5 So COMMERCE DES ETATS D’ITALIE
que, quoique plusieurs Ecrivains, dans des vues différentes, ayent euoccasion de parler des faits qui s’y rapportent, la matière n’a pourtant pasété traitée assez à fonds & assez clairement, pour satisfaire un Lecteur at-tentif, fur-tout pour approfondir un sujet d’une si grande conséquence,afin d’avoir les lumières nécessaires fur la façon dont ce commerce estdevenu la source des richesses, de, la grandeur, & particulièrement de lapuissance navale de tant de Nations différentes. 11 est vrai que cette tâ-che a bien des difficultés pour s’en acquitter comme il faut, & pour réu-nir dans un petit espace une multitude de faits, qui ne font pas aisés àdéterrer, ou, quand on les a trouvés , pour les ranger dans un ordrepropre à répondre parfaitement au but ; c’est à nous à tenter la chose, &à ne rien négliger pour nous en acquitter comme il faut. 11 y auroit dequoi faire un Volume raisonnable, mais n’ayant pas beaucoup de place,nous resserrerons notre sujet autant qu’il fera possible, en renvoyant à d’au-tres parties de notre Histoire, où nous serons obligésd’insister iur certainsarticles en particulier ; en suivant cette méthode nous nous flattons d’évi-ter des répétitions inutiles, & de prévenir d’un côté l’oòscuricé &de l’au-tre la proxilité; parceque nous savons qu’on ne peut plaire par des ré-cits trop embarrassés, difficiles à comprendre, ou trop diffus, dont onne peut se souvenir.
CHAPITRE III.
Histoire du Commerce des Indes, pendant que les Vénitiens,, les autres
Etats d'Italie Tout fait.
Defcrìp. J L paroît clairement que les voyages aux Indes étoient plus fréquenstton.som- 1 p ous les Empereurs Grecs , qu’ils ne l’avoient été auparavant ; mais’comnrree on auroit de la peine à croire, que tant de fortes de marchandises'dede l'Em- toutes les parties des Indes, eussent été fl communes à Constantinople, flGre 'le fait n etoit constaté par les Loix de l’Empire, que l’Empereur Justi-Indes? n ' ien a rassemblées: on volt par ces Loix, qu’il y avoit des droits furune multitude de marchandises qu’on apportait des Indes, comme diffé-rentes efpeces d’épiceries, la canelle par exemple, qui venait de l’Iflede Ceylan, quoiqu’en petite quantité, car elle était toujours fort chere.II y avoit auísi des droits fur 1 s Kilo cinnamomum, qui était le bois del’arbre qui produit la canelle (a). La Cajfia , décrite par plusieurs, an-ciens Auteurs, paroît avoir été une forte de canelle moins forte, qui ve-Doit aussi de Ceylan & de la Côte de Malabar. Des Ecrivains judicieux,& bien instruits de la maniéré dont on recueille les épiceries aux Indes,assurent que la CaJsta lignea n’est que l’écorce la plus grossière du véritableArbre de canelle, qui n’a que peu d’odeur ; de forte qu’ils croyent quec’est ce que les Anciens désignoient par ce nom ; car la casse moderne est
touc
(a) Dìgest. !.. XXXIX, T. IV. Píin.L. XII. Ch, 13.