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20 (1763) La description et l'histoire de l'empire de la Chine. L'histoire et la description du royaume tributaire de la Corée. La description et l'histoire du Japon. La description du pays de Jedso et des isles qui en dépendent. L'histoire du commerce et des établissemens des Européens dans les Indes orientales
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DU CAP DE BONNE-ESPERANCE. Lxv. XVII. Chap.. J7Ides autres; on y voyôit aborder des Marchands de toutes les parties desIndes, des divers Pays habités par les Tartarés, de Perse, & même desEtats du Grand-Seigneur d'un côté, & de Iautre de Russe & de Polo-gne , en sorte que lon y trouvoit toutes sortes de marchandises de lOriencà de lEurope (a). Largument le plus fort en faveur de lantiquité dece commerce, cétoit la grandeur de la ville, & la beauté des édifices. Unde nos compatriotes, nommé Antoine jsenkins, y alla vers le milieu du sei-zième siécle, & la Relation quil en a donnée a paru fi curieuse & si im-portante, quelle a été traduite en dautres Langues, & que les meilleursEcrivains lont suivie. Si le voisinage de Samarcande ìui fit tort dans lerems dont nous parlons, elle a eu depuis fa revanche, étant devenue en-suite la résidence du Khan des Tartarés Usbecs, lequel est aussi maître deSamarcande, il ne va que dans lEté (b). Cette nouvelle révolution afait revivre le commerce de Bogar, & comme cette ville est située dansun Pays agréable & fertile, les Marchands y abordent en aussi grandnombre que jamais; ce qui prouve suffisamment que, nonobstant les va-riations auxquelles le commerce est sujet, lorsquune ville est située dunefaçon fort commode, il y tombe rarement à un tel point, que dans untems OU dans ìautre il ne se releve. Cest pourquoi il importe à ceux quiveulent entendre cette matière à fonds, de bien connoître les anciens ca-naux du commerce, pour nêcre pas surpris par les nouvelles Relations,

& induits par - ìà à faire au genie & à 1 industrie des Modernes plusdhon-neur quil ne leur est justement. II y a un passage obscur & embar-rassé dans un ancien Auteur (c) , qui peut être éclairci par ce quenous avons dit ; car quoiqu il ne soit pas aisé de déterminer la positiondes Villes '& des Rivières dont il parle, il y a fur le tout raison depenser, que la voye de communication entre lOrient & lOccident quildécrit, doit sentendre du commerce qui se faisoit ou à Bogar ou àSamarcande (*).

Une autre ville, plus fameuse encore par le même commerce, c 'eR Route deCabuï ou GabouJ , située à trente-quatre degrés de Latitude Septentrio ^hui.le, fur les frontières de la Grande Bueharie , au pied méridional desmontagnes qui séparent les Etats du Grand- Mogol de cette partie de la

Grande

(a) fluet, ubi sup. p. 396- Tartarés P. III. Ch. 14. Jenkìns Travels i»

U) Abulgbuzi Khan, Hist. Généal. des Iiakluyss C ollect. p. 355. -

(c) Ammian. Marcellin. L. XXIII. Ch. 6.

(*) LAuteur dont il sagit est Ammien Marcellin qui parle d'une route qui alloit duPays des Ariens, situés au Nord-Est des à la Mer Caspienne II marque le Fleu-

ve Arias, traversant cette Région & portant bateaux. Cest ce qui reçoit aussi quelqu»jour dc la description que Stutbon a faite du même Pays (1). Marcellin nous traceencore un autre chemin, plus long & moins commode par le Pays des Saces. Toutcela prouve évidemment les foins infatigables quon se donnoit pour entretenir le com-merce avec les Indes ; car ce que ces Auteurs marqutut, nétoient pas des spécula-tions, mais des choses pratiquées.

ÍO Stfeh , I» XI.

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