DU CAP DE BONNE-ESPERANCE. Lit. XVII. CffAP. IL 579tée du Baccbus d’Egypte. A la fondation de TEmpire de Perse, le Com-merce des Indes fut une des premieres acquisitions que l’on fit ; lorsqu 'A*kxandre le Grand, à la tête de ses Grecs, renversa cet Empire, il regar-da cette conquête comme rien en comp araison de celle des indes ; & ceusqui ont examiné à fond & mûrement pesé le plan qu'il avoit formé pourétablir une correspondance générale entre toutes les parties de ses Etats *i’estiment autant comme habile Politique, que d autres, fur le portrait qu’ena fait Quinte-Curce , comme Héros (a). Ptolémée, son compagnon & sonéleve, fit voir en Egypte combien il avoit mis à profit les leçons de cegrand Maître. Les Successeurs de Ptolèmée suivirent ses vues d’une fa-çon si soutenue, que le commerce & les richesses de l’Egypte faisoientl’étonnement de l’Univers. Cela n’empêcha pas que les lyriens & d'au-tres Colonies ne trouvassent moyen de conserver une partie de ce commer-ce, & que sous la protection de TEmpire Persan ils ne s’etf rendissenten quelque façon les maîtres. Quand les Romains conquirent TEgypte,ce commerce, dont ils devinrent alors les maîtres, rehaussa beaucoup leprix de cette conquête, qui ne contribua pas peu à soutenir la majestéde Rome, tant que ses citoyens eurent assez de vertu pour conserver lapuissance que leurs ancêtres a voient acquise. Après le partage de l'Em-pire , l’Egypte demeura aux Empereurs de Constantinople ; & ils ne per-dirent enuerement le Commerce des Indes, qu’après avoir tout perdu;alors il tomba au pouvoir de ceux qui les avoient dépouillés. Enfinnous pouvons voir, de quelle maniéré tous les Pays de i’Asie, & quel-ques-uns des Pays Septentrionaux de l’Europe, étoient & sont encorefournis des marchandises des Indes par la voye des Caravanes principa-lement ; & nous pouvons appercevoir aisément par quelques - unes desroutes, qu’il seroit très-poffible à de certains Princes de rétablir les an-ciennes, d’en ouvrir de nouvelles, ói d’améliorer celles qui font encorefréquentées (b).
Mais avant que dq pouvoir en venir à l’Histoire de la découverte dela route directe par mer, qui, comme nous savons vu dans le Chapitreprécédent, a produit un si grand changement dans la face de l’Euro-pe, Tordre & la clarté demandent que nous donnions une idée distinctede la maniéré dont le Commerce des marchandises des Indes (c) se faisoîten Europe, avant que les Portugais eussent entrepris de doubler le Capde Bonne-Espérance. C’est ce que nous aurions pu faire dans ce Chapi-tre avec lequel ce sujet a de la liaison. Mais comme il est bien plusimportant que tout ce que nous y avons traité, & qu’il demande d’êtredéveloppé avec plus de précision, nous avons jugé qu’il vasoit mieux ydonner un Chapitre particulier. Ce qui nous y porte d’autant plus, c’est
que,
(a) Diorl. Sic. L. XVIII. Ch. I. Arrian. cliU _ Collection of Voyages. Mtm's Dis.de Exped. Alex. L. VII. Ch. 27 , 28. & coiirle upon tbelíast-îndia Commerce andin Indicis. Furchas Apology for the Trade to the È<"sr-
(/>) Sanudo Sécréta fídeliura Crucis. Indies, infered in his Pilgrimagè.
Xc) Will. Monfon’s Naval Tracts in Char-
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