie si pleinement cette incontestable Maxi-me , que toute Nation , tout Empire , toute partie de la Lette qui se dijlin-sue par fa puissance fur mer , ne peut manquer d'avoir aussi la supériorité surterre (b): c’est aussi là-dessus que la grande prééminence des Européens estcertainement fondée,comme nous lavons dit, & íurquoi ils doivent tou-iouwìa fonder. Dans le fond ce font les Arts de la paix seulsqui con-ìribuent à ce qu’on peut appeller véritable grandeur, comme les réglés de-la Tustice , bien entendues, font la base des maximes de Politique les plussures & les plus avantageuses. Les premiers font fleurir un Pays .civili-sent ses habitat», encouragent l'industrie, & appliquent les iacultes ducorps St de l’esprit à leur véritable usage; les autres portent les Peuples ;àrendre une obéissance volontaire à ceux qui gouvernent, par le sentimentraisonnable qu’il est de leur intérêt d’être gouvernés ; les excitent à fairetnns leurs efforts pour acquérir dés biens, parceque les Loix les maintien-nent dans la pleine & tranquille possession du fruit de leurs travaux; lesengagent à entreprendre avec ardeur de longs & dangereux voyages, parla perspective d’augmenter leur bien, & d’acquenr par les fatigues de leur-îeanesse,de quoi passer leur vieillesse dans 1 aise. Ce sonc-la des vues ega-lement nobles & raisonnables , qui Accordent avec celles d u grand Au-teur de la Nature, qui a fans-doute dessein que tous les hommes goûtentle bonheur & que les plus sages & les plus vertueux, ceux qui se serventde leur esprit & de leur? forcel à des entreprises maies & honnêtes, soientaussi les plus heureux (c).
CHAPITRE II.
De quelle maniéré les Habit ans de l’Europe commerçaient avec ceux des IndesOrientales , avant la découverte à'un passage direct par mer, en doublantle Cap de Bonne-Ëspérance.
HifìdresuccinBedu Com-merce desjlncìensaux In-des.
... ru;n-mrp aue Movse nous a donnée de la maniéré dont la
S^errt^Ist Speupléelprès le Déluge, on peut raisonnablement suppo.
f erre s eit repeup ^ ont eu de très-bonne heure commercefer que les habitans r ]er pi us juste, qu’ils ont dû lavoir dès
les uns avec les autr . A^jj. un f a jc confirmé par les Auteurs Sacrés &
le commencement; & c eit-ia un ic» r Pro .
(s) Des Landes Traité fur le Commerce, Commerce, ScB. IX. Testam. Polit, de/?/-P. IV. p- 59. chelieu , p. II §. 5-7. Secondât de l’Esprit des
(b) Cicero ad Attic. L. X. Ep. 7. Loix, L. XX. XXL
(c) Evelyn'i Treatile os Navigation and