DU CAP DE BONNE-ESPERANCE. Lxv. XVII. Chap. Jí. J7Ides autres; on y voyôit aborder des Marchands de toutes les parties desIndes, des divers Pays habités par les Tartarés, de Perse, & même desEtats du Grand-Seigneur d'un côté, & de I’autre de Russe & de Polo-gne , en sorte que l’on y trouvoit toutes sortes de marchandises de l’Oriencà de l’Europe (a). L’argument le plus fort en faveur de l’antiquité dece commerce, c’étoit la grandeur de la ville, & la beauté des édifices. Unde nos compatriotes, nommé Antoine jsenkins, y alla vers le milieu du sei-zième siécle, & la Relation qu’il en a donnée a paru fi curieuse & si im-portante, qu’elle a été traduite en d’autres Langues, & que les meilleursEcrivains l’ont suivie. Si le voisinage de Samarcande ìui fit tort dans lerems dont nous parlons, elle a eu depuis fa revanche, étant devenue en-suite la résidence du Khan des Tartarés Usbecs, lequel est aussi maître deSamarcande, où il ne va que dans l’Eté (b). Cette nouvelle révolution afait revivre le commerce de Bogar, & comme cette ville est située dansun Pays agréable & fertile, les Marchands y abordent en aussi grandnombre que jamais; ce qui prouve suffisamment que, nonobstant les va-riations auxquelles le commerce est sujet, lorsqu’une ville est située dunefaçon fort commode, il y tombe rarement à un tel point, que dans untems OU dans ì’autre il ne se releve. C’est pourquoi il importe à ceux quiveulent entendre cette matière à fonds, de bien connoître les anciens ca-naux du commerce, pour n’êcre pas surpris par les nouvelles Relations,
& induits par - ìà à faire au genie & à 1 industrie des Modernes plusd’hon-neur qu’il ne leur est justement dû. II y a un passage obscur & embar-rassé dans un ancien Auteur (c) , qui peut être éclairci par ce quenous avons dit ; car quoiqu il ne soit pas aisé de déterminer la positiondes Villes '& des Rivières dont il parle, il y a fur le tout raison depenser, que la voye de communication entre l’Orient & l’Occident qu’ildécrit, doit s’entendre du commerce qui se faisoit ou à Bogar ou àSamarcande (*).
Une autre ville, plus fameuse encore par le même commerce, c 'eR Route deCabuï ou GabouJ , située à trente-quatre degrés de Latitude Septentrio ^hui.le, fur les frontières de la Grande Bueharie , au pied méridional desmontagnes qui séparent les Etats du Grand- Mogol de cette partie de la
Grande
(a) fluet, ubi sup. p. 396- Tartarés P. III. Ch. 14. Jenkìns Travels i»
U) Abulgbuzi Khan, Hist. Généal. des Iiakluyss C ollect. p. 355. -
(c) Ammian. Marcellin. L. XXIII. Ch. 6.
(*) L’Auteur dont il s’agit est Ammien Marcellin qui parle d'une route qui alloit duPays des Ariens, situés au Nord-Est des à la Mer Caspienne II marque le Fleu-
ve Arias, traversant cette Région & portant bateaux. C’est ce qui reçoit aussi quelqu»jour dc la description que Stutbon a faite du même Pays (1). Marcellin nous traceencore un autre chemin, plus long & moins commode par le Pays des Saces. Toutcela prouve évidemment les foins infatigables qu’on se donnoit pour entretenir le com-merce avec les Indes ; car ce que ces Auteurs marqutut, n’étoient pas des spécula-tions, mais des choses pratiquées.
ÍO Stfeh , I» XI.
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