5 7 o COMMERCE DES INDES AVANT LA DECOUVERTElequel tombe dans l’Oxus ; de forte que les marchandises des Indes pou-voient par cette Riviere se transporter sur la Mer Caspienne, & de-là enremontant le Cyrus, Rapprocher du Phase à cinq journées près, & ytransporter les marchandises par terre (a). II est vrai que Solin parle desvaisseaux, mais certainement par abus, il a voulu dire les marchandises.On ne peut parler de cette route pour aller aux Indes & pour en venir,fans observer que c’étoit la plus courte & la plus commode pour sc ren-dre à Constantinople ; & il semble qu’il n’y a point lieu de douter qu’ellene fût pratiquée, sur-tout lorsque les habitans des côtes de la Mer Noi-re furent soumis aux Empereurs Grecs, & en tems de paix ; & il se peuttrès-bien que par-là le commerce avec les Indes a continué après laperte des Provinces Orientales de l’Empire, car ce ne fut que longtemsaprès que cette route fut en danger d’être moins sure par les excursionsdes Arabes, qui ruinèrent le commerce par la voye de Perse (b). Cetteroute auroit été plus aisée & plus commode, & nous ne nous trompe-rions peut-être pas en disant la meilleure & la plus facile, si.le projet quePline, fur l’autorité de l’Empereur Claude, attribue à Seleucus Nicator ,avoit été exécuté soit par lui , soit par les Empereurs Grecs , qui é-toient encore plus à portée de le faire : c’étoit de tirer un canal duBosphore Cimmérien à la Mer Caspienne, ce qui auroit fort abrégé lechemin, & auroit fourni aux Marchands la commodité de transportertout par eau (c) (*), Ce projet, qui étoit sans-contredit grand & magni-fique, étoit originairement celui d’Alexandre, qui ordonna qu’on exami-nât exaèlement la Mer Caspienne, dans la vue de trouver quelque com-munication entre cette Mer & le Pont-Euxin pour ouvrir une route desIndes jusqu’en Macedoine, qui seroit devenue par ia le centre du Com-merce de l’Europe.
Bogar Quelques Auteurs nous apprennent que Samarcande s’aggrandit, s’en*étoit te^ richit, & acquit un commerce florilîant aux dépens de Bogar , Capi-Êí à de la Grande Bukarie, qui auparavant étoit comme le Magasin oùchandises l’avidité du gain attiroit les Marchands des Pays les plus éloignés les uns
tiel'Oricfìt. às
(s) Plìii. Hist. Nat. L. VI. Ch. 17. (h) Iluet, Hist. du Commerce des Anciens
p. 428,429. (r) Pliti, L. VI. Ch. n.
(*) Au premier abord, fl semble que ce n’est pas la tâche d’un Historien moderne dsfaire revivre la mémoire de ces anciens projets, tandis que c'est réellement son affaire;parceque tant que les Pays subsistent, tout Génie supérieur , soutenu d’une grande puissan-ce, formera naturellement des projets de cette nature. C’est ainsi que le Czar Pierre I.eut ce même projet dans l’esprit, ce qui lui fit souhaitter si fort d’être maître de la MerNoire d’un côté, & de la Mer Baltique de l’autre. Le Shah Nadir s’occupa aussi d'unapareille idée, mais le progrès de ses armes fut arrêté par la vigoureuse résistance des Peuplesqui habitoient entre la Mer Caspienne & le Pont-Euxin. Les Vénitiens ont aussi tâché d’en-gager les Turcs à ouvrir quelque voye semblable (t,-. II est vrai que jusqu’à-présent au-cun de ces projets n’a réussi , mais il ne s’ensuit pas de-là qu’ils ne réussiront jamais, ouqu’il soit inutile de les faire connoitre.
ÍO-Dict. Univ, Hc Commerce T, II. Coi,